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vendredi 25 mai 2012

Sans papiers : en finir avec l'arbitraire du cas par cas et avec la politique d'Etat xénophobe


400 lycéens de Nanterre devant la Préfecture le 20 janvier 2012,  pour la régularisation de tous les élèves sans papiers
J’ai accompagné ce matin au service des étrangers de la Préfecture , comme parent d’élève du lycée Joliot-Curie de Nanterre, une future étudiante en médecine. Cette lycéenne de terminale, au parcours scolaire plus que satisfaisant,  a en effet désormais toutes les chances de réussir brillamment au bac S. Elle est libérée, enfin, à un mois de l'examen, d’une angoisse : comme ses camarades de terminale, elle a obtenu une autorisation provisoire de séjour, valable trois mois,  qui, dès son diplôme de bachelière et son inscription en fac en poche, sera transformée en carte de séjour étudiant. Quant aux élèves majeurs sans papiers en classe de première à Joliot-Curie, leurs dossiers sont classés, avec promesse qu’ils ne sont pas expulsables, et ils sont invités à faire une nouvelle demande de régularisation à la rentrée. Tous doivent ce nouvel espoir de réussir leurs études et leur vie au formidable élan de solidarité qui a rassemblé des centaines de lycéens de leur bahut, avec leurs professeurs, le 20 janvier, devant la préfecture, pour la régularisation de Vadim et de sa mère, qui avait reçu une OQTF, pour la régularisation de tous les élèves majeurs sans papiers. Une lutte forte du soutien, pendant des mois, du Réseau Education Sans Frontières, d’associations comme la LDH, le MRAP, l’ASTI, de syndicalistes de la FSU, de la CGT, de SUD, des partis de gauche, sans oublier les  interventions d’ élu-e-s de la majorité municipale de Nanterre, de  Patrick Jarry, maire, de Jacqueline Fraysse, députée, de Nadine Garcia et Marie-Claude Garel, Conseillères générales, de Caroline Bardot, Conseillère régionale …
La situation de ces jeunes reste  certes encore précaire, et la dépendance du droit au séjour à la réussite aux examens scolaires et universitaires est contestable. Nous sommes encore loin de l’exigence de régularisation de la situation administrative,  de la conquête de tous les droits de la personne humaine et du citoyen pour tous ceux qui étudient ici, qui travaillent ici, qui vivent ici, mot d’ordre porté par de nombreux citoyens, par les élus, les candidats, les militants du Front de gauche.
 Les timides avancées acquises de haute lutte à Nanterre ne sauraient faire oublier par exemple le refus du sous préfet d’Antony, nommé à ce poste à la fin du règne  des Sarkozy et Guéant, de régulariser des lycéens sans papiers du sud du département, ni le mépris concernant les élèves sans papiers des lycées professionnels.
 La rencontre festive organisée par la CGT à Nanterre le 9 juin à l’occasion de la régularisation d’un des derniers ex-grévistes de BMS à obtenir des papiers, ne saurait faire oublier la galère que continuent de vivre des « Oubliés de Saint-Paul »,  ni  la rafle policière, cette semaine,  sur un chantier de travaux publics à Issy – les – Moulineaux, la mise en garde à vue de six travailleurs sans papiers (et les patrons ? ils restent libres de surexploiter leurs salariés majoritairement immigrés ).
Tout cela ne saurait faire oublier les luttes menées depuis 1997 par le Collectif des sans papiers 92, ces femmes  et ces hommes qui se sont à nouveau rassemblés mercredi dernier à  Nanterre pour demander encore une fois des rencontres avec la préfecture pour un examen humain, libéré d’une politique d’Etat xénophobe, des situations de détresse  les plus urgentes à résoudre.
Les semaines qui viennent sont cruciales. Allons-nous sortir de l’arbitraire du cas par cas ? Allons-nous enfin gagner de nouvelles lois et réglementations pour l’entrée et le séjour des étrangers, pour les demandeurs d’asile, inspirées par les droits de la personne humaine, par l’égalité des droits de tous les travailleurs ? Le Ministère de l’Intérieur continuera-t-il au contraire à être celui d’une immigration désignée et traitée comme un problème sécuritaire ? Ces questions sont autant d’enjeux des législatives, les réponses dépendent du poids, dans la future Assemblée, des députés d’un Front de gauche décidé à ne rien lâcher.

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