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40 mars 2016, Place de la République, Paris

40 mars 2016, Place de la République, Paris
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Pour nos droits et libertés

Nanterre en colère

Nanterre en colère

On lâche rien !

On lâche rien !

Bon de soutien et d'entrée pour les 3 jours en vente militante : 25 euros

Bon de soutien et d'entrée pour les 3 jours en vente militante : 25 euros

mardi 23 août 2016

...toujours tu chériras la mer



L’été du quatre-vingtième anniversaire du Front Populaire aurait pu être celui d’une commémoration populaire unanime : celle de la conquête des congés payés. L’arrivée à la plage, à la mer, de catégories sociales qui n’y avaient pas accès auparavant, aurait pu être partout fêté. Quelle plus belle image de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, en effet, que ces hommes, ces femmes, ces enfants dans la chaleur du soleil et dans la fraicheur des vagues ?

Gouvernants et médias auraient pu ringardiser les campagnes des riches qui dénonçaient en 1936 l’invasion de « leurs » plages par des « salopards en casquette », et s’indigner que les « ghettos des riches » et le racisme social, dénoncés par les sociologues Pinçon-Charlot, soient encore loin d’appartenir au passé.

Gouvernants et médias auraient pu s’inquiéter que tant de familles, en 2016, ne puissent pas partir en vacances, et se mobiliser, comme le font des municipalités, des comités d’entreprises, des associations comme le Secours Populaire ou des communistes dans des banlieues, pour que ce bol d’air, ce bonheur, ne serait-ce que le temps d’une journée, soit un bien commun mieux partagé.
 
Les gouvernants et les médias auraient pu s’insurger contre la privatisation, le bétonnage, les pollutions, contre tout ce qui porte atteinte à l’accès libre et gratuit à la mer, tout ce qui menace le littoral, tout ce qui détruit la vie marine et les ressources de la planète.

Gouvernants et médias auraient pu sensibiliser l’opinion à l’horreur, au scandale de la transformation de mers, de la Méditerranée à l’archipel des Comores, en cimetières, et de zones côtières en camps , en centres de rétention et de tri, pour des dizaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants, qui, migrants, réfugiés, ou demandeurs d’asile, souffrent et meurent aux frontières de l’Europe, ou pour la très grande majorité d’entre eux, non loin de leurs pays d’origine ; expliquer pourquoi il faut d’urgence, sans attendre, ouvrir des voies d’accès légales et sécurisés aux arrivants ; pourquoi il faut  se mobiliser pour arrêter les guerres et les pillages, en finir avec les terrorismes d’Etats et de bandes criminelles ; avec toutes les formes de racisme et de xénophobie ; avec les lois, décrets et circulaires qui créent des « sans-papiers » .

En un mot, ils auraient pu, saisis d’un miraculeux élan de sincérité autocritique, profiter du 15 août pour lancer débats et réflexions sur des alternatives à la politique qu’ils imposent, qu’ils prétendent seule possible, et dont la majorité de la population se rend compte qu’elle conduit à plus de régressions sociales, d’inégalités, d’injustice, de violences et de désastres. Car les vacances sont des temps libérés de contraintes, des moments possibles de réflexion, de conscientisation, de contacts et d’échanges avec un cercle plus large de ses concitoyens. Mais c’est un moment aussi où on a envie de vivre un peu tranquille, d’échapper à ses angoisses et à celles du monde, de réparer ses forces. Alors gouvernants et médias auraient pu, après les horribles déchirures des attentats criminels de juillet, profiter du moins d’août pour réparer notre tissu social.

Ils auraient pu célébrer la belle image du vivre ensemble, de tolérance, de respect des différences, que présente la grande diversité des façons dont on s’habille ou on se dénude sur les plages : textile ou naturiste, pudeur ou nudité, hédonisme ou rigorisme…
« Homme -et femme- libre, toujours tu chériras la mer » : quels éléments de communications profonds, quelles riches analyses de nos psychés et de nos destinées communes, aurait pu inspirer ce poème de Baudelaire (1) !

Gouvernants et médias auraient pu soutenir la cause des femmes, en montrant la grande diversité, affichée dans leurs tenues de bain, de façons de revendiquer que leurs corps leur appartiennent ; de se révolter contre la domination patriarcale, contre la marchandisation de l’érotisme ; d’affirmer leurs personnalités singulières, ou leurs identifications plurielles avec des canons dictés par la mode, et, ce qui ne saurait être plus critiquable, par leurs croyances, religieuses ou autres.

Mais ils ont fait le choix inverse. Celui d’emboiter le pas à la droite et à son extrême, lesquelles, faute de réelles divergences avec la politique économique et sociale actuellement menée, font des migrants et des musulmans leurs boucs émissaires, et appellent les réacs de toutes les chapelles à une nouvelle manif « pour tous » en octobre.

La relance, encore une fois en ciblant des femmes, de la campagne islamophobe, ne peut que faire le jeu de tous les fanatismes, de tous les extrémismes, de tous les terrorismes. Stigmatiser une religion – et une seule -  dont une lecture et une pratique « intégristes » suffirait à métamorphoser des jeunes en monstres assassins, c’est banaliser l’islamophobie qui est une forme de racisme (2), c’est passer à côté de toutes les analyses sérieuses et de toutes les mesures à prendre, en France et sur le plan international, pour gagner la paix, pour reconstruire un vivre et lutter ensemble, pour redonner espoir en un avenir commun.

(1)
Charles BAUDELAIRE  (1821-1867)

L'homme et la mer
Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes ;
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !


(2) ACTE RACISTE : Traitement différent et défavorable réservé à une personne (par rapport à une autre se trouvant dans une situation comparable), en lien avec son origine, sa religion ou son apparence physique.  http://www.egalitecontreracisme.fr/ce-que-dit-la-loi

jeudi 18 août 2016

FRUCTIDOR ? (2)



Voir d'autres images de l'initiative de ce matin, au Petit-Nanterre et près de la gare Nanterre-Université. La  joie de militer, solidaires des agriculteurs exploitants familiaux du MODEF du Lot et Garonne, de permettre à des familles populaires, à des salariés de notre ville, d'avoir de bons produits à prix abordables. Un rendez-vous attendu, à deux semaines de la rentrée, pour se retrouver, discuter entre communistes, et avec d’autres militant-e-s, pour préparer une rentrée dynamique.
  Il nous reste quelques kilos de nectarines, poires et tomates, sur la tonne et demie de fruits et légumes dont nous disposons : nous allons samedi en faire profiter des habitants du Chemin de l'Île...rendez-vous à 10h près de la mairie de quartier.


Pour en savoir plus sur nos motivations :

            Le numéro 8 de la revue du Progressistes


mercredi 17 août 2016

FRUCTIDOR ?



Vous êtes en fructidor, an CCXXIV, quand vous lisez ces lignes. Ou si vous préférez, entre le 134 et le 155 mars 2016, lequel sera le jour d’ouverture de la fête de l’Humanité.

Fructidor : ainsi avaient nommé le dernier mois du calendrier révolutionnaire des savants et poètes utopistes, qui voulaient radicalement bousculer l’Histoire : leur An Un commençait le jour de la proclamation de la République, le 21 septembre 1792. 
Les paroles de Fabre d’Eglantine sonnent encore, avec toute leur audace, leur force et leur candeur, malgré l’usure des mots de l’époque :

" La régénération du peuple français, l'établissement de la République, ont entraîné nécessairement la réforme de l'ère vulgaire. Nous ne pouvions plus compter les années où les rois nous opprimaient, comme un temps où nous avions vécu.  Les préjugés du trône et de l'église, les mensonges de l'un et de l'autre, fouillaient chaque page du calendrier dont nous nous servions. Vous avez réformé ce calendrier, vous lui en avez substitué un autre, où le temps est mesuré par des calculs plus exacts et plus symétriques. "



La révolution fut cruelle pour Fabre d’Eglantine, impitoyable pour André Chénier, ingrate pour Romme.  N’empêche que leur temps nouveau dura tout de même douze ans et trois mois, de son adoption, le 14 vendémiaire an II, jusqu’au 1er janvier 1806. Et huit des onze créateurs du calendrier révolutionnaire et républicain survécurent au rétablissement du calendrier grégorien par Napoléon Bonaparte. 

Aucun bien sûr ne vit l’éphémère printemps de la Commune de Paris, ni ne lurent les décrets ni les quelques numéros du Fils du PèreDuchesne illustré, qui redonnèrent vie à leur utopie le temps d’un floréal an LXXXIX. Et puis comment être sûr qu’ils auraient été du bon côté de la barricade dans cet assaut du ciel qui ne dépassa pas prairial ? Ce qui est sûr, c’est que le treizième fructidor n’eut jamais lieu. 






Mais comment imaginer que nous vivrions en cette fin d’été la saison où la saveur des fruits dépasse la promesse des fleurs ? Quant à penser que le 31 mars 2016, où après une grande manifestation, la naissance de Nuits debout, place de la République, aurait inauguré un printemps ininterrompu des peuples, il faudrait être des plus radicalement utopistes pour se risquer à en faire foi.
 
Il ne suffit pas de subvertir les mots ni d’en inventer de nouveaux, pas plus que d’imposer le décompte décimal des jours ni de décider de la date de naissance d’une période nouvelle de l’Histoire, pour que les temps changent. D’ailleurs, la révolution de notre planète était rebelle à la gouvernance par les nombres des intellectuels révolutionnaires de 1793 : douze fois trois décades ne font que trois-cent soixante jours. La solution : ajouter une sans-culottide de cinq ou six jours, pour dompter, presque, le cours du temps.

Vous vous demandez donc quelle mouche m’a piqué en ce mois finissant d’août-thermidor, si lourd d’une actualité brûlante et de lendemains d’avance désenchantés, à vagabonder ainsi dans les utopies de la République naissante ?  C’est que je cherchais une accroche pas banale, pour un banal article, quelques signes dans un bulletin communiste, à propos de la rentrée qui vient.

lithographie de Carl Henning Petrsen

Soudain, fructidor ? est venu, comme ça, gorgé de saveurs, du bonheur d’une récolte succulente, de l’amour d’une nature généreuse, de la récompense d’un travail fécond. Un titre interrogatif, comme un défi de possible malgré tout, comme une ironique amertume sur une planète dont on épuise les ressources vitales pour l’espèce humaine, une Terre sur laquelle depuis une semaine déjà notre civilisation vit à crédit.

Fructidor ? ça sonne comme un rappel qui bat, un appel à ne pas se laisser abattre.



Ceux qui malmènent le monde asservissent l’Humanité laborieuse dans leurs algorithmes, massacrent la politique dans leur société du spectacle, broient les mots dans leurs discours tordus. Ceux qui tiennent le pouvoir, d’Etat, de la Finance, des Médias, savent combien le contrôle du temps est important.  Vous êtes archaïques, le monde a changé, nous sommes en retard sur nos concurrents…Vite il faut des réformes. Pour qui, pour quoi ? pas de temps à perdre en palabres. La démocratie c’est voter tous les cinq ans, pour un président et sa majorité, entre temps quelques scrutins-intermèdes, mais pas de temps à perdre : les experts des cabinets et commissions font l’opinion en direct, et les sondages disent instantanément l’opinion. Leur marché des mots doit être aussi fulgurant que celui de la finance : l’immédiateté de l’émotion plutôt que la lenteur du raisonnement, persuader plus tôt que convaincre.  Les maîtres de la novlangue savent y négocier l’inflexion de leurs éléments de langage.  Le travail ? un coût à réduire ; les cotisations sociales ? des charges ; les pauvres ? des profiteurs ; le changement ? réformer pour mieux exploiter ; les armes de la guerre ? c’est bon pour l’économie, l’ordre, la sécurité et la paix…

lithographie de Paul Wunderlick

C’est à la racine qu’il faut changer de calendrier et de république, de mots et de discours, pour changer radicalement le cours des choses mortifères de notre temps. Mais voilà que  radicalisation est devenue le nom de la force du mal.  Se radicaliser ce serait se métamorphoser en assassin terroriste, ensorcelé par des discours intégristes, haineux et nihilistes aux accents religieux. Nos gouvernants, et d’autres qui à droite et à son extrême veulent prendre leur place, nous mobilisent pour une guerre contre des signes : vêtements ostentatoires, discours inciviles, faciès suspects. La laïcité, dans leur novlangue, c’est l’islamophobie. Penser autrement, ce serait être un traitre aux valeurs de la République, ou un idiot utile à l’ennemi. Pourquoi cette manipulation d’éréthisme ? Pour faire diversion, diviser, désigner des boucs émissaires, étrangers ou mauvais français d’origines douteuses. Remplacer dans les cerveaux l’image de la lutte de classe, réelle, par l’image, mythique, d’une identité en souffrance, à défendre contre « l’autre ». Mais pas seulement : la machine à déradicaliser est prête à faire passer à la trappe ceux qui échappent à d’autres discours-pièges, qui ne croient pas à la religion du néo-libéralisme, qui résistent et manifestent, qui élaborent des propositions radicalement hétérodoxes.

Fructidor ? c’est l’invocation du pouvoir des mots, l’espérance folle de conquérir la maîtrise des temps et des discours, l’appel à la rébellion contre la dictature des puissants.
Mais comment, en un feuillet, expliquer Fructidor ?  Et puis les mots du passé ne peuvent éclairer l’avenir que ,si ,aujourd’hui on résiste et on invente. Résister, inventer : voilà enfin trouvé un titre pour le papier qu’on attend de moi, qui pourrait donner quelque chose comme ça :



Résister, inventer


En cette rentrée, l’avenir est incertain. Le rapport des forces semble en faveur de ceux qui veulent que rien ne change, sinon en pire. Selon nos « gouvernants », il n’y aurait pas d’alternative possible à gauche.  Entre la droite « décomplexée » et son extrême, entre ceux qui, à la tête de l’Etat, trahissent les valeurs de la gauche, et la droite, leurs mots et leurs actes, au fond, se ressemblent. Rien à attendre alors de 2017, sinon reconduire les mêmes, ou encore une alternance, entre ceux qui sont au pouvoir, et ceux qui veulent prendre - ou reprendre – leur(s) place(s) ?
Libérer la parole et le pouvoir d’agir, c’est urgent.  Nous vivons un temps déraisonnable où le nouveau tardant à naître, surgissent des monstres. Nous vivons une période de crise, du local au mondial, où les choses ne peuvent plus rester ce qu’elles sont, ni redevenir ce qu’elles étaient. Au-delà de telles formules, au-delà des slogans, pour que les leçons du passé éclairent les questions d’avenir, il faut résister et inventer. La montée du mouvement social, des luttes de classes – inséparables des luttes pour l’égalité, les libertés et les droits des personnes humaines, sans racisme, sans discrimination – le printemps des Nuits debout, montrent que nombreux - et divers – sont celles et ceux qui sont disponibles pour bousculer l’oligarchie et ses institutions, pour raviver la démocratie.
La bataille engagée contre la loi de casse du code du travail est emblématique. Une nouvelle manifestation se prépare pour le 15 septembre. L’expertise collective du monde du travail, des citoyens, est plus forte que tous les mensonges des médias inféodés au monde de la finance. Donner encore plus de pouvoir pour faire travailler plus et gagner moins, pour licencier, à des patrons qui privilégient les gros actionnaires, les placements financiers, la mise en concurrence des salariés en France et dans le monde, ce serait bon pour l’emploi ? Comment croire de telles balivernes, quand le nombre de chômeurs continue de croitre, alors que des dizaines de milliards supplémentaires, ponctionnés dans des dépenses de services publics, leur ont été offerts, à ces patrons, depuis 2012, pour créer « un million d’emplois » ? Bien sûr qu’il est possible de faire autrement ! Elaborées avec des économistes, des syndicalistes, et pas seulement des communistes, des propositions existent, et inspirent déjà des luttes, pour une sécurité d’emploi et de formation, pour de réels pouvoirs des salariés, pour que l’argent soit investi dans le développement des capacités humaines, pour répondre au défi des nouvelles technologies, à l’urgence écologique.

 Investir dans la jeunesse, l’éducation, est déclaré prioritaire. Mais le système scolaire est en crise. Le manque de places dans des filières, la mise en concurrence des universités, le coût de la vie étudiante, renforcent la sélection sociale. Mais c’est à tous les niveaux que le système est sélectif et inégalitaire, au détriment des enfants des catégories populaires, que l’école de l’égalité est à construire.   Un appel à la grève est lancé pour le 8 septembre dans le second degré, contre la réforme des collèges et les conditions de sa mise en place, dénoncées comme une aggravation des inégalités sociales et géographiques, une réduction d’enseignements, une mise en concurrence renforcée d’établissements... De la maternelle au lycée, le manque de professeurs, la crise de leur recrutement, dus au manque d’attractivité du métier, aussi difficile que mal rémunéré, inquiètent et mobilisent. Les propositions de revalorisation des salaires, d’ouverture de pré-recrutements, avec rémunération pendant les études, afin de permettre à d’avantage d’étudiant-e-s de passer les concours, après cinq années d’études supérieures dans de bonnes conditions, ne sont pas prises en compte. Alors le privé marchand est à l’offensive. Ainsi, l’officine étatsunienne Teach for France, créature de grands groupes financiers, va envoyer, dans des collèges en REP,  des contractuels, après cinq semaines de stage, dans un école privée de gestion et de management, pour tout bagage pédagogique ! Nos « gouvernants » laissent introduire un tel cheval de Troie, et beaucoup d’autres dérives, dans le service public d’Education nationale, au mépris de la laïcité, dont ils prétendent par ailleurs être les défenseurs.

 C’est dans tous les domaines une politique soumise à la finance, aux desiderata du MEDEF et des forces réactionnaires qui asservissent les peuples d’Europe et du monde, c’est une politique de régressions dans tous les domaines, de reculs de civilisation, que Hollande, Valls et leurs ministres veulent faire passer de force. Ces coups portés à la démocratie, cet autoritarisme, font le jeu de la droite et du FN qui surenchérissent. C’est l’utilisation répétée du 49-3 face à un parlement et un opinion majoritairement hostiles, l’acharnement à faire condamner des syndicalistes, des associatifs ; c’est la violence policière contre des manifestants, contre des jeunes ciblés au faciès ; c’est la stigmatisation d’une partie de la population en raison de ses croyances religieuses ; c’est la banalisation de l’état d’urgence et la multiplication des lois, circulaires et arrêtés liberticides ; c’est la maltraitance des arrivants : demandeurs d’asile, migrants, hommes femmes et enfants …

Une telle politique n’a évidemment aucune efficacité pour empêcher que l’horreur des  attentats, qui font des milliers de victimes dans le monde, frappe le France. Pas plus que les guerres sans fins dans lesquelles notre pays est engagé. Au contraire, des groupes terroristes, comme daesh qui ne cache pas son objectif de jeter un pays comme le nôtre dans la guerre civile, y trouvent des arguments pour recruter de nouveaux assassins fanatisés ou adouber des criminels suicidaires. Pour la paix, pour lutter contre les terrorismes, ce sont, sur le plan international, des initiatives de l’ONU, prenant en compte l’urgence humanitaire, les droits des peuples, et la reconstruction de pays ravagés par des décennies de massacres, qui sont à construire. Dans notre pays, c’est une politique radicalement nouvelle, une république démocratique, solidaire et citoyenne, inclusive de toutes les composantes de la population, qui sont à inventer, pour revitaliser les valeurs communes de liberté, d’égalité et de fraternité.

Les échéances électorales nationales de 2017 occupent le « calendrier politique ». Mais,  d’aucun des aspects de la crise de civilisation que nous vivons, personne ne s’en sortira enfermé dans ses frontières. C’est à tous les niveaux - local, national, européen, mondial -, qu’il faut disputer et conquérir des pouvoirs, gagner des solidarités, des échanges équitables, des coopérations entre les peuples, construire du commun, pour inventer une mondialité nouvelle contre les logiques prédatrices et guerrières de la mondialisation capitaliste

C’est beaucoup trop long, bien sûr : alors j’ai beaucoup rogné depuis. N’en restera donc qu’un trognon, quand peut être vous le lirez imprimé, mais j’espère qu’il contiendra encore assez de pépins féconds pour que germe puis murisse l’espérance Fructidor ?
  
Ecrit entre le 27 et le 30 thermidor an CCXXIV, entre le 129 et le 133 mars 2016



samedi 13 août 2016

Jeudi 18 août, vente solidaire de fruits et légume



A Nanterre, rendez-vous

 à 9 heures place des Iris, quartier du Petit-Nanterre

à 11 heures, esplanade Charles de Gaulle, quartier du Parc





 Jeudi 18 août de 8h00 à 12h00 Place de  la Bastille à Paris, les communistes  participeront, avec le Modef, à une vente  solidaire de fruits et légumes
 Dans des villes de la banlieue  parisienne, comme à Bagneux,  Gennevilliers ou Nanterre dans les  Hauts-de-Seine, des militants se  mobilisent pour relayer l’initiative dans  des quartiers populaires. Un rendez-  vous annuel politique, solidaire et  convivial.




La ferme France est en crise profonde. Mauvaise récolte 2016 en céréales, prix du lait en chute à 250 euros les 1000 litres, un tiers des éleveurs de viande bovine en difficultés financières, 150 000 demandes de RSA (Revenu de Solidarité) déposées par les agriculteurs.
Du côté des fruits et légumes, les importations low cost aux molécules chimiques interdites en France empoisonnent toutes les possibilités de juste rémunération des producteurs.

L'initiative de solidarité « Fruits et Légumes », à Paris et en Ile-de-France se déroulera jeudi 18 août prochain et dans d'autres départements début septembre.

Le PCF et les syndicalistes paysans du MODEF (Mouvement de Défense des Exploitants Familiaux) invitent les consommateurs et les citoyens à se mobiliser contre la vie chère et à construire ensemble des alternatives à l'austérité, par exemple, comme à Paris où des halles alimentaires vont voir le jour grâce à l'action des élu-es PCF/FdG.

Devant l’exigence de nouvelles ambitions sociales comme de perspectives agricoles, le PCF propose des mesures concrètes en faveur d'une alimentation saine, de qualité, relocalisée et accessible à tous. Nous appelons à la revalorisation des pensions et à l'augmentation des salaires, pour retrouver du pouvoir d'achat. Nous proposons dans l'immédiat le blocage des prix des denrées alimentaires de base (lait, viande, pain, œufs, fruits et légumes) sur le ticket de caisse.

Le PCF propose un pacte d'engagement législatif sur un encadrement des marges de la grande distribution et la mise en place d'un coefficient multiplicateur, sur l'obligation d'indication d'origine des produits alimentaires, sur l'instauration d'une conférence annuelle sur les prix agricoles et alimentaires.


DUMPING SANITAIRE – OPERATION VERITE SUR LES IMPORTATIONS !
VENTE GEANTE DE FRUITS ET LEGUMES DE FRANCE A PARIS « BASTILLE » ET BANLIEUE
Action du MODEF pour protéger la production française de fruits et légumes et défendre la santé des consommateurs et l’environnement face aux importations concernées par des pesticides interdits en France.
La production française de fruits et légumes est en grande difficulté, 50% des agriculteurs ont disparu et nous produisons seulement 60% de nos besoins. La France subit un déficit chronique qui met en danger notre indépendance alimentaire.
Il faut faire la clarté et dire la vérité sur l’utilisation des produits phytosanitaires par les pays qui exportent en France.
DE GRAVES CONSEQUENCES SUR LA SANTE
Le MODEF dénonce la concurrence déloyale que subissent les producteurs français. Il est clair que l’utilisation massive par des pays tiers de produits chimiques interdits en France ont de graves conséquences sur la santé des Français et l’activité économique et sociale agricole.
L’action de vente au juste prix en direct des producteurs aux consommateurs organisée par le MODEF en collaboration avec des élus d’Ile de France aura lieu :
JEUDI 18 AOUT 2016 à PARIS
PLACE DE LA BASTILLE à partir de 8 H
Ainsi que dans de nombreuses villes d’Ile de France
Deux semi-remorques soit 50 tonnes (tomates, melons, prunes, poires, pommes de terre, salades, nectarines et haricots verts) seront acheminées sur Paris et banlieue depuis le Lot-et-Garonne.
PRENDRE DES MESURES FERMES ET URGENTES
L’Etat doit prendre ses responsabilités pour informer les consommateurs afin de rompre le silence qui est fait sur cette question. Il doit également prendre des mesures fermes et urgentes pour :
• Interdire les importations de fruits et légumes touchées par des produits phytosanitaires proscrits en France
• Afficher à l’étalage en plus de l’origine, le nom des produits interdits en France qui ont été utilisés dans le pays exportateur.
• Contrôler les marges des GMS
Les consommateurs français doivent pouvoir acheter en toute sécurité pour leur santé et en toute connaissance de cause et les agriculteurs de France doivent pouvoir vivre dignement de leur travail.
Angoulême, le 12/08/2016
Le Vice-Président du MODEF national,
Le Président du MODEF Lot et Garonne 
Raymond GIRARDI




vendredi 5 août 2016

Un an après le crime, les assassins courent toujours. Vérité et justice pour Christian Sémédo !



Il y a un an, Christian Sémédo était assassiné par balle, à une entrée de la cité Horace Vernet qui borde l’avenue Pablo Picasso, à quelques dizaines de mètres du domicile de ses parents, rue de la Paix, à Nanterre. Ce jeune père de famille, enfant du quartier qui avait été élève du collège Evariste Galois, où j’ai enseigné pendant une vingtaine d’années, était connu pour sa gentillesse. A ce jour, les criminels surgis cagoulés d’une voiture, qui ont ouvert le feu sur des jeunes, faisant un mort et un blessé, n’ont pas encore été identifiés.  Leur mobile reste inconnu.  L’erreur de cible dans le cadre d’une fusillade liée au trafic de drogue était l’hypothèse que Le Parisien avait hâtivement avancée dès le lendemain.

 Un collectif impulsé par la famille et des jeunes, dont un conseiller municipal, s’est mis en place dès le mois d’août 2015 - « Plus jamais ça ! » -, avec la volonté de développer le dialogue et la fraternité entre jeunes et entre générations, interpellant tous les pouvoirs publics pour que le droit à la sécurité soit assuré quartier du Parc à Nanterre, et partout. La vidéo-surveillance, qui vient de se mettre en place, aurait pu, selon le commissaire de police qui participait il y a quelques mois à un conseil de quartier, faire avancer plus vite l’enquête, - les témoignages n’ouvrant semble-t-il pas de pistes suffisantes -, mais évidemment pas d’empêcher un tel crime. Spontanément, le collectif avait mis en avant des revendications plus profondes, en matière de droit à l’éducation, au travail, au logement, de lutte contre les discriminations, de reconquête de la politique et de la citoyenneté, avec notamment un plus grand investissement des élus de proximité, indispensables pour éradiquer les causes de la perméabilité d’une petite minorité avec des réseaux mafieux et criminels.


Le crime du mois d’août 2015, précédé et suivi d’autres tueries, dans les Hauts-de-Seine, en France et dans le monde, n’a pas été qualifié de terroriste, puisque le prétexte du fanatisme religieux n’a jamais été avancé et qu’il est des plus improbables. Cela ne doit pas empêcher la police nationale de mettre tous les moyens possibles pour l’élucider. La banalisation de l’usage des armes et du mépris de la vie humaine, qu’elle prenne la forme sordide de la crapulerie ordinaire ou qu’elle se pare d’un verbiage haineux fascisant, avec ou sans le masque-miroir divinisé d’un nihilisme meurtrier, met en danger tous les habitants, et en particulier la jeunesse.
 Ce vendredi 5 août 2016, si la marche blanche souhaitée par la famille a été interdite pour des raisons de sécurité liées à l’état d’urgence, la cérémonie, très émouvante, improvisée sur les lieux du crime, a rassemblé autour de la famille des habitants du quartier, dont des paroissiens de Saint-Joseph où une messe à la mémoire de Christian aura lieu dimanche, de responsables associatifs, dont le MRAP, des maires adjoints porteurs d’un message personnel du maire. La Conseillère départementale du canton rattachant ce quartier de Nanterre à Suresnes avait fait envoyer un bouquet de fleurs blanches.  La soirée s’est prolongée dans une salle municipale, autour de boissons et de nourritures préparées par la famille et par des habitantes du quartier. Une assemblée nombreuse où se rencontraient des personnes originaires de plusieurs pays, certaines entre deux voyages, de nombreux jeunes de Nanterre de toutes croyances et philosophies, des dizaines d’enfants… et qui constituait une belle manifestation d’amour, de paix, de fraternité et de solidarité en hommage à Christian.



La famille de Christian va, enfin, être relogée dans un autre quartier de Nanterre par la Municipalité. Mais pour sa mère, pour sa famille, pour ses proches, le deuil ne pourra se faire qu’avec l’arrestation et le procès de ceux qui ont volé la vie de Christian. Pas question d’oublier : une nouvelle initiative – peut-être, si elle est autorisée, une marche blanche – est envisagée pour début septembre par le collectif « Plus jamais ça ».

lundi 1 août 2016

Deux semaines à flâner sur les côtes d' Armor


Lannion est une ville animée et paisible, commerçante (1) et universitaire, traversée par le Léguer qui amorce son estuaire à quelque huit kilomètres. Découvrir la baie avec le GR 34, dans la lande et dans les déchirures de la baie, c'est une excellente rupture de rythme, quand le monde semble chavirer et s'abîmer dans la folie guerrière. Le temps n'est pas à notre mesure, c'est celui des marées et celui de la lente érosion du granit, malgré la volonté des hommes d'y inscrire leur présent, depuis seulement quelques millènaires, en pierres levées et sépultures, calvaires ou chapelles. Mais soudain la conscience vous vient que nous vivons l'ére de l'anthropocène, et que l'écosystème est devenu aussi fragile ici qu'en tout point de la Terre.

 

Le sable est devenu aussi précieux que l'eau. On croit rêver à l'éternité, à "la mer allée avec le soleil", sur une petite plage où chaque flaque grouille de vie. Mais le béton des villes mange le sable, les actionnaires des entreprises extractivistes font de l'argent avec le sable, partout dans le monde, et dans la baie de Lannion, à sept kilomètres de la côte, en particulier, les marchands de sable vont creuser. La pénurie de sable entraîne un danger écologique majeur.

Ce n'est pas d'aujourd'hui que l'homme ronge la côte.



















Les tailleurs de pierre de l'Île Grande, prolétaires qu'on imagine mourant à la tâche pour remplir des chalands de blocs destinés à construire pour d'autres cathédrales, châteaux,  manoirs, belles villégiatures, n'étaient guère mieux outillés que leurs ancêtres bâtisseurs d'allées couvertes ou érigeurs de menhirs. Et les cicatrices laissés sur les ilôts semblent peu de chose à l'échelle  des changements géologiques et de l'érosion. Mais aujourd'hui, cette catastrophe annoncée avec l'extraction du sable, à une toute autre échelle, c'est autre chose, qui n'a rien à voir même avec les carrières de granit plus modernes qui sont devenues une des nombreuses attractions touristiques de cette partie de la côte. Tailler le granit évoque  une certaine noblesse du travail humain, draguer le sable au fond de la mer évoque une ignoble prédation. Au-delà même des ravages prévisibles sur la vie de la faune maritime et les ressources des quelques dizaines d'artisans pêcheurs côtiers qui subsistent, c'est la constatation que notre civilisation est donc, vraiment,  construite sur du sable, qui doit nous alerter.


Je suis arrivé trop tard à Lannion pour participer aux grandes heures de Nuit debout, devant la mairie, et en particulier au cortège du 14 juillet, avec les effigies du Président de la République, du Premier Ministre, du président du MEDEF  et de la députée socialiste de la circonscription, trimbalées sur une charette, puis, pour les trois premières, décapitées
. Je ne sais donc pas si la menace sur la baie, l'extraction du sable ayant été autorisée par Emmanuel Macron,  figurait, avec la loi de casse  du code du travail,  au réquisitoire.  La colère du sous-préfet voulant réprimer le lancer de quelques oeufs chargés de peinture sur la façade de la sous-préfecture, et l'indignation de la secrion  du Parti socialiste, dont le maire est membre,  étaient largement commentées, les jours suivants, par la presse locale. Le rassemblement - interdit - la semaine suivante, semblait moins mobilisateur. Quoi qu'il en soit, sûr que les Bretons ont la tête dure et ne lâchent rien !

L' essentiel de mon séjour était consacré au repos et aux balades en famille, à faire le touriste donc, par exemple le long des huit kilomètres de la très pittoresque côte de granit rose.




Bien sûr, nous avons fait l'excursion aux "Sept-Îles", qui ne sont que six dignes de ce nom (leur appellation vient d'une erreur de traduction du breton : les saintes îles), mais qui valent la courte traversée depuis Trégastel.



C'est une réserve naturelle bien protégée. Le temps où, à l'arrivée du chemin de fer, la compagnie prêtait une carabine et offrait soixante cartouches à chaque voyageur adulte pour massacrer les oiseaux de mer semble une légende d'outre-temps. La dernière marée noire est nettoyée, et il n'y a plus de mazoutés que quelques spécimens, victimes des dégazages de pétroliers, aussi illégaux que fréquents, dans le rail d'Ouessant. Quelques-uns d'entre eux survivent, soignés par la LPO. Quand on repense à l'affaire du sable, à quelques dizaines de kilomètres de là, on se dit que notre société est schizophrène.
Mais les oiseaux sont fidèles à leurs rochers de nidification, et ne sont pas rancuniers envers les hommes qu'ils sont bien obligés de croiser. Certains, comme les macareux ou les pingouins, avaient déjà repris leurs migrations. Avec les cormorans sédentaires, et quelques phoques, les maîtres des lieux - du moins d'un ilôt où ils s'entassent par milliers - étaient les fous de Bassan.





Si vous n'êtes pas las de cette petite quinzaine en Bretagne, vous pouvez en voir beaucoup d'autres images ici. Nous n'avons raté ni Brest et ses voiliers, ni Landerneau et l'exposition Chagall, ni la verte vallée du Léguer, ni quelques château féodal, chapelles, mégalithes et autres curiosités.

Quant à moi, revenu des landes d'Armorique habitées jadis par une partie de mes ancêtres, me revoici un landrain de Nanterre...

(1) et gastronomique : si vous passez par là, je vous recommande deux excellentes crèperies : le Saint-Glin-Glin et le Moulin Vert.