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40 mars 2016, Place de la République, Paris

40 mars 2016, Place de la République, Paris
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Pour nos droits et libertés

Nanterre en colère

Nanterre en colère

On lâche rien !

On lâche rien !

Bon de soutien et d'entrée pour les 3 jours en vente militante : 25 euros

Bon de soutien et d'entrée pour les 3 jours en vente militante : 25 euros

dimanche 10 juillet 2016

surprise- parti... soirée d'été avec des sans-papiers du 92


Voir d'autres photos (merci à Zhora pour la dernière)

Le 9 juillet, il fait beau à n’y pas croire, avec une insolence de bleu, au-dessus de nos têtes, telle qu’on cherche et emmêle les mots des autres, pour la rêver, cette terre, couleur d’orange, sans murs ni frontières.
Une belle journée de fête à l’invitation du collectif Sans-papiers 92, dans les locaux de la fédération des Hauts-de-Seine du PCF, histoire de s’encourager des régularisations obtenues, pour ne rien lâcher pour les autres, jusqu’à ce que tous obtiennent des cartes de résidents.
Pendant plus de six heures, une équipe de femmes prépare plats, grillades et gâteaux, comme pour un nouveau festin de rupture du jeûne du Ramadan. L’une, les préparatifs finis, doit aller à son travail, avant les festivités, croisant l’arrivée échelonnée d’hommes et de femmes qui en reviennent, eux de leur travail. Car, avec ou sans papiers, la plupart bossent, s’accrochent à des boulots très souvent aussi harassants que mal payés, aussi indispensables et qualifiés que peu valorisés et rarement déclarés par leurs employeurs. A croire que c’est pour que cette surexploitation continue, qu’il leur est si difficile d’obtenir des titres de séjours, et plus encore, après plusieurs titres précaires consécutifs, la sélective carte de résident ! D’autres, comme cette infirmière en milieu hospitalier en Algérie, en cherchent, mais, sans papiers, n’en trouvent pas, de travail, explique-t-elle, en nettoyant la pièce et les ustensiles aussi méticuleusement que dans une salle d’opération.
Les enfants sont d’abord quelques-uns, patients comme des anges pendant que leurs parents s’affairent. Puis ils sont une douzaine, âgés de quelques mois à quelques années. Pour les plus grands, les locaux et la cour se transforment en terrain d’aventure. « Vous n’avez pas vu les garçons ? » s’inquiète un trio de fillettes, que je vois vite revenir pour me prendre à témoin : les gars ont trouvé un tuyau d’arrosage, et bien sûr quelques gouttes d’eau ont atteint les jolies tenues de ces demoiselles ! Tous parlent, comme leurs parents, maghrébins francophones, un français impeccable, et presque tous sont nés et ont fait toute leur scolarité en France. Ce sont des enfants et de futurs citoyens de France. Tout comme Pablo, fils d’Elsa, secrétaire départementale du PCF et Conseillère départementale des Hauts-de-Seine, heureux poupon français de naissance et de filiation, qui les admire de toute la profondeur de son regard éveillé. La loi devrait obliger à régulariser la situation administrative de tous les parents d’enfants nés ou scolarisés en France, mais au lieu de cela, la circulaire de 2012 impose à ces familles des années de précarité et d’angoisse, et nul ne sait ce qu’il adviendra d’elles quand les décrets d’application de la loi modifiant le CESEDA (Code d’Entrée et Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile) dans un sens encore plus restrictif, votée en février 2016 par les parlementaires du parti socialiste et d’une partie de la droite, entreront en vigueur. Mais dès vingt heures, la fête bat son plein. « On est heureux, vous voyez, même sans papiers ! », affirme une femme, parmi les plus dynamiques des danseuses.



Profitant d’une pause, je remets à notre camarade Ouiza, créatrice et cheville ouvrière du collectif qu’elle aide très activement des nouveaux délégués à animer, quarante bons d’entrée pour les trois jours de la fête de l’Humanité, avancés par le PCF 92, et que financera une souscription spéciale, auprès de communistes, souvent âgés,  qui ne peuvent pas aller à la fête mais sont heureux d’acheter la vignette en sachant qu’elle permettra à une personne, une famille, qui n’en aurait pas les moyens financiers,  d’y participer. Le rendez-vous du dimanche 11 septembre, à 11h30 dans l’espace Hauts-de-Seine, pour débattre des luttes des migrants et « réfugiés », des solidarités à renforcer, à partir des questionnaires « Que demande le peuple ? » et d’autres questions qui n’y figurent pas, pour parrainer avec des élu-e-s des personnes en situation des plus vulnérables, et pour créer ensemble un évènement festif, est bien accueilli. Autour du repas, des contacts s’établissent, avec des anciens ou nouveaux militants du collectif Migrations-citoyenneté, pour préparer l’ouverture d’un nouveau point d’accueil et de conseil, hébergé dans les locaux d’une section du PCF, et travaillant en réseau départemental avec l’ensemble des soutiens, ou proposer des rassemblements dès la rentrée de septembre.
Et puis c’est la surprise : enfants et adultes apportent une magnifique – et succulente – tarte aux fraises confectionnée pour fêter mon anniversaire. J’ai déjà entamé de deux jours ma soixante-septième année. Mais le 7 juillet les locaux étaient pris par la section de Nanterre qui faisait son « rendez-vous vignettes » avec langoustes de Cuba et suivi à la télévision des exploits des Bleus. Quant à moi, j’avais décidé de répondre présent en famille à l’invitation d’Eve Dadiès pour la nouvelle première de son spectacle « Mourir d’amour et de théâtre » (1). Notre société est riche de sa diversité, le PCF aussi ! Très touché de l’attention fraternelle du collectif  SP 92, je suis bien décidé à rendre la pareille à une prochaine occasion. Surtout que d’autres sont plus « méritants » que moi. Par exemple Ouiza, qui malgré un travail salarié aussi épuisant que peu payé, trouve encore l’énergie de donner le rythme aux temps de la danse comme aux temps de la solidarité et des luttes…D’ailleurs, un rendez-vous de travail militant est pris avec elle pour mardi : de nouvelles Obligations à Quitter le Territoire Français, frappant des personnes qui demandent la régularisation de leur situation administrative, viennent de tomber : il y a urgence !

(1)  C’est tous les jeudis à 19h30 au théâtre Darius Milhaud, m° Porte de Pantin. Et ça vaut le coup de sécher un « rendez-vous vignettes », avec ou sans langoustes cubaines, soirée télé-match, ou tout autre évènement concurrent.


dimanche 3 juillet 2016

Saint-Bernard 1996-2016 2. Les délits de solidarité


Ecouter l'intégralité  du débat
Le 29 juin, la deuxième soirée à la Maison des Métallos était consacrée aux "délits de solidarité". "Le 22 février 1997, près de 100 000 personnes défilent à Paris contre le projet de "loi Debré" sur l'immigration qui posait les prémices du "délit de solidarité".  Depuis, "de nombreux textes législatifs se sont succédés et  des poursuites en tout genre ont vu le jour contre ceux qui manifestent leur solidarité, sous une forme ou sous une autre, avec les personnes sans papiers". 


LA CIMADE et le GISTI, organisateurs du débat animé par David Eloi, rédacteur en chef de la revue Altermondes, ont présenté analyses et témoignages sur les poursuites et intimidations "qui visent les personnes qui refusent de céder aux injonctions du pouvoir", qui, "par conviction, par générosité, par simple sentiment d'humanité", refusent que "les personnes en situation irrégulière en France soient privées de toute forme de soutien." 




Claudia Charles,  chargée d'études au GISTI, a montré que, contrairement à l'affirmation de politiciens qui prétendent que le délit de solidarité n'existerait plus depuis 2012, des poursuites ont bel et bien lieu, et que la législation en vigueur, le code pénal, contiennent des ambigüité qui les permettent. 

Nan Suel, présidente de Terre d'Errance, qui construit des abris pour des demandeurs d'asile laissés en déserrance dans la campagne du Nord, en sait quelque chose : autorisation, puis interdiction ; tolérance, puis sommation de démolir... Dans le même village, une dame a été arrêtée chez elle, mise en garde à vue, pour avoir rechargé les portables de jeunes migrants "qui avaient l'âge de ses fils, afin qu'ils puissent donner des nouvelles à leurs familles".  
François Loret, du collectif Romeurope du Val Maubuée et président de l'association Convivance, est en appel suite à une condamnation à un forte amende : parce qu'il a voulu mettre à l'abri des familles Rroms dont le "campement" était détruit sans aucune solution de relogement, et qu'il y a eu bousculade, et que la police et la Municipalité ont obtenu son inculpation. 
Les procédures sont longues, les "délinquants de la solidarité" sont laissés sans informations sur les suites de leurs "affaires" : le but est avant tout de faire peur, d'entraver les activités solidaires des bénévoles.


Il faut que la peur change de camp !


L'assistance, comme le débat l'a montré, était composée principalement de citoyen-ne-s engagé-e-s aux côtés des migrants, qui ne sont pas prêt--s à se laisser intimider de la sorte. Au contraire, des propositions fusent : entamer des procédures exigeant des réparations pour les préjudices subis à cause d'enquêtes intrusives et de gardes à vue tout aussi peu fondées ; voire exiger des contrepartie, puisque les bénévoles font ce que les services de l'Etat devraient faire ; construire un réseau permettant l'entraide juridique, la solidarité financière, une plus grande convergence des mobilisations solidaires... Etre nombreux et s'appuyer sur des associations solides et expérimentées, ce sont les meilleurs moyens d'éviter des intimidations et des répressions, qui visent, le plus souvent, des initiatives individuelles ou isolées. 


Le ton a été aussi combatif que la veille, avec notamment à nouveau une information, par la COPAF, sur les mobilisations à construire avec les résidents des foyers, une intervention d'un délégué du CSP75, ou un appel à venir soutenir les "réfugiés" sans abris à Paris,  que la police traque à nouveau dans le 18ème arrondissement...Avec à ce que risquent et subissent les migrants, chacun partageait le sentiment que ce sont eux qui sont en danger, beaucoup plus que leurs soutiens .  Le rapport accusateur du Défenseur des droits, celui sur les Centres de Rétention Administrative, par exemple, auraient mérité toute une soirée d'échanges !


Ni les intervenants ni la grande majorité du public n'avaient assisté au débat de la veille sur les luttes des travailleurs sans papiers. Ce n'est que le lendemain que la nouvelle de la belle victoire des 18 du 57 boulevard de Strasbourg devant le tribunal des Prud'hommes est tombée. Bien sûr, il peut encore y avoir appel, et c'est cet automne que leur plainte pour traite d'êtres humains, contre leur ancien employeur, passera en jugement (lire l'article de l'Humanité du 1er juillet).

Raison de plus pour renforcer les liens entre les syndicats - acteurs de la lutte des classes pour les droits des travailleurs - et les associations de solidarité avec les migrants, de défense des droits de l'Homme. 
Oui, il faut - et c'est possible - que "la peur change de camp" !


jeudi 30 juin 2016

Eglise Saint-Bernard 1996-2016 : 20 ans de lutte des sans-papiers


"C'est une initiative heureuse ce soir, moins par l'aspect commémoration que par l'actualité des luttes"tels sont les premiers mots de Louis Viannet, ancien secrétaire général de la CGT, à la soirée-débat organisée conjointement avec l'Union syndicale Solidaires
 Ce 28 juin 2016, onzième journée de grèves et de manifestations contre la loi de casse du code du travail, nous sommes plusieurs dizaines qui n'auraient manqué pour rien au monde le rendez-vous à la Maison des Métallos. "L'engagement des syndicats auprès des travailleurs sans papiers de Saint-Bernard à aujourd'hui" est le thème de la soirée. Toutes les initiatives marquant les 20 ans de Saint-Bernard, organisées par un collectif d'organisations initié par Maryline Poulain, de la CGT Paris, sont destinées à faire le lien entre la "sortie de l'ombre" des migrants sans papiers il y a vingt ans, exigeant leur régularisation globale, et les grèves des travailleurs sans papiers de 2006 à aujourd'hui.

Le ton n'était donc pas à la commémoration nostalgique, mais quand même. Il faut entendre Louis Viannet évoquer son émotion le jour où Madjiguène Cissé lui a fait remarquer qu'il était le premier dirigeant national à venir rencontrer les occupants de Saint-Bernard en grève de la faim. Et Annick Coupé rappellant combien il n'était ni évident ni facile d'héberger momentanément dans les locaux de son syndicat des hommes, des femmes et des enfants chassés systématiquement par la police de tous les autres lieux qu'ils occupaient. Pour les syndicalistes, comme pour tous les autres citoyens, qu'ils soient membres de la communauté chrétienne,  militants associatifs, politiques, intellectuels, qui ont connu de telles expériences, en 1996 et dans les années suivantes, ce fut une expérience humaine sans pareil, une prise de conscience, un nouveau regard sur, et un nouvel engagement avec, les migrants.

L'historien Gérard Noiriel contextualise l'évènement "Saint-Bernard", et analyse la dérive xénophobe dans notre société, aujourd'hui, telle qu'elle se manifeste notamment dans la situation indigne des demandeurs d'asile en France et en Europe, et dans laquelle intellectuels et politiques "droitisés"ont une responsabilité majeure.

Francine Blanche, pour la CGT, et Sébastien Peigney, pour Solidaires, montrent que l'angle syndical permet de construire des luttes en identifiant les travailleurs sans papiers d'abord comme des travailleurs, en se servant des acquis des luttes précédentes,- c'est le BA-BA de la lutte de classe- , fussent-ils aussi imparfaits que la circulaire du 28 novembre 2012, reflet du rapport des forces créé par les grèves dans les entreprises et les mobilisations de RESF.

Le témoignage d'Aminata Soumaoro, une des coiffeuses grévistes du 18 boulevard de Strasbourg, est marqué par l'émotion : "Nous ne sommes pas les premièr(e)s, nous ne sommes pas les seule(s)". Emilien Urbach a écrit, dans l'Humanité du jour, un beau et poignant portrait de cette jeune femme de 22 ans, qui vient de remporter une première victoire juridique : "J'ai galéré toute mon enfance et ça a continué en arrivant en France".

Leurs interventions en vidéos :





Des témoignages, il y en a eu plusieurs autres dans la salle, notamment ceux de militants CGT sollicités par des travailleurs sans papiers décidés à s'organiser pour engager la lutte pour leur régularisation et tous leurs droits. Des actions sont porteuses de revendications nouvelles, avec un collectif parisien où se retrouvent des syndicalistes, Droits-Devant, des  sans-papiers en lutte, qui sont parvenus à obtenir des rencontres avec le Ministère du Travail pour demander la régularisation à l'initiative des Inspecteurs du Travail sans exigence d'ancienneté ni de fiches de paie préalables, la suppresion de la taxe pour l'emploi de travailleurs étrangers...Mais le Ministère de l'Intérieur bloque.

Les résidents des foyers commencent  eux aussi à se mobiliser, depuis plusieurs mois,  contre des contrôles de police, contre la volonté de la SONACOTRA ou  de COALLIA de supprimer les espaces et les cuisines communes, de chasser les tavailleurs migrants, avec ou sans papiers, pour récupérer et transformer les chambres afin d'héberger d'autres catégories de la population. Sans oublier les chibanis, travailleurs retraités contraints à d'incessants aller-retours dans leur pays d'origine, sous peine de perdre leur retraite.

Dominique Noguéres, avocate et militante de la LDH a rappellé l'importance des batailles juridiques, à Saint-Bernard et aujourd'hui. Une question qui, sous l'angle des "délits de solidarité", a été au coeur du débat du lendemain, , organisé avec La Cimade et le GISTI, qui fera l'objet d'un prochain billet.

Les films du collectif des cinéastes projetés au cours de la soirée :





lundi 27 juin 2016

Nanterre en colère contre les casseurs de l'hôpital

24 juin 2016. Le comité de défense et de modernisation 
de l'hôpital Max Fourestier de Nanterre ne lâche rien. 

 comitefourestier@gmail.com

Les casseurs du Centre d'Accueil et de Soins Hospitaliers Max Fourestier- le CASH de Nanterre - ne portent pas de cagoules : en costards-cravates ou tailleurs, les bureaucrates de l'Agence Régionale de Santé, exécuteurs des basses oeuvres du gouvernement, n'ont pas besoin de briser des vitres pour démolir la chirurgie, pour ruiner l'hôpital public, pour supprimer des centaines d'emplois de personnels soignants et sociaux, pour contraindre les usagers (ceux qui le pourront) à payer des dépassements d'honoraires dans les cliniques privées... L'application froide de la politique austéritaire de Hollande, Valls,  de leur gouvernement, ne frappe pas seulement Nanterre : ce sont 22 000 emplois hospitaliers qui sont supprimés, en particulier dans des établissements de proximité situés dans des villes populaires, où manquent aussi de plus en plus  les cabinets médicaux du secteur libéral. C'est l'accès aux soins pour tous, le droit à la santé, qui sont sacrifiés, et pas seulement pour les plus démunis que le secteur social du CASH de Nanterre prend en charge.


lire  : http://banlieue-monde.blogspot.fr/2016/06/hopital-debout-pour-la-convergence-des.html

Professeurs de médecine, médecins, universitaires, élu-e-s de la "vraie gauche", syndicalistes, personnels et usagers, manifestent et pétitionnent depuis des années pour défendre et moderniser l'hôpital de Nanterre. La Municipalité propose un projet ambitieux pour ouvrir mieux le site sur la ville.

lire : http://banlieue-monde.blogspot.fr/2015/10/cash-de-nanterre-les-elus-veulent-faire.html

Encore une fois, près d'une centaine de personnes sont venues l'expliquer  à l'occasion de la  soirée Hôpital debout de ce vendredi 24 juin, et elles appellent à faire grandir la mobilisation.
Beaucoup seront dans la rue, mardi 28 juin, entre Bastille (rendez-vous à 14 heures) et Place d'Italie, car la lutte contre la loi de casse du code du travail les concerne, et pas seulement parce qu'elle porte aussi la mort de la médecine du travail...

Vidéo : les interventions du Dr Luc Rozenbaum, président de la Commission Médicale d'Etablissement, du Dr Jacqueline Fraysse, députée Front de gauche de Nanterre et Suresnes, du Dr Jacques Hassin, chef du service hospitalier de liaison sanitaire et social.


mercredi 22 juin 2016

Tous et toutes à la Bastille jeudi 23 juin à 14 heures !


Loi travail : Les organisations obtiennent le respect du droit de manifester

Communiqué CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL
mercredi 22 juin 2016

Le Gouvernement avait franchi un nouveau cap dans sa volonté de bâillonner le mouvement social, en interdisant la manifestation parisienne du 23 juin.
Cette décision représentait une remise en cause grave d’une liberté fondamentale garantie par la constitution : le droit à manifester.
Les organisations ont toujours affirmé leur volonté de manifester pacifiquement.
Après des discussions serrées avec le Ministre de l’Intérieur, les organisations syndicales et de jeunesse ont obtenu le droit de manifester à Paris le 23 juin, sur un parcours proposé par le Ministre de l’Intérieur, ainsi que l’autorisation de manifester le 28 juin, selon des modalités à discuter avec la Préfecture.
Les organisations syndicales et de jeunesse ne se laisseront pas détourner du cœur du problème qu’est le projet de loi travail.
Un projet de loi largement rejeté par une majorité de français, sondage après sondage, mobilisation après mobilisation.
Un projet de loi visant le dumping social, rejeté par la majorité des organisations représentatives du pays et imposé aux forceps aux parlementaires par le 49/3 et la menace de l’utiliser de nouveau.
Les organisations syndicales et de jeunesse appellent les salarié-es, les jeunes,
les privé-es d’emploi et les retraité-es à participer à la votation.
Les organisations syndicales et de jeunesse affirment, depuis le début, leur disponibilité pour faire des propositions concrètes, porteuses de progrès social et de nouveaux droits.
Le Président Hollande n’a toujours pas répondu à notre lettre commune adressée le 20 mai dernier.
Le Président Hollande n’a d’autre issue, pour sortir de cette impasse, que de réunir les organisations syndicales et de jeunesse très rapidement.
Les organisations syndicales et de jeunesse appellent les salarié-es, jeunes,
privé-es d’emploi et les retraité-es à participer massivement aux manifestations des 23 et 28 juin.
Montreuil, le 22 juin 2016

samedi 18 juin 2016

Hôpital debout : pour la convergence des luttes.



L'offensive contre l'hôpital public continue. Dans ce contexte, le Centre d'Accueil et de Soins Hospitaliers (CASH) de Nanterre est plus que jamais menacé. L'Agence Régionale de Santé, exécutrice de la politique du gouvernement, annonce la fermeture de la chirurgie, ce qui porterait un coup fatal à l'établissement. Au mépris des engagements pris, suite aux luttes du comité de défense et de modernisation, qui rassemble usagers, élus de la majorité municipale, députée, médecins, personnels soignants et travailleurs sociaux. Malgré un redressement financier au prix de centaines de suppressions d'emplois. Malgré un projet municipal de rénovation architectural.
Une deuxième initiative Hôpital debout s'organise à Nanterre, soyons nombreux.
La semaine s'ouvre avec des luttes des personnels hospitaliers et sociaux, à l'appel de leurs syndicats, notamment de la CGT, et leurs cortèges sont présents dans les manifestations contre la loi de casse du code du travail, que le Président de la République, Valls et tout le gouvernement socialiste s'obstinent à vouloir imposer par la force, utilisant toutes les forme de violence contre la démocratie, les droits et libertés, n'hésitant pas à instrumentaliser les actes odieux de groupuscules de "casseurs", dans un scénario désormais bien rodé avec la police et les médias.
La casse de l'hôpital de Nanterre n'est pas séparable de cette situation. Des convergences de luttes vont-elles enfin se construire, notamment avec les personnels  de l'AP-HP, malgré le statut atypique du CASH de Nanterre, dont l'autorité de tutelle est le Préfet de police de Paris ?





vendredi 17 juin 2016

Premières impressions d’après congrès

Image de la conférence départementale, à Malakoff
J’ai activement participé , pendant plusieurs mois, aux niveaux de ma « cellule » de quartier, de ma section locale, puis de ma fédération départementale, ainsi qu’avec la commission nationale « lutte contre le racisme, pour l’égalité », à la préparation du 37ème congrès du PCF.

Les textes finalement adoptés, du 2 au 5 juin au congrès national, à Aubervilliers, par la majorité des délégué-e-s : « Le temps du commun, pour un communisme de nouvelle génération » ; « Pour la France, un projet politique de gauche porté par un Front populaire et citoyen » (1), ont tenu compte de la base commune alternative 1, dont j’étais signataire. Le compromis trouvé pour la composition du Conseil national, où sont élu-e-s des communistes dont certains ont défendu des textes différents, a lui aussi permis que prévale le rassemblement dans le respect de leur diversité. Maintenant, respectueux des décisions prises majoritairement, je crois que nous pouvons tous travailler, partout, ensemble et riches de notre diversité, sans esprit de clan ni de chapelle.

Dépasser des contradictions dans une situation complexe

Chacun en a conscience, nous ne sommes pas sortis pour autant d’une situation difficile.
Ainsi, je participe à créer les conditions sur le terrain pour que le questionnaire « Que demande le peuple ? » soit connu et rempli, et permette dès la Fête de l’Humanité, en septembre, d’avoir un point d’étape pour l’élaboration populaire et citoyenne d’un socle de mesures prioritaires à défendre aux échéances de 2017.  Distribuer en même temps les 5 « questions essentielles » qui ont été retenues par le congrès, ça aidera sans doute.  Je continue de penser cependant que si nous avions proposé au départ que ce soit une campagne commune pour des assemblées et ateliers du Front de gauche à relancer, pour toutes celles et tous ceux qui veulent et cherchent une alternative de gauche au PS néo-libéral , qu’ils soient électeurs, militants PS, EELV, syndicalistes, associatifs ou « simples » citoyen-ne-s, votants  ou abstentionnistes aux élections depuis 2012, en mettant en même temps en débat ce qu’il faut actualiser dans l’Humain d’abord, ça aurait été plus crédible pour créer une dynamique rassembleuse.

Et nous n’aurions pas laissé Mélenchon faire « cavalier seul », en ce qui concerne les organisations politiques, pour la présidentielle. Je respecte les opinions et engagements des communistes qui le soutiennent, qu’ils soient adhérents au PCF ou l’aient été. Mais je le redis : si je devais  me résigner aujourd’hui à faire cette campagne, sans avoir tout tenté pour qu’un(e) candidat(e) commun(e) à toutes les forces de la gauche alternative,  que ce soit Jean-Luc Mélenchon ou un(e) autre, porte des propositions construites ensemble, avec les citoyen-ne-s, et en rupture avec le néo-libéralisme comme avec  le nationalisme, avec la monarchie élective, c’est que nous aurions échoué, quelles que soient les intentions et les valeurs affirmées,  à sortir du moule mortifère de la cinquième république. En même temps, sans se laisser enivrer par les mirages des sondages, il est réconfortant de constater que, au-delà de ses électeurs à la présidentielle de 2012, des acteurs d’un puissant mouvement social, qui enfin se construit, mettent leurs espoirs dans celui qui a porté les couleurs du Front de gauche. Mais l’objectif reste encore loin, pour qui espère qu’un tel candidat puisse passer le premier tour et gagner au second, face à une droite et à son extrême lepéniste, renforcées par le désastre de la politique du parti socialiste au pouvoir qui détruit la gauche, désespère son électorat, renforce le rejet de la politique telle qu’elle est « offerte » et mise en œuvre.

Je partage pleinement la nécessité, affirmée par le congrès, de consacrer sans attendre nos efforts à la préparation des législatives. Au-delà de l’importance d’avoir un bien plus grand nombre de députés communistes et Front de gauche, donner au Parlement de réels pouvoirs, avec des élu-e-s qui ne rendent pas des comptes au Président, quel qu’il soit, mais aux électeurs, au peuple, sur la base d’un programme élaboré démocratiquement, c’est une des nécessités pour changer la politique et changer de République.  J’aurais voulu que notre démarche nationale pour cette préparation soit plus précise, afin de revitaliser le Front de gauche, l’élargir, d’en faire, dans la proximité, une composante essentielle d’un Front populaire et citoyen, alors que, – si j’ai bien compris – la désignation des candidats aux législatives, c’est l’affaire du/des parti(s), au cas par cas. Il n’y aurait votations citoyennes à l’automne sur les « questions essentielles », puis s’il le fallait « primaires » ou autres modalités similaires, que pour le ou la candidat(e) à la présidentielle, si j’ai bien lu le texte adopté par la majorité des congressistes .

Quel(s) outil(s) politique(s) pour un « communisme du XXIème siècle » ?

Pas de malentendu : je suis de ceux qui sont pour le renforcement du PCF, pas pour sa dilution. Je pense d’ailleurs avoir contribué à faire nombre d’adhésions, même si trouver ensuite du sens et de l’efficacité à leurs adhésions pour des personnes dont les identités, les cultures, les luttes et centres d’intérêt ne se coulent pas d’évidence dans le PCF tel qu’il est et fonctionne, c’est souvent difficile. J’ai aussi « mouillé ma chemise » pour qu’existe un collectif actif de communistes dans mon « quartier populaire », et je suis content que des nouvelles forces s’y soient mises. J’ai toujours fait campagne pour que, quelle que soit la configuration politique, nous ayons le plus d’élus communistes – et Front de gauche - possible. Je reste cependant sur ma faim, après le congrès, quant aux réflexions sur le rôle des partis politiques, surtout bien sûr du nôtre, dans la construction d’une dynamique populaire majoritaire, qui implique non seulement luttes et mouvement social, mais aussi ouverture d’espaces où les « gens », les citoyens, puissent réellement s’emparer de la politique, en maîtriser toutes les problématiques et décisions. Des résolutions ont été prises pour le fonctionnement du PCF. J’aurais voulu qu’elles le « révolutionnent » bien davantage, que l’accent soit mis sur le « bas vers le haut », sur la richesse des réseaux, de l’ « horizontalité », des cultures, des expériences, des diversités des adhérents et des « ouvertures » aux « autres », et que nous nous débarrassions  avec plus d’audace, et réellement, à tous les niveaux, de toute conception de  parti d’avant-garde  des « 99 % »,  auquel les autres se rallieraient.

Avançons, on bougera sans doute en marchant, et j’espère que les discussions et les actions  collectives feront que nous saurons, les uns et les autres,  dépasser nos contradictions.

La lutte contre le racisme et la xénophobie, comme question politique de premier plan : on a du travail !

Il est heureux que le paragraphe qui résume ce qui fait consensus dans le travail de la commission antiracisme-égalité figure dans « Le temps du commun », que l’adjectif « islamophobe » décrive une des formes, comme l’antisémitisme et toutes les autres, du racisme qu’il faut combattre dans sa globalité. Et qu’en plusieurs occurrences cette lutte – contre le racisme et les discriminations - soit évoquée dans d’autres passages du texte, et qu’il ait été rétabli que nous voulons le droit de vote pour les résidents étrangers. Mais je remarque que parmi les questions prioritaires pour l’action, pour les formations, les débats à organiser, si l’égalité femmes-hommes tient légitimement sa place, nulle part n’apparaît la question de la lutte contre le racisme. Cela n’empêche pas que nous restions disponibles, avec la commission nationale, pour continuer les rencontres que nous avions commencées avant et dans la préparation du congrès.

Les réfugiés, les luttes des migrants, les sans-papiers, la « liberté de circulation », sont évoqués en plusieurs occurrences dans le texte. Dommage que la régularisation des « sans-papiers qui vivent, qui travaillent, qui étudient ici » , pas plus que d’autres amendements qui précisaient que faire cesser les guerres et autres causes des exils forcés,  ça n’arrêtera pas les migrations, qui, loin d’être toujours et seulement des malheurs, sont des apports, aussi pour construire de véritables co-développements dont les migrants, avec la liberté d’aller et venir, soient des acteurs, ou encore écrivaient que les migrations, irrépressibles, sont constituantes des progrès des civilisations, n’aient été retenus. Cela aurait réaffirmé encore plus clairement nos engagements. Je n’en reste pas moins disponible pour continuer, avec notre collectif/réseau Migrations-citoyenneté 92, notamment nos actions de soutien aux sans- papiers, à leurs luttes, en lien avec des élu-e-s et de nombreuses organisations, syndicales, associatives, politiques...
Sur ces questions, dans le respect évidemment de la spécificité de chacune des organisations, mon engagement politique dans le département, et mon engagement associatif, vont de pair.

(1)    Les textes adoptés, la composition du Conseil national, sont publiés et accessibles à tous sur le site du PCF, ainsi que le comité exécutif national élu le 17 juin par le conseil national.


question de civilisation




Ce matin, sur le marché Nanterre-préfecture, en liesse pour l'Euro, point de rencontre, comme chaque vendredi, des communistes du quartier,  avec l'Humanité-dimanche, les bons de soutien et d'entrée à la fête de l'Huma, les tracts pour Hôpital debout,  les manif ' à venir... et les questionnaires du PCF  "Que demande le peuple ?"

Question subsidiaire : pouvez-vous citer un progrès de civilisation ?

Réponse : autrefois, les empereurs romains de la décadence calmaient le peuple avec  du pain et des jeux,  alors qu'aujourd'hui notre président de la déchéance tente de le faire avec des jeux et des pains.

jeudi 16 juin 2016

Dans la manifestation du 14 juin contre la casse du code du travail : on lâche rien ! Et les 23 et 28 juin, on manifeste encore...

Il voulait vraiment que la photos soit prise.
Elle est enceinte, m'expliqua-t-il, alors je
manifeste avec son image, pour mon fils
qui va naïtre dans quelques mois...

voir, télécharger 200 photos de la manif'
Avenue des Gobelins, devant la Manufacture où les salarié-e-s tiennent un des nombreux points de ravitaillement (à prix libre, toutes les recettes sont pour les caisses de grève), dès 13h15, les cortèges s'avancent, se lancent, et piétinent.


Les banderoles des régions et départements sont communes aux syndicats CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, auxquels d’ajoutent souvent aussi les sigles du PCF, d’Ensemble, du Front de gauche, parfois du NPA…Une multitude où se côtoies et se mêlent les accents, les générations, les étudiants, les ouvriers, les enseignants, les privés d’emploi… toutes celles et tous ceux qui font peuple. Fumigènes et pétards scandent la colère, des cris et des pancartes fustigent la trahison de Hollande et Valls, du PS. Tout le monde déteste la « loi travail », exige son retrait. Gendarmes et CRS barrent toutes les rues adjacentes, mais on les ignore, pas de casseurs dans cette foule.

 

Après le passage de l’imposant cortège des dockers, je remonte à contre-courant vers la place d’Italie, d’où émerge la banderole des lycéens, des étudiants, de la jeunesse, suivie par des centaines et des centaines de fanions de la Jeunesse communiste, de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne.


Plus de deux heures après le départ du carré de tête, je me demande en effet si un itinéraire bis n’a pas été ouvert pour les manifestants de la région parisienne. Mais non, ils sont toujours là, le centre de la place est occupé par une foule compacte, avec quelques trouées pour des prises de parole, de la musique, des performances artistiques, des sandwiches et des boissons…


 Les derniers ne partiront pas avant plusieurs heures…tous n’auront pas cette patience, beaucoup se seront faufilés aux côtés de camarades et d’amis de province, les moins en forme se résigneront…
C’est place d’Italie que j’apprends que des provocations ont lieu moins de trois kilomètres plus loin, que les casseurs annoncés sont bien au rendez-vous, que selon un rituel désormais bien rodé la police coupe la manifestation, gaze et utilise même des canons à eau, sans pour autant venir à bout de quelques centaines d’énergumènes qu’elle a laissé auparavant agresser des forces de l’ordre et des syndicalistes arrivés en car, casser un hôpital.. . Des membres de ma famille, je l’apprendrai plus tard, ont dû se réfugier dans une petite rue, et les photos qu’elles ont prises juste avant sont éloquentes.


Evidemment, les télés sont là-bas, pas avec le gros du cortège, et prêtes à avancer les nombres ridiculement sous-estimés de manifestants, dictés par le Ministère de l’Intérieur. Mais ce grotesque-là ne peut pas faire rire :  on sent un mépris, une haine de classe, dont la CGT et son secrétaire général sont les premières cibles, et qui n’est pas sans rappeler des heures sombres. 


Violences des casseurs et violences policières, dans l’ordre qu’on voudra, servent à la même chose : tenter de faire plier le peuple, semer la peur et la haine. D'autant qu'ensuite, le soir, leur cible a été la place de la République, nouveau  coup porté à Nuits debout. Les propos de Manuel Valls, et le discours des médias inféodés à l'oligarchie, confirment aussitôt qu'il s'agit sans doute possible d'une nouvelle étape de l'offensive contre les droits et libertés, pour imposer contre la volonté du peuple la casse des acquis des luttes qui empêchent la mise en place totale des politiques voulues par le MEDEF et "la finance", utilisant pour cela toutes les violences  possible, qu'elles soient idéologiques, politiques, policières et/ou groupusculaires et néo-fascisantes.

Mais revenons à la vraie manifestation. Vers 16 h, je rejoins le point de rencontre du Front de gauche. Après avoir distribué des autocollants, je fais des vidéos, à cet endroit où élu-e-s et militant-e-s du PCF et d’Ensemble se partagent la rue, où la manifestation observe une sorte de mi-temps, où les rangs s’écartent, avant que les cortèges cherchent - et trouvent - un second souffle  :





« On lâche rien » est la chanson la mieux partagée, et pas seulement par les militant-e-s de SUD-Solidaires, alors qu’enfin, il est 17h, les premiers cortèges parisiens, avec celui de la FSU Ile-de-France, commencent à défiler boulevard de Port-Royal.



Je retrouve enfin la banderole de Nanterre :



 derrière laquelle je défile jusqu’à la gare de Port-Royal


Je ne suis pas (trop) fatigué, mais Il est plus de dix-huit heures, et je dois rentrer dans ma banlieue. Le maire en effet a décidé de tenir réunion, à 19 heures précises,  avec  bailleurs sociaux et représentant-e-s des amicales des locataires, pour présenter son projet, déjà semble-t-il décidé, de vider des Tours Aillaud de cinq centaines de leurs locataires, au nom de la « mixité sociale », et pour que l’Etat finance la rénovation du quartier, des démolitions ou des changements d’affectation de logements sociaux en étant la condition…Un autre front de la lutte des classes, qui fera l’objet d’autres billets sur ce blog…

Pour l’heure, la priorité reste plus que jamais au tous ensemble pour arracher le retrait de la loi de casse du code du travail, à la préparation des prochaines manifestations des 23 et 28 juin, que le Président, le Premier et les autres ministres de la déchéance, avec l’appui du secrétaire national du Parti socialiste et de tout ce que la France compte de réactionnaires, prétendent interdire !


samedi 21 mai 2016

Un jour viendra couleur d'orange


Les mots manquent pour décrire la soirée du 18 mai à P'Arc-en-Ciel, organisée avec le Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples et le collectif du Mois de la Résistance à Nanterre.
Qualité de la lecture par Eve Dadiès, d'extraits des livres de Charles Palant et d'Henriette Kermann, en dialogue avec Yolande Traimond, fille d'Henriette Kermann 
Qualité de l'écoute et de l'émotion de l'auditoire



Ecoutez la suite, et la fin, de la lecture.
Réconfort autour d'un modeste mais chaleureux buffet. Avec dégustation d'un peu de vin d'orange, venu de Villeneuve-lès-Avignon, sous le poétique prétexte que Charles Palant cite en ouverture de son livre cette strophe d'Aragon :
Un jour pourtant, un jour viendra couleur d'orange,
Un jour de palme, un jour de feuillage au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche


extraite d'un poème en hommage à Federico Garcia Lorca, assassiné par les fascistes, en 1936. Jean Ferrat en a fait une chanson.

Prochain rendez-vous à Nanterre avec le MRAP : mardi 31 mai, à l'Agora, à 19h30, pour la  conférence-débat avec des chercheurs, des membres de la CNCDH - dont Bernadette Hétier, présidente honoraire et membre du bureau exécutif du MRAP, présente le 18 mai -, qui viennent de publier leur rapport, fondé sur des données de 2015, sur le racisme, aujourd'hui.


dimanche 15 mai 2016

Les poètes répondent : Résistance !

La maison d’édition Bruno Doucey permet à tous d’entrer en poésie, avec une floraison de textes d’hier et d’aujourd’hui, écrits en vers ou en prose, dans leurs langues d'origine, et une traduction en français.
Les poètes ont donné vie à deux très belles soirées, au centre social et culturel P’Arc-en-Ciel, conjuguant la résistance au présent, et une troisième est en préparation, en partenariat avec le MRAP, pour mercredi 18 mai…

11 mai : résistance et poésie sans frontières


« Résister par l’art et la littérature » : les panneaux de l’exposition réalisée par le Musée de la Résistance Nationale de Champigny embrassent les poètes et leur auditoire.


 L’éclatant sourire de Maram al-Masri contraste avec l’ombre qui mouille son regard. C’est peu dire, que sa poésie est vivante. La belle langue arabe de Syrie émeut aux larmes, avant même que la traduction, faite par l’auteure et lue par son amie l’écrivaine et éditrice Murielle Szac, ne mette en mots pour tous, en apparence si simples, la résistance de l’« exilée d’un pays-blessure qui saigne en elle » :  





« L’avez-vous vu ?
Il portait son enfant dans ses bras
et il avançait d’un pas magistral
la tête haute, le dos droit
Comme l’enfant aurait été heureux et fier
d’être ainsi porté dans les bras de son père
Si seulement il avait été
vivant »

C’est le poème qu’elle a choisi de donner à voir en lettres blanches, en page quatre de la couverture de Elle va nue, la liberté, titre écarlate de son noir recueil, publié en 2013.

C’est encore un enfant, le sien cette fois, le sujet de Le rapt, encore plus récent. Cet enfant qui lui a été enlevé, arraché, quand il n’avait que dix-huit mois, par son mari, pour la punir, elle l’a retrouvé à Paris, jeune homme de vingt-quatre ans. C’est pour retisser le lien d’amour filial, qu’elle s’est résolue à publier l’intimité des mots qu’elle écrivait pour lui, toutes ces années…

« J’avais un enfant
je l’ai caché dans mon ventre
Il a partagé mon corps
je l’ai nourri de mon sang
je lui ai fait partager mes rêves
J’ai chanté pour lui, il souriait
Je l’ai porté, il cessait de pleurer
Ils l’ont arraché à mes bras
J’ai cessé de chanter. »

Le titre est bleu sur fond couleur d’orange :  écoutez Maram.

Maram al-Masri. est sœur de tous les siens, restés dans son pays ravagé par un tyran assassin de son peuple, tant et plus encore que par les tueurs fanatiques de Daech. Elle est sœur des femmes, des enfants, des hommes, qui souffrent et meurent sous les bombes et les tortures, sœur des exilés, des réfugiés. Mais sa voix n’est pas que déchirure, elle est aussi engagement et espérance. Ecoutez « Je veux préparer un monde… ».

Maram al-Masri est franco-syrienne : qu’elle vive, « binationale », ici, nous ferait presque oublier le vent mauvais qui souffle dans notre pays… jusqu’à ce qu’elle raconte comment quatre policiers l’ont « serrée », sans raison, comme ça, dans un train, pour un contrôle : sans doute parce que la belle Maram est arabe, alors, qui sait, peut-être musulmane, aussi présumée suspecte donc que les jeunes du quartier…

13 mai : poésie et résistance sans frontières

Roja Chamankar, elle, vit en Iran.



Pour la deuxième soirée, le cadre a changé : les panneaux de l’exposition des Amis du musée de la Résistance de Chateaubriant, « Résister par l’art et la culture 1940-1945 », sont nos complices.

 Roja Chamankar est en apparence menue et discrète. Il faudra du temps pour que son sourire fleurisse. Ses études entre Strasbourg et Téhéran, son talent de cinéaste, et surtout de poète, ont fait tomber des murs : elle a une carte permanente de résidente, situation exceptionnelle qui lui permet d’aller et venir sans tracasseries de l’administration française. Mais elle a l’air pourtant, comme dans son poème Funambule, de « marcher sur un fil », toute en pudeur et retenue. C’est une amie qui répond d’abord pour elle aux questions.

 Et puis, tel un grand frère protecteur, c’est Bruno Doucey, poète et éditeur, qui commence, tournant le mot « résistance » dans tous ses sens, avec ou sans majuscule, racontant comment pour lui, ancien directeur des éditions Seghers, coulées par des marchands, résister c’est écrire et c’est publier, en bilingue, de la poésie, d’hier et d’aujourd’hui, c'est faire vivre « les mots de résistance qui voyagent au-delà des frontières », cette poésie immortelle, si ancienne et si actuelle, parce qu’à jamais inachevée.

Alors les gorges se dénouent, et Roja Chamankar révèle sa force, l’énergie rebelle des mots de sa langue persane. Je ressemble à une chambre noire, annonce, en lettes d’or sur fond rouge tendre, le titre de son recueil, publié l’an dernier, et c’est en blanc qu’en quatrième de couverture est écrit :

« À nous
Les gants noirs et silencieux
À nous
Les mensonges faciles
À nous
Les exécutions en masse
À nous
La patrie en déroute
À nous
Les manches de couteaux
Tu sais
Ô combien le goût de l’eau est amer. »





Le dernier recueil de Bruno Doucey, à la couverture toute en nuance de bleus et de rose, vient de paraître. C’est pour Ceux qui se taisent que le poète donne de la voix : pour les habitants d’un village grec, pour un ami qui se meurt, pour une mère dans une cité de banlieue…

 « J’en pleure
Les quatre points cardinaux
ne lui suffisaient pas
Il a fallu
qu’il en trouve
un cinquième 


et qu’il enferme
cinq fois par jour
tous les horizons de sa vie
dans le corps d'une seule
femme vêtue de noir »

N’allez pas croire pourtant que l’univers de ces poètes soit tout entier envahi par la noirceur de notre temps. Ils savent aussi mettre en mots l’amour et la foi dans l’avenir de l’humain, comme tous les vrais résistants. Ecoutez donc  Bruno et RojaRoja et Bruno.
Ecoutez aussi Jeannine Perez, une de nos poètes nanterriens, qui a choisi de lire un texte écrit lors de visites de camps de concentration, après sa rencontre avec des survivants.



voir d'autres images des 11 et 13 mai


18 mai : des lumières d’hier pour dissoudre les monstres d’aujourd’hui et éclairer l’avenir…

La troisième et dernière soirée à P’Arc-en-Ciel, dans le cadre du Mois de la Résistance à Nanterre, sera la lecture-hommage, par la comédienne Eve Dadiès, d’extraits des livres écrits par deux Résistants déportés, qui n’étaient pas des écrivains, mais dont les mots et les actes sont de sublimes messages d’amour, de courage, de résistance :