Le capitalisme n'est pas la fin de l'histoire

Le blog du Front de gauche à Nanterre

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lundi 14 avril 2014

Rompre, et refonder la politique, en France et en Europe !


Vendredi 11 avril, le meeting de lancement de la campagne  pour les élections européennes du 25 mai, avec Alexis Tsipras, candidat commun du Parti de la Gauche Européenne à la présidence de la Commission, avec les premiers candidats de listes représentatives de toutes les composantes du Front de gauche, a rassemblé des centaines de militants enthousiastes à Saint-Denis.
En vidéos, des temps fort du meeting 


Mais c'est surtout le lendemain, le 12 avril, que par dizaines de milliers (100 000 selon la presse),  se sont retrouvées les forces vives de la gauche.


Militants associatifs, syndicalistes, politiques, citoyens venus exprimer leur exaspération et leur volonté d'en finir avec une politique d'austérité méprisante pour celles et ceux qui ont voté à gauche, méprisante pour celles et ceux dont l'abstention aux municipales a provoqué la débâcle du PS, entraînant dans sa chute toute la gauche.



En vidéos, des paroles de manifestants sur le site de l'Humanité.

En ce printemps 2014, tout est en crise, tout est à réinventer. Chacune et chacun, marchant de République à Nation, avait bien conscience que ça ne peut plus durer comme ça. La droite et l'extrême droite profitent de la trahison de ceux qui prétendent représenter la gauche à l'Elysée et
 au gouvernement.


 Pas d'autre solution pour éviter la catastrophe
annoncée et déjà là, qu'une révolution citoyenne.


































Construire une alternative de gauche, écologiste, populaire, ce n'est pas seulement une manifestation qui y suffira. L'urgence est d'inventer ensemble des suites, à partir des résistances, des ripostes, des luttes sociales, des expériences pour changer la politique, dont celles des assemblées citoyennes du Front de gauche, à condition que le Front de gauche parvienne à dépasser sa structuration encore pyramidale de coalition de partis. "Prenez le pouvoir" : la formule ne doit pas rester un slogan, elle doit devenir réellement une invitation à bousculer, révolutionner la politique.

D'autres images de la marche du 12 avril sont disponibles.


Une nouvelle "claque" à Hollande et à son gouvernement, dont la politique n'a plus rien de socialiste, le 25 mai aux Européennes, ne sera utile que si nous parvenons à la faire retentir, avec le vote pour les listes présentées par le Front de gauche,  comme une exigence citoyenne et populaire de rompre, et refonder la politique, en Europe et en France.

 

mardi 1 avril 2014

Municipales :à Nanterre la gauche s'en tire bien. 4. Que sont devenus les électeurs de 2012 ?

Quartier du Parc sud : Nanterre pour tous a la majorité absolue dès le premier tour,
bien que moins de la moitié de l'électorat de gauche de 2012 soit venu voter. L'abstention
massive exprime le rejet de la politique gouvernementale, c'est aussi le symptôme d'une crise
profonde de la politique et de la démocratie.

Avec 53,85 % des suffrages exprimés, la liste Nanterre pour tous (GC, PCF – membre du Front de gauche, PS, EELV, RMC, PRG, et quelques citoyens encartés nulle part) l’a emporté au premier tour, malgré un taux d’abstention record (50,96%). Un résultat comparable aux victoires des listes d’union conduites par les maires communistes dans les Hauts-de-Seine : Malakoff (68 %), Bagneux et Gennevilliers (61 %). Un résultat qui contraste avec la débâcle dans les villes du département où les socialistes étaient dominants : Clamart dès le premier tour, Fontenay, Asnières, Colombes au second, sont emportées par la « vague bleue ». Seul, le maire socialiste de Clichy sauve son siège, de justesse : 32,67 % des suffrages exprimés au deuxième tour, face à une droite divisée (UMP : 31,12 % ; UDI : 24,75 %) et à une liste EELV (11,44%).

Heureusement, il y a le Front de gauche !

Bien sûr, un bon bilan de l’équipe sortante, un héritage du « communisme municipal » enrichi et modernisé, un programme mis en débat avec des habitants, dans tous les quartiers…cela explique largement la victoire. Mais d’autres municipalités de gauche avaient un bilan et un programme aussi honorables, ce qui n’a pas suffi à empêcher la défaite. L’élection ne s’est pas jouée en effet sur les enjeux strictement locaux. C’est en premier lieu le désaveu de la politique gouvernementale, la colère et le désarroi de l’électorat populaire de gauche, qui a provoqué son abstention massive, dont ont profité l’UMP, l’UDI et le FN.
Pour comprendre pourquoi Nanterre a résisté, il paraît donc utile d’analyser aussi le rapport des forces politiques dans la ville depuis les élections de 2012. Au premier tour de la présidentielle, les 6166 voix Front de Gauche pesaient 46,22 % par rapport aux 13 340  voix du PS. Aux législatives, les voix Front de gauche représentaient presque le double (180 %) des voix PS, 60% du total des scores de tous les candidats de gauche. Un rapport de force à gauche qui était déjà annoncé par le résultat des élections cantonales de 2011. C’est sans doute un élément essentiel d’explication : aussi légitime et forte que soit la colère contre une politique nationale qui s’inscrit dans la continuité de celle de la droite, ni la députée, ni les conseillers généraux, ni la conseillère régionale, ni le maire de Nanterre, ni la majorité des élus municipaux n’en ont été tenus pour responsables, leurs discours et leurs actions s’inscrivant en opposition à la politique d’austérité gouvernementale. Défendre une ville populaire et solidaire, tous ses habitants, bouger et moderniser sans exclure personne, appeler à la mobilisation citoyenne pour y parvenir, est, de ce fait, crédible et dynamisant.

La droite, beaucoup plus faible que la gauche à Nanterre,  s’est  mobilisée beaucoup plus.

Toutefois, cela ne veut pas dire que la crise de la politique épargnerait Nanterre, que la montée de l’abstention ou la réapparition de la droite la plus réactionnaire, dans tous les quartiers, deux ans seulement après le vote anti - sarkozy, seraient des phénomènes qu’on pourrait négliger dans l’euphorie d’avoir gagné. L’analyse des évolutions électorales depuis 2012 n’est pas inutile pour mesurer l’ampleur de l’action politique de proximité, notamment communiste, qui est nécessaire. Il serait évidemment stupide de comparer les résultats des présidentielle, législative et municipale, élections aux enjeux différents. Mais il n’en est pas moins intéressant de mesurer la mobilisation des différents électorats, d’élection en élection, et les différences entre des quartiers de la ville.
La liste Nanterre pour tous réalise 56,6 % du total des voix des candidats PS, FdG, EELV à la présidentielle, et 76 % du total des voix des candidats FdG, PS, EELV, PRG à la législative. Un calcul qui n’a pas de signification en soi, puisque les taux de participation électorale sont différents : 76,45% à la présidentielle ; 52,54 % à la législative ; 49, 04 % à la municipale. Il ne peut avoir de signification que par comparaison avec les autres candidats, avec d’autres villes, entre bureaux de vote.
L’UMP Bedin fait à peine mieux que  Sarkozy à la présidentielle  (101,4 de ses voix), et réalise une fois et demi (150,5 %) les voix de l’UMP à la législative. L’électorat de droite s’est beaucoup mieux mobilisé que celui de gauche, mais sa progression par rapport à la législative de 2012 n’a rien d’une vague bleue, car  le score de l’UMP était faible à Nanterre. Toutefois, même grossi par l’abstention, son score de 27,36 % des exprimés, entre 14% et 42 % dans les quartiers, installe Camille Bedin dans le paysage politique nanterrien.
Le MODEM Creuzet fait un peu mieux que Bayrou à la présidentielle (104,8 % de ses voix). S’il quadruple les voix d’un candidat centriste à la législative, qui avait fait moins de 3 %, ce n’est guère significatif. Mais une partie de l’électorat centriste (très hétéroclite) a retrouvé son candidat traditionnel, le temps des municipales.
LO double ses 180 voix des présidentielles, le NPA y parvient presque (177% des 334 voix de Poutou). Le cas du POI est atypique : c’est en s’alliant avec des élus sortants de la majorité municipale et des militants du PG en congé de parti sur une liste « Union pour la résistance à Nanterre » qu’il multiplie par 9 son score de 49 voix aux législatives. A noter que ces listes, qui se réclament d’une opposition de gauche à la politique gouvernemental ainsi qu’à la majorité municipale, totalisent à elle trois 1352 voix (6,5 % des suffrages exprimés)
Le FN était absent à Nanterre. Ses 3546 électeurs (10,69 % des exprimés) à la présidentielle, ses 2232 électeurs (9,72 %)  à la législative ont-ils voté, et pour qui ?

Quelques éléments de comparaison
A Suresnes, le FN obtient 1562 voix (82,29 % de ses voix à la présidentielles, et 113, 71 % par rapport à la législative). Pas vraiment une vague bleu-marine, mais le taux d’abstention (42,62 %) lui permet d’obtenir 2 élus. Réélu au premier tour, l’UMP Dupuy, malgré une liste de droite dissidente qui obtient 563 voix, réalise 107,49 % des voix de Sarkozy, qui était majoritaire à la présidentielle dans la ville. La liste d’union conduite par le PS réalise 52,25 % des voix PS, FdG, EELV à la présidentielle.
A Colombes, passée à droite au deuxième tour, la liste d’union conduite par le maire socialiste avait réalisé au premier tour 44 % des voix PS, FdG, EELV à la présidentielle. Une liste d’opposition de gauche avait obtenu 809 voix.

Quartier du Parc sud : abstention massive à gauche,
la droite cherche à y faire un nid

Le bureau 34 (Robespierre) était  habituellement le plus proche de la moyenne de la ville. Le taux de participation n’a été que de 46,23 % (47,89 % à la législative, 78,26 % à la présidentielle).
Nanterre pour tous (213 voix ; 54,76 % des exprimés) ne réalise que 44,28 % du total des voix PS, FdG, EELV à la présidentielle, et 68,93 % des voix FdG, PS, EELV, PRG aux législatives. L’UMP (90 voix, 23,14 %) réalise 130, 43 % des voix Sarkozy et triple presque ses voix aux législatives. Le MODEM (54 voix, 13,8 %), réalise 163,6 % des voix de Bayrou à la présidentielle. Le NPA obtient 12 voix (8 à la présidentielle, 0 à la législative), LO : 11 voix (7 à la présidentielle), UPRN : 9 voix.

Le bureau 35 (Decour) a été le plus abstentionniste de la ville (35,54 % de votants ; 43,39 % à la législative ; 72,39 % à la présidentielle).
Nanterre pour tous, avec 204 voix (60,71 des exprimés) ne réalise que 40,8 % par rapport aux présidentielles, et 65,17 % par rapport aux législatives.
L’UMP (65 voix ; 19,36 %) fait 74,47 % des voix de Sarkozy, et 147,7 % des voix UMP aux législatives.
Le MODEM (36 voix ; 10,71 %) triple presque les voix de Bayrou.
Le NPA recueille  13 voix : une de plus qu’à la présidentielle, et LO avec 12 voix en gagne 3. UPRN a 6 voix (aucune voix POI ni NPA à la législative)

Le bureau 44 (Picasso) (votants : 44,31% ; 49,17% à la législative ; 78,15 à la présidentielle) est le bureau du Parc sud où l’UMP fait un de ses plus forts scores (22,28 %, 84 voix) : 152,72 % des voix de Sarkozy, et 262,5 % des voix UMP à la législative.
Nanterre pour tous (194 voix ; 51,46 %) ne fait que 38,44 % par rapport à la présidentielle, et 58,78% par rapport aux législatives.
Le MODEM (55 voix ; 14,59 %) réalise 148, 64 % des voix de Bayrou à la présidentielle.
Le NPA a 15 voix (3 à la législative), LO : 5 (2 à la présidentielle) ; UPRN : 24 voix (aucune voix POI à la législative)
Le bureau 46 (Gorki) (37,41% de votants ; 43,44% à la législative ; 74,16 % à la présidentielle) est celui du Parc sud où Nanterre pour tous fait son meilleur score (64,24%, 221 voix), réalisant 44,46 % par rapport à la présidentielle ; 63,68 % par rapport à la législative.
L’UMP (66 voix ; 19,19 %) : 108,1 % des voix de Sarkozy ; 165 % par rapport aux législatives.
Le MODEM (34 voix ; 9,88 %) : 68 % des voix Bayrou à la présidentielle.
NPA : 11 voix (9 à la présidentielle, 0 à la législative) ; LO : 5 voix (7 à la législative) ; UPRN : 7 voix (1 voix POI à la législative)



La comparaison avec des bureaux d’autres quartiers de la ville est révélatrice 


Le bureau 21 (France Bloch) a le taux de participation le plus fort : 63,85 % (législative : 66,09 % ; présidentielle : 81,72 %)
Nanterre pour tous (239 voix ; 50,10 %) réalise 72,64 % par rapport à la présidentielle ; 77,34 % par rapport à la législative.
L’UMP (142 voix ; 29,77 %) réalise 92,2 % des voix Sarkozy ; 117,3 % par rapport à la législative.
Le MODEM (70 voix ; 14,68 %) réalise 175 % des voix Bayrou.
NPA : 9 voix (+ 1 par rapport à la présidentielle, +8 par rapport à la législative) ; LO : 6 (+2 par rapport à la présidentielle) ; UPRN : 11 (1 voix POI à la législative)

Le bureau 31 (Romain Rolland) est celui où la droite fait son score le plus élevé (le bureau 14, où votent les militaires de la caserne dite de la Garde républicaine n’est pas pris en compte ici)
57,70 % de votants (60,77 à la législative ; 80,62 % à la présidentielle)
Nanterre pour tous (206 voix ; 36,98 %) réalise 62,04 % des voix par rapport à la présidentielle ; 73,57 % par rapport à la législative.
UMP (234 voix ; 42,01 %) : 95,5 % des voix Sarkozy ; 125,8 % par rapport à législative.
MODEM (99 voix ; 17,77 %) : 123 % des voix Bayrou.
NPA : 10 voix (8 à la présidentielle, 1 à la législative) ; LO : 0 (2 à la présidentielle) ; UPRN : 8 voix (0 POI à la présidentielle)

Dans ces bureaux, l’abstention de l’électorat de gauche est moins forte, et l’UMP, contrairement aux bureaux populaires du quartier du Parc sud, ne retrouve par le nombre de voix de Sarkozy à la présidentielle.
 

Dans le quartier populaire du Parc Sud, où Hollande avait eu des scores de 70% au deuxième tour des présidentielles, l’abstention est massive, jusqu’à 14 points plus forte que la moyenne de la ville. Bien que les scores Nanterre pour tous en pourcentage des exprimés soient rassurants, donnant l’impression d’une marge de sécurité suffisante pour les élus, l’abstention massive est le symptôme d’une très profonde crise de la politique et de la démocratie.
Si la progression de la droite en pourcentage des exprimés est pour une part un effet de l’abstention, l’UMP commence à regagner cependant des voix. Le MODEM, après une éclipse aux législatives, retrouve lui aussi un petit électorat populaire sur la base d’un populisme soft. Deux ans après le rejet massif du sarkozysme, c’est cependant l’UMP qui apparait à l’offensive. L’absence du FN, pour le moment, n’empêche pas l’idéologie de la droite extrême d’avoir une certaine audience, sur les thèmes de l’assistanat, du trop de logement social, de la défiance vis à vis de l’école publique...L’UMP s’adapte au terrain, évitant toute stigmatisation « ethnique », cherchant des connivences avec des intégrismes religieux.



samedi 29 mars 2014

Municipales ; à Nanterre, la gauche s'en tire bien 3. La faute aux abstentionnistes ! ?



♫ C'est la faute aux abstentionnistes ! - la... par Mediapart


Le symptôme d’une grave crise de la démocratie
 Beaucoup de mes voisins me répondaient  « ça ne sert à rien », de voter, quand je les rencontrais pendant la campagne électorale, j’ai contribué à en convaincre quelques-uns du contraire. Mais l’abstention a été très forte à Nanterre : 50,96 % (43,46 % en moyenne dans le département). Seule Villeneuve-la –Garenne  a été plus abstentionniste (52 %), dans le 92. La montée de l’abstention n’a épargné aucune ville de la région parisienne. A Nanterre, ça n’a pas eu de conséquences graves quant au  résultat de l’élection. Mais quand il n’y a par exemple  que 35,54 % de votants à l’école primaire Jacques Decour (taux comparable à ceux de Clichy- sous-Bois) , alors qu’il y en a 63, 85 % à l’école maternelle France Bloch, dans le centre-ville, on se dit que ce n’est pas comme ça que les habitants de notre quartier populaire se feront mieux entendre. En plus, on le sait, quartier du Parc,  il y a beaucoup de gens qui ne sont pas inscrits sur les listes électorales alors qu’ils le pourraient, et d’autres qui le voudraient mais qui n’en ont pas le droit, puisque l’engagement de Hollande de donner le droit de vote aux résidents étrangers présents depuis longtemps pour les élections municipales est de ceux qui n’ont pas été tenus. Ce qui n’incite pas leurs enfants à devenir des citoyens actifs, bien que très majoritairement de nationalité française. Les militants communistes ont devant eux un gros travail pour que les droits du citoyen ne soient pas réservés de fait aux autres : aider à se faire entendre, rendre confiance dans sa capacité à agir pour des changements réels, dans le quartier et dans le pays, en créant les conditions pour mieux vivre et agir ensemble. Sans craindre les controverses, ni épargner les pouvoirs en place, à partir de questions concrètes comme le droit au logement, à la sécurité, à l’emploi, à un environnement correct…  La seule façon de sortir de la crise de la politique, c’est que les citoyens,  les habitants des cités populaires, en deviennent des acteurs. 

 

 Blanc bonnet et bonnet blanc ?
tout faire pour ne pas en arriver là...
Abstentionniste, je l’ai été. Plus exactement il m’est arrivé de faire campagne pour appeler à ne pas voter, faute de candidat correspondant à mes idées. Moi, je n’avais pas le droit de vote, à l’époque c’était 21 ans, la majorité, et j’en avais à peine 19. En 1969, donc, superbe campagne pour Jacques Duclos, candidat du Parti communiste, plus de 4 millions 800 mille voix à la présidentielle : 21, 27 % (c’était beaucoup mieux que Mélenchon en 2012 !). Mais ensuite, au deuxième tour, Poher et Pompidou, c’était « blanc bonnet et bonnet blanc ». Alors, plus de 9 millions d’abstentions et plus d’1 million 300 mille blancs et nuls !  Bien sûr, ça n’a pas empêché Pompidou d’être élu. Le vrai problème c’est qu’avec Deferre pour la SFIO (un des ancêtres du PS) à 5,01 %, c’était pas sur Rocard (alors au PSU) et ses 3%, ni sur le 1% de Krivine, qu’on pouvait construire le rassemblement populaire pour une démocratie avancée…Déjà le piège de la cinquième République, et un certain désarroi stratégique des révolutionnaires, un an après 68 !
Abstentionniste, je ne dis pas que je ne le serai plus jamais. Ou alors blanc-votiste, puisqu’en votant blanc il se pourrait qu’on ne soit plus considéré comme des nuls. Alors, si un nouveau « bonnet blanc et blanc bonnet » se présente, croyez-moi, je n’aurai aucun scrupule à choisir le blanc . Imaginez par exemple un deuxième tour en 2017 entre Manuel Valls et Nicolas Sarkozy !  On ne sait jamais, les pires cauchemars peuvent se réaliser en politique. Imaginez que les députés socialistes continuent d’obéir à l’exécutif pour imposer la politique actuelle, que grèves et manifestations aient cessé, par épuisement et désespérance des travailleurs, avec un taux de chômage monté à 29 %,  que le Front de gauche n’ait pas survécu à une totale censure médiatique, que le FN et l’UMP aient décidé de se pacser… Evidemment, il s’agit de tout faire pour ne pas en arriver là. Mais le pire est toujours possible.
Abstentionnistes, ce n’est pas moi qui vous ferais une leçon de civisme. Je comprends en effet qu’il puisse exister des situations où on en arrive à penser que quand on vote on n’est pas entendu. Par exemple si un candidat a présenté un programme globalement moins pire que celui de son adversaire,  et puis a fait tout le contraire une fois élu, c'est-à-dire la même politique que celle dont on ne voulait surtout pas, et qui est aussi celle de ceux qui se présentent contre lui aux élections suivantes. Là, évidemment, il y a de quoi en perdre sa citoyenneté. C’est ce qui est arrivé à des millions et des millions de gens dimanche dernier, qui n’ont pas voulu voter pour les candidats présentés par les socialistes, mais pas plus pour les autres. Le problème, c’est que dans ce cas, c’est la droite et son extrême qui ont tiré les marrons du feu, vu que les gens qui votent pour eux se sont beaucoup  plus mobilisés que ceux qui votent habituellement à gauche. Comme dans les quartiers populaire, on a plus de raisons d’être en colère contre des choix politiques  qui depuis des années et des années, sont faits à notre détriment, l’abstention est beaucoup plus forte en général que dans les « beaux quartiers », et ça renforce d’autant  la « vague bleue ».
Abstentionnistes, je vous comprends, mais pas question que je fasse comme vous dimanche (sauf si j’étais électeur à Bourg-la-Reine, où je suivrais la consigne du Front de gauche : c’est logique puisque le candidat du PS pense pouvoir se passer du Front de gauche),  s’il y avait dans ma ville un deuxième tour, ni aux européennes, parce qu’il y a, il y aura,  des candidats, communistes, Front de gauche, sur les listes.
 

Municipales : à Nanterre la gauche s'en tire bien 2. Les communistes résistent, mais les socialistes paient la politique du gouvernement et la droite en profite


Bonne résistance des maires communistes, débâcle du PS.

Dans le département des Hauts-de-Seine, les listes conduites par des maires communistes sont réélues dès le premier tour : Catherine Margaté à Malakoff avec 68,14 % des voix, Marie-Hélène Amiable à Bagneux avec 61,43 %, et c’est avec 61,43 % des suffrages que notre camarade Patrice Leclerc succède à Jacques Bourgoin comme maire de Gennevilliers !

Dans des villes de droite, les listes PCF-Front de gauche, alliées dans quelques communes avec EELV,  font de bons scores : 11,86 % à Villeneuve-la-Garenne ; 9,05 % à Antony ; 8,88 % à Chatenay-Malabry ; 7,98 % à Bois-Colombes, 7,25 % à Issy les Moulineaux,  et elles passent la barre des 5% à Vanves, La Garenne-Colombes, Chaville  et Bourg-la-Reine. Le candidat PS de Bourg-la-Reine a tort de nous mépriser pour le second tour (à moins qu’il n’ait peur de l’élection d’un conseiller municipal Front de gauche ?) et nos camarades ont raison d’appeler dans ces conditions à l’abstention. Bien sûr, c’est pas la révolution citoyenne partout : ce qui est intéressant c’est que tous les électeurs ne nous confondent pas avec les sociaux libéraux, même si la majorité pense qu’on est encore trop petits pour être utiles.

Mais la débâcle du PS, qui perd 15 000 voix dans les Hauts-de-Seine, entraîne la gauche dans sa chute. Clamart est tombée dès le premier tour aux mains d’un jeune loup de l’UMP. Les autres municipalités d’union de la gauche avec des maires socialistes sont sérieusement menacées : Colombes (moins de 35% des voix au premier tour), et même Fontenay aux Roses. Quant au maire de Clichy-la-Garenne, non seulement il n’obtient que le quart des voix exprimées, mais une liste EELV qui a obtenu plus de 11% des voix au premier tour, se maintient contre lui au second. Le maire d’Asnières, après un mandat passé à jouer de la rivalité entre  les clans de la droite, risque fort de se retrouver lui aussi battu.
Le refus de « changer de cap », d’entendre la signification politique du refus populaire massif de voter pour les candidats du PS, jugés responsables des reculs sociaux, de la montée du chômage, et de la perspective annoncée que le pire est devant nous, avec 50 milliards de moins pour les services et les dépenses publiques utiles, ça indigne et désespère.  Encore  dix milliards de plus enlevés au budget des collectivités locales : franchement, après ça,  oser dire qu’aux municipales, l’enjeu n’est que local, c’est vraiment prendre les électeurs pour des imbéciles. On ne peut pas multiplier les cadeaux aux gros actionnaires, aux patrons de la finance, et rafler en plus les suffrages de ceux dont on sacrifie la vie pour les payer !
 De plus, l’attitude de politiciens socialistes sans scrupules qui veulent faire tomber des municipalités de gauche conduite par des maires communistes, en Seine-Saint-Denis, dans le Val de Marne et ailleurs, pour éradiquer toute contestation de leur projet antidémocratique de Métropole et y occuper des postes de gouvernance autoritaire, renforce encore le désarroi à gauche.


 
C’est dans ce contexte qu’il faut apprécier la victoire de la liste Nanterre pour tous, dès le premier tour, avec 53 % des voix, victoire à laquelle des militants communistes ont beaucoup contribué. Dans notre quartier, nous avons bien fait d’être nous-mêmes, et de mener une campagne des municipales sans en rabattre sur la nécessité d’une mobilisation, d’une marche citoyenne dès le 12 avril, pour rassembler toutes les forces, qui, à gauche, dans les syndicats, les associations, veulent construire et imposer une alternative à la politique catastrophique du Président de la République et de son gouvernement, qui poursuit et aggrave celle de la droite. Nous ne sommes pas les seuls à l’exiger, au Front de gauche : même au PS et à EELV, des voix commencent à se faire entendre.
Mais en attendant, dimanche, la droite et l’extrême droite se préparent à profiter de la situation, à confirmer leur vague bleue du premier tour.

Une mauvaise ruse de la raison : le PS fait une politique antisociale de droite, et la colère populaire fait gagner la droite !

 Gattaz, patron des patrons, n’est pas le seul à pouvoir dire merci à Hollande. Les maires UMP et UDI qui ont été réélus dimanche dernier dès le premier tour avec des scores inespérés (24 rien que dans les Hauts-de-Seine), lui doivent une fière chandelle, surtout ceux qui craignaient peut-être que leurs diverses condamnations pour au moins des magouilles avec l’argent public, sans parler des méchantes affaires qui concernent l’UMP au plus haut niveau, ne soient cette fois sanctionnées par les électeurs. S’il n’y avait pas Gennevilliers, Bagneux, Malakoff et Nanterre, ils pourraient même rêver que dimanche soir les Hauts-de-Seine soient vraiment leur domaine réservé !
Il va y avoir de l’ambiance, à l’interco. du Mont Valérien ! Bon courage, les Nanterriens…Les maires de droite de Rueil et de Suresnes confortablement réélus. Un élu communiste de moins à Suresnes, plus du tout à Rueil. Et même deux élus FN à Suresnes !
C’est vrai que le FN n’a pu – ou voulu – faire des listes que dans 8 communes de notre département. Mais n’empêche qu’il y a maintenant 7 conseillers municipaux FN dans le 92. Moins grave que dans d’autres régions, que dans des villes où il est vainqueur, où il noue des accords avec d’autres droites, et même parfois des drôles de gauche, contre, bien sûr, surtout des communistes. C’est vrai que les médias exagèrent, en invitant ses porte-poisons tous les matins, comme si c’était la nouvelle troisième force politique du pays. Mais c’est réellement dangereux, ce jeu trouble.
La lepénisation des esprits, comme on dit, ça se propage. Il n’y a qu’à lire les derniers tracts de campagne de la candidate UMP, une proche de Copé, dans notre quartier. Cherchant à rassembler toutes les phobies, tous les préjugés, notamment contre l’école publique où les enseignants font leur travail en éduquant à l’égalité et au respect entre filles et garçons. La « théorie du genre », qu’elle continue à appeler ça, faisant l’âne pour avoir du son. Sa solution : ouvrir une école privée « confessionnelle ou pas » dans un local de la cité. Marchandiser l’enseignement et le soutien scolaire, c’est en effet sa spécialité, c’est son métier, c’est comme ça qu’elle s’est fait sa première clientèle électorale à Nanterre. Attention, l’extrême droite, c’est pas que les grosses vannes racistes genre Le Pen,  et le pain au chocolat de Copé, c’est vite oublié.   Des  dangereux réac y’en a de toutes les origines et de toutes les chapelles. L’école, c’est qu’un exemple, elle va aussi se battre, Camille Bedin, contre la construction de logements sociaux, contre l’aide sociale…
Ainsi même à Nanterre la vraie et dure droite réapparaît. L’UMP a gagné 2703 voix par rapport à 2008. C’est vrai que son rival du MODEM en a perdu 1874. N’empêche que si on totalise leurs listes, le gain est de 829 voix. Je les additionne d’autant plus volontiers qu’une partie de leurs candidats passent  d’élection en élection d’une liste de droite à l’autre. Tous deux prétendaient d’ailleurs avoir les vrais UDI avec eux. Mais Pierre Creuzet a voulu jouer le brave notable, genre bourgeois à la Flaubert, ni droite ni gauche : il a même trouvé une conseillère municipale socialiste pour rejoindre sur sa liste l’opportuniste écologiste de droite de service, sans oublier  la vénérable ex responsable de l’UDF.  Camille Bedin, elle, n’a pas mis un trompeur foulard rose : elle a affublé ses troupes de blousons qui annoncent franchement la couleur de la vague attendue : bleue. Et à 27 % sur la ville, à plus de 20 % quartier du Parc, elle n’est pas prête de lâcher ses proies.

Municipales : à Nanterre la gauche s'en tire bien. 1. Les résultats




Les résultats des municipales dans la ville :

Inscrits : 45724

Votants : 22425 (49,04 %)                     

Blanc et nuls : 1022 (4,5 % des votants)

Exprimés : 21403

Nanterre pour tous (Jarry) : 11525 (53,85 %)

Nanterre pour chacun (Bedin) : 5856 (27,36 %)

Le grand rassemblement (Creuzet) : 2630 (12,29 %)

Nanterre anticapitaliste (Le Merrer) : 593 (2,77 %)

Unité et résistance pour Nanterre (Ramambason) : 447 (2,09 %)

Faire entendre le camp des travailleurs (Strumanne) : 352 (1,64 %)

Le tableau détaillédes résultats bureau par bureau  sur le site de la section de Nanterre du PCF.

Pour comparer 2014 et 2008

Rappel 2008 : Inscrits : 43298. Votants : 22729 (52,5 %). Blancs et nuls : 731 (3,2% des votants). Exprimés : 21998. Liste Jarry : 12400 (56,4%), 43 sièges ; Liste Creuzet (Modem) : 4504 (20,5%), 6 sièges. Liste Kaci (UMP) : 3153 (14,3 %), 4 sièges. Liste Treppoz (LCR) : 836 (3,8 %). Liste Zebdi-Ghorab : 834 (3,8 %). Liste Fontaine (POI) : 271 (1,2%)

L’abstention a progressé : avec 2426 électeurs inscrits de plus qu’en 2008, il y a eu 304 électeurs de moins le 23 mars.
La liste de rassemblement qui présentait les mêmes équilibres politiques qu’en 2008 (Gauche citoyenne, Parti communiste français membre du Front de gauche, Parti Socialiste, Europe Ecologie Les Verts, Mouvement Républicain et Citoyen, Parti radical de gauche) conduite par Patrick Jarry perd 874 voix, et 1 élu.
La liste « MODEM » conduite par Pierre Creuzet perd 1874 voix, et 3 élus.
La liste UMP conduite par Camille Bedin (nouvelle candidate) gagne 2703 voix, et 4 élus.
La liste NPA conduite par Yann Le Merrer perd 243 voix par rapport à la liste LCR de 2008. Une liste LO (absente en 2008), conduite par Laurent Strumanne obtient 352 voix. Une liste présentée par le POI et par des « militants de l’opposition de gauche, militants communistes, syndicalistes et citoyens », conduite par Maryse Ramambason, conseillère municipale sortante, gagne 176 voix par rapport à la liste présentée par le seul POI en 2008.  L’ensemble des listes se présentant comme des oppositions de gauche à la liste de la majorité municipale auraient donc gagné 285 voix sur 2008.
Mais une liste conduite par Zebdi-Ghorab (classée diverse gauche dans la presse) avait recueilli 834 voix en 2008, avec une campagne communautariste et plutôt pro-capitaliste dans ses propositions économiques. Difficile de deviner si en 2014 ses électeurs de 2008 ont voté, et pour qui, ce qui rend encore un peu plus aléatoires les comparaisons locales à six ans d’intervalle, surtout que la donne politique a changé sur le plan national. Et à Nanterre comme dans tout le pays, c'est le rejet de la politique du gouvernement qui est le principal motif de l'abstention massive, phénomène majeur de cette élection.

Les résultats des municipales dans le quartier du Parc :

Bureaux 34,35, 36, 44, 45, 46, 47 (« Parc sud »)

Inscrits : 6832

Votants : 2696 (39,46)

Blancs et nuls : 184 (6,8 % des votants)

Exprimés : 2512

Nanterre pour tous (Jarry) : 1466 (58,35%)

Nanterre pour chacun (Bedin) : 515 (20,5 %)

Le grand rassemblement (Creuzet) : 287 (11,42 %)

Nanterre anticapitaliste (Le Merrer) : 88 (3,5 %)

Unité et résistance pour Nanterre (Ramambason) : 88 (3,5 %)

Faire entendre le camp des travailleurs (Strumanne) : 68 (2,7 %)

Bureaux 41, 42, 43, 48 (« Parc nord »)

Inscrits : 3339

Votants : 1549 (46,39 %)

Blancs et nuls : 66 (4,2 % des votants)

Exprimés : 1483

Nanterre pour tous (Jarry) : 839 (56,57 %)

Nanterre pour chacun (Bedin) : 320 (21,57 %)

Le grand rassemblement (Creuzet) : 224 (15,1 %)

Nanterre anticapitaliste (Le Merrer) : 42 (2,83 %)

Unité et résistance pour Nanterre (Ramambason) : 36 (2,42 %)

Faire entendre le camp des travailleurs (Strumanne) : 22 (1,48 %)

Total quartier du Parc (1)

Inscrits : 10 171

Votants : 4245 (41,73 %)

Blancs et nuls : 250 (5,8 % des votants)

Exprimés : 3995

Nanterre pour tous (Jarry) : 2305 (57,69 %)

Nanterre pour chacun (Bedin) : 853 (20,90 %)

Le grand rassemblement (Creuzet) : 511 (12,79 %)

Nanterre anticapitaliste (Le Merrer) : 130 (3,25 %)

Unité et résistance pour Nanterre (Ramambason) : 124 (3,10 %)

Faire entendre le camp des travailleurs (Strumanne) : 90 (2,25 %)

(1)     Une partie du quartier historique des Fontenelles, dont l’actuelle rue de la Liberté, est rattachée au quartier « Champ Pierreux-La Boule » dans le découpage administratif de la ville. Ses habitants votent à l’école Joliot-Curie, avec d’autres électeurs proches du centre-ville. Cette partie du quartier n’a donc pas pu être prise en compte dans les résultats du quartier du Parc, bien que des communistes qui participent à notre collectif du quartier du Parc y habitent, et que le Centre social et culturel Parc-en-Ciel y ait des adhérents.

 

mardi 25 mars 2014

Journée d'élection à Nanterre


Résultat des élections municipales à Nanterre. par picasso92

La journée d'un assesseur...

Dimanche 23 mars, 7h20. La traversée du Parc Malraux me ravigote ; j’ai bien fait de mettre ma veste d’hiver, il fait frisquet. Des joggers me dépassent, je les envie, il faudrait vraiment que je m’y remette. Et puis cette lumière, ce ciel, sur la pièce d’eau, ces silhouettes de palmipèdes qui bectent la pelouse… j’imagine une énième balade photo.

 Mais pas aujourd’hui, n’y pensons plus, je suis envoyé en mission d’assesseur titulaire, mandaté par la liste « Nanterre pour tous », au 41 ème bureau, école Pablo Neruda. C’est la première fois que j’y vais, dans ce bureau de vote s’entend, pas à cette école : j’y ai distribué des centaines et des centaines de tracts, en campagne électorale ou pas, aux parents et aux enseignants. Et j’en ai rencontré certains, de ces parents d’élèves, dans les manif pour défendre l’école publique.

Pour le bureau de vote, moi j’avais mes habitudes, avec Naïma : j’étais son vice-président et on connaissait beaucoup de monde, salle Jacques Decour, puis école Robespierre. Aux présidentielles, j’étais pas peu fier d’avoir rempli trois tables de dépouillement  sur quatre avec des jeunes, mes anciens élèves, qui votaient pour la première fois. On avait pris l’habitude d’offrir un coup à boire après la proclamation des résultats, assesseurs et scrutateurs nous disaient « vivement la prochaine élection ». Mais cette fois, pas de chance : Naïma est malade, et puis elle ne sera plus conseillère municipale. Pour qu’on en ait encore une, de conseillère municipale communiste dans le quartier, il faudrait que la liste soit élue avec 58 % des voix, mieux qu’en 2008, et vu le contexte, ça m’étonnerait qu’elle soit élue, Valérie, en 44 ème position sur la liste ! C’est vrai qu’on aura des nouveaux, des jeunes élus, gauche citoyenne, socialistes, EE les Verts …Mais c’est pas pareil. Il faudra pourtant apprendre à travailler ensemble, j’en ai déjà vu quelques-uns pendant la campagne.

Ainsi ruminais-je en marchant, appréhendant de longues heures d’ennui.

jeudi 20 mars 2014

En campagne à Nanterre...


Images en vrac, quartier du Parc et ailleurs....
Dimanche, chaque voix comptera pour donner aux élu-e-s Nanterre pour tous assez de force politique pour que le programme élaboré avec les habitants permette que notre ville, à deux pas de La Défense, reste une ville populaire et solidaire.

Le 21 mars est à vous...

Depuis plus d'un mois, 7 travailleuses et travailleur sans papiers sont en grève
et occupent le magasin avec le soutien de la CGT et des organisations rassemblées
dans le collectif Unis Contre une Immigration Jetable. Appel à venir pour manifester
sa solidarité, 50 bd de Strasbourg, près de la gare de l'Est à Paris.

Elle est à vous, la journée du 21 mars, journée mondiale de lutte contre le racisme. Elle est à vous, comme à tous les travailleurs et les travailleuses sans papiers.

Et à vous, les lycéens et les étudiants sans papiers qui ne demandez qu'à vivre et à étudier ici.




A vous toutes et tous qui voulez une carte de séjour vie privée et familiale, étudiant ou salarié.
A vous, les demandeurs d'asile, les réfugiés, pour qui on veut rendre plus expéditive la procédure et  plus facile l'expulsion.

Elle est à vous, la journée du 21 mars, vous qui êtes depuis longtemps nos voisins, qui animez avec nous des associations, des syndicats, des organisations politiques, qui élevez ici vos enfants français , mais à qui des présidents, même ceux  qui se disent de gauche, refusent, depuis 30 ans, de vous permettre de voter et d'être candidats aux élections municipales.





Elle est à vous, cette journée, vous qui êtes discriminés, insultés, agressés, humiliés parce que la couleur de votre peau, votre habillement, votre nom, votre religion, le quartier que vous habitez...font l'objet de campagnes de phobie et de haine.



Elle est à vous, les Roms, cette journée du 21 mars, vous qui subissez la misère et le racisme. Vous à qui, bien que citoyens européens, on dit que vous êtes "inintégrables". Vous à qui le Ministre de l 'Intérieur, le candidat socialiste à Saint-Denis approuvé par le FN, veulent refuser que vous soyez une quarantaine à pouvoir voter dimanche dans une ville qui vous accueille.

Elle est à vous, elle est à vous et à nous, elle est à nous tous les humains...Mais cette année, c'est veille d'élection, alors en France, il n'y aura pas de grande manif.
Un rassemblement est annoncé à 14h le lendemain, samedi, contre le racisme et le fascisme, place de la République, à l'appel de quelques organisations mais il y a fort à parier que l'autorisation de défiler sera refusée.
Les grandes associations (MRAP, LDH, SOS Racisme, LICRA) ont rencontré Hollande il y a quelques jours, il aurait dit-on prêté l'oreille à leur demande de faire de 2014 une année nationale de mobilisation contre le racisme. Ce gouvernement aurait en effet bien du travail "pédagogique" à faire pour qu'il en soit ainsi, à commencer dans les rangs de certains politiciens de sa majorité !
 En tout cas, dans les quartiers, dans les établissements scolaires, dans les centres sociaux et culturels, dans les associations, dans les syndicats, dans les partis politiques, avec les militants de gauche et progressistes qui veulent que 2014 soit vraiment une année de mobilisation contre le racisme, ne lâchons rien. Faisons un travail d'en bas, de proximité, de fourmi. .

Lire le texte du PCF

Municipales : les vrais enjeu du 23 mars...

J'ai eu trop peu de temps ce dernier mois  pour écrire des billets, un peu beaucoup débordé sur les divers fronts des luttes.  La campagne électorale en est un.  Pour gagner le plus grand nombre possible de municipalités animées par des élu-e-s communistes, Front de gauche, et bien au-delà, avec des socialistes et des écologistes, des syndicalistes, des associatifs, des citoyennes et des citoyens engagés sur  des programmes construits avec les habitants. Il s'agit non seulement de résister à l'offensive austéritaire,  menée hélas par un président de la République, un gouvernement, qui aggravent les souffrances sociales, la crise et le désarroi. Il s'agit d'empêcher la droite extrêmisée, les réacs hyéneux de tous poils, de profiter de la situation. Il s'agit de défendre les communes comme espace de démocratie de proximité,  où il est encore possible de mieux vivre et agir ensemble, riches de nos diversités, pour construire "des ponts, pas des murs", du local au mondial. 
L'interview du maire communiste de Saint-Denis, un des points chauds des municipales en Île-de- France, est remarquable, pour qui veut comprendre l'enjeu de nos votes, partout en France, ce dimanche 23 mars 2014. 
 
 
Didier Paillard, Maire de Saint-Denis par BerbereTV

dimanche 9 février 2014

Défendons l’école de la République, construisons l’école de l’égalité




L’espoir des parents et des enseignants, créé par la fin du règne de Sarkozy, aura duré à peine plus que le temps d’une année scolaire.

La politique d’austérité contredit les promesses gouvernementales d’agir contre les échecs et les inégalités sociales, qui s'accroissent.

La droite reprend l’offensive, pour plus de sélection des élèves, pour faire la part encore plus belle au privé.

Les forces les plus réactionnaires font la une de la plupart des médias, envahissent les réseaux sociaux, avec des relais dans les quartiers populaires, pour semer la peur, les plus folles rumeurs, pour que des parents retirent leurs enfants de l’école.

Ces trois fronts ouverts contre l’école publique le montrent : les questions économiques, sociales et sociétales s’entremêlent. Elles sont à considérer les unes et les autres avec autant d’importance et  sans hiérarchie des priorités. Tous les fronts de lutte sont essentiels, car c’est dans tous les domaines que la crise de civilisation que nous vivons rend nécessaires et possibles une mobilisation, une « révolution citoyenne », et urgente l’invention de réponses nouvelles, d’alternative politique à gauche crédible,  qui leur donne sens et perspective.
C’est en se mobilisant du local et du particulier  à l’universel, donc à partir aussi de la ville, de ses quartiers, qu’on gagnera ces batailles. En multipliant les contacts de proximité, à la rencontre des parents d’élèves et des enseignants, dans l’action solidaire à leurs côtés, par des initiatives d’éducation et de mobilisation populaires, au porte à porte, à des points de rencontre, dans des centres sociaux et culturels, des associations…
L’importance de reconstruire des collectifs communistes de quartier , réactifs, inventifs et rassembleurs, comme de faire campagne aux municipales pour avoir des élus communistes proches des habitants, et de travailler avec d’autres forces politiques et citoyennes qui partagent nos valeurs, de gauche et humanistes, n’en est que plus évidente.

lire la suite :

dimanche 2 février 2014

Tordre le cou à la rumeur


image prise sur le site du Ministère de l'Education nationale.
L'égalité entre les garçons et les filles, c'est la loi de la République, et c'est encore à 
conquérir. Quand l'école en fait un objectif éducatif, les réactionnaires de tout poil
lui déclarent la guerre.

Une campagne de manipulation  parvient à convaincre des parents de retirer leurs enfants une journée par mois de l’école publique, où ils seraient soi-disant en danger. Tout et n’importe quoi se dit et se lit à propos d’une expérience pédagogique, appelée à se généraliser, pour éduquer les enfants à l’égalité entre les filles et les garçons. Pourtant, sur le site du CNDP, tous les documents sur ABCD- l'égalité  sont publics, et on y cherche vainement ce qui pourrait justifier la campagne lancée par ces adversaires de l’école publique, dont la figure médiatique est Mme Farida Belghoul.  Encore moins les ragots délirants que colportent à grand renfort de SMS alarmistes des manipulateurs et des écervelés.

Je m'étais vivement accroché avec cette Mme Belghoul en 2008 à l'occasion d'un forum des quartiers populaires organisé à Nanterre. Elle lançait alors une campagne pour le retrait des enfants de familles musulmanes de l'école, à l'époque au nom de la mémoire de la colonisation. Défendant l'école publique et proposant de construire des luttes communes de transformation pour qu'elle soit égalitaire, non discriminante, exprimant des critiques sur le danger de l'auto exclusion de l'école qu'elle proposait, montrant que " l'école à la maison" faisait des ravages aux Etats-Unis (elle s'inspirait alors de modèles américains liés à des sectes),  j'avais ensuite été insulté et menacé par ses partisans, en tant qu'enseignant du quartier, syndiqué à la FSU et communiste.
Même si c'est plus qu'exaspérant, je crois qu'il faut écouter ce que dit l'adversaire pour en prendre la mesure et le vaincre :


 Nous avons bien affaire à un adversaire déterminé, qui attaque le service public, le vivre ensemble, la valeur républicaine et révolutionnaire  d'égalité, instrumentalisant  des dérives religieuses sectaires , le racisme, les discriminations et les injustices vécus, surfant sur l'ambiance créée par les manifs réactionnaires de masse, Comme le fait Marine Le Pen avec d'autres références en apparence opposées, mais en réalité  avec un même fond idéologique. Comme ceux du FN et de la droite qui lui emprunte ses théories, son discours populiste  est malheureusement audible dans des quartiers populaires. Renvoyer à ceux qui l'écoutent que ce sont des fachos, ou des islamistes, être répressif contre les familles, comme le veut le gouvernement, c'est inopérant et c'est même faire le jeu de l'adversaire (Le Pen et Belghoul jouent à fond la posture de victime). Je sais (21 ans de ZEP...) à quel point les jeunes sont prompts à considérer que les prof et les flics, c'est pareillement répressifs. Je sais combien sont grandes à la fois les attentes à l'égard de l'école, et violente l'humiliation des familles quand leurs enfants y échouent. 

Il est urgent de casser le cou à la rumeur, qui fait des ravages, sème le doute et la méfiance, aggrave la ségrégation scolaire et la mise en échec de jeunes (rien n'est pire comme facteur d'échec scolaire que le doute irrationnel - à ne pas confondre avec l'apprentissage de la pensée critique- sur la valeur de ce qu'on apprend). Rétablir la vérité à partir de la présentation sur le site du CNDP d'ABCD-l' égalité,

  http://www.cndp.fr/ABCD-de-l-egalite/accueil.html 

 sans tomber dans le piège d'un débat théorique sur la notion de genre (mot devenu repoussoir et effrayant dans l'emploi tordu qu'en font ceux qui veulent nous y entrainer ) (1) , s'appuyer sur les mises au point de la FCPE, ça parait l'évidence même. Mais le bouche à oreille, les SMS, c'est plus rapide, c'est de l'émotionnel, et il y a difficulté souvent à lire des messages argumentés, il y a méfiance de ce qui parait venir de l'institutionnel. Donc je pense qu'il faut multiplier les contacts personnels, les rencontres, les dialogues. Pour cela, il est urgent  d'impulser la création d' un réseau avec les syndicats, les associations de parents d'élèves FCPE, les mouvements pédagogiques,  les centres sociaux et culturels et d'autres associations de proximité, les élus locaux progressistes...tous les relais possibles, tous les espaces et toutes les personnes en lien de proximité et de confiance avec les familles et les jeunes. Les personnels et les parents FCPE ne réussiront pas s’ ils ne sont pas appuyés par toutes les énergies mobilisables du quartier.  L'impulsion doit être nationale, départementale, mais c'est au niveau des villes, des quartiers concernés que la bataille sera gagnée, ou perdue.

(1)  Note polémique pour tenter de descendre un instant  au niveau de SMS reçus par des voisins, et d'autres lus dans des réseaux dit sociaux, appelant à priver  des enfants d'école ::
L'obsession quant à la sexualité des enfants ("leur apprendre à se masturber", les initier à la diversité des préférences et pratiques sexuelles, avec bien sûr la prétendue  complicité de comploteurs des réseaux LGTB : autant de pures- si on peut dire- projections de fantasmes, de névroses ou de psychoses personnelles sur l'école), me fait craindre que leurs auteurs pourraient avoir d'inquiétants penchants pédophiles. Je n'en soupçonne évidemment pas la personne dont je n'ai pas peur de publier la vidéo, pour la livrer à la saine critique des lecteurs avertis de ce blog. Mais c'est comme avec la famille Le Pen par rapport aux délits et crimes racistes : ni responsable ni coupable (sous peine de procès), de ce que contient la boite de Pandore que ces gens-là ouvrent !  
Alors, j'invite les parents à la plus grande prudence ce dimanche. Car les rues de Paris seront envahies par des personnes peut-être pas toutes recommandables.  Des prêtres intégristes d'églises et sectes diverses seront là. Or, l'actualité a montré que dans certaines de ces corporations, une conception de l'amour des enfants qui ne serait pas que spirituelle aurait tendance à défrayer souvent la chronique.
Sans parler des manipulations mentales -intra ou extra familiales- comme celles qui ont métamorphosé, comme si elle était en état de possession diabolique, une petite fille en horrifiante hurleuse  de vulgaires injures racistes à l’égard d’une ministre  J'espère pour cette malheureuse enfant  que les démons qui lui ont dicté de telles obscénités, des plus coupables et contraires à la pudeur de l'innocence,comme au sens commun et aux lois de la République, ont été chassés depuis de son corps, sinon de son entourage.