| 400 lycéens de Nanterre devant la Préfecture le 20 janvier 2012, pour la régularisation de tous les élèves sans papiers |
J’ai accompagné ce matin au service des étrangers de la Préfecture , comme parent d’élève du lycée
Joliot-Curie de Nanterre, une future étudiante en médecine. Cette lycéenne de
terminale, au parcours scolaire plus que satisfaisant, a en effet désormais toutes les chances de
réussir brillamment au bac S. Elle est libérée, enfin, à un mois de l'examen, d’une angoisse : comme ses
camarades de terminale, elle a obtenu une autorisation provisoire de séjour,
valable trois mois, qui, dès son diplôme
de bachelière et son inscription en fac en poche, sera transformée en carte de
séjour étudiant. Quant aux élèves majeurs sans papiers en classe de première à
Joliot-Curie, leurs dossiers sont classés, avec promesse qu’ils ne sont pas
expulsables, et ils sont invités à faire une nouvelle demande de régularisation à la rentrée. Tous doivent ce nouvel espoir de réussir leurs études et leur
vie au formidable élan de solidarité qui a rassemblé des centaines de lycéens
de leur bahut, avec leurs professeurs, le 20 janvier, devant la préfecture, pour
la régularisation de Vadim et de sa mère, qui avait reçu une OQTF, pour la
régularisation de tous les élèves majeurs sans papiers. Une lutte forte du
soutien, pendant des mois, du Réseau Education Sans Frontières,
d’associations comme la LDH, le MRAP, l’ASTI, de syndicalistes de la FSU, de la
CGT, de SUD, des partis de gauche, sans oublier les interventions d’ élu-e-s de la majorité
municipale de Nanterre, de Patrick
Jarry, maire, de Jacqueline Fraysse, députée, de Nadine Garcia et Marie-Claude
Garel, Conseillères générales, de Caroline Bardot, Conseillère régionale …
La situation de ces jeunes reste certes encore précaire, et la dépendance du droit au séjour à la réussite aux examens scolaires et universitaires est contestable. Nous sommes encore
loin de l’exigence de régularisation de la situation administrative, de la conquête de tous les droits de la
personne humaine et du citoyen pour tous ceux qui étudient ici, qui travaillent
ici, qui vivent ici, mot d’ordre porté par de nombreux citoyens, par les élus,
les candidats, les militants du Front de gauche.
Les timides avancées acquises
de haute lutte à Nanterre ne sauraient faire oublier par exemple le refus du
sous préfet d’Antony, nommé à ce poste à la fin du règne des Sarkozy et Guéant, de régulariser des
lycéens sans papiers du sud du département, ni le mépris concernant les élèves sans
papiers des lycées professionnels.
La rencontre festive
organisée par la CGT à Nanterre le 9 juin à l’occasion de la régularisation d’un
des derniers ex-grévistes de BMS à obtenir des papiers, ne saurait faire
oublier la galère que continuent de vivre des « Oubliés de Saint-Paul »,
ni la rafle policière, cette semaine, sur un chantier de travaux publics à Issy – les –
Moulineaux, la mise en garde à vue de six travailleurs sans papiers (et les patrons ? ils restent libres de
surexploiter leurs salariés majoritairement immigrés ).
Tout cela ne saurait faire oublier les luttes menées depuis
1997 par le Collectif des sans papiers 92, ces femmes et ces hommes qui se sont à nouveau rassemblés
mercredi dernier à Nanterre pour
demander encore une fois des rencontres avec la préfecture pour un examen
humain, libéré d’une politique d’Etat xénophobe, des situations de détresse les plus urgentes à résoudre.
Les semaines qui viennent sont cruciales. Allons-nous sortir
de l’arbitraire du cas par cas ? Allons-nous enfin gagner de nouvelles
lois et réglementations pour l’entrée et le séjour des étrangers, pour les
demandeurs d’asile, inspirées par les droits de la personne humaine, par l’égalité
des droits de tous les travailleurs ? Le Ministère de l’Intérieur continuera-t-il
au contraire à être celui d’une immigration désignée et traitée comme un problème
sécuritaire ? Ces questions sont autant d’enjeux des législatives, les
réponses dépendent du poids, dans la future Assemblée, des députés d’un Front
de gauche décidé à ne rien lâcher.

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