Le capitalisme n'est pas la fin de l'histoire

Le blog du Front de gauche à Nanterre

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samedi 12 juillet 2014

Le séisme électoral vu des Tours Aillaud :7. Dans la famille de la droite, Jean-Marine Le Pen rafle la mise


FN : un «  vote de classe » dévoyé ?
50 voix (20,92 % des exprimés) au bureau 46 et 44 voix (17,74 % des exprimés) se sont portées sur la liste Bleu Marine, arrivée en deuxième position, derrière la liste PS, à l’école Gorki. Au Parc sud, son score de 25 % au réfectoire Jacques Decour est parmi les plus hauts de Nanterre, suivi des 23,38 % de Robespierre des 20,43 % de Picasso, des 19,91 % et 18,34 % de Jacques Decour  A et B. Les bureaux du Parc nord sont à 9 ou 10 points en dessous : 16,36 % à Pablo Neruda préau ;  11,14 % à Pablo Neruda réfectoire ; 10,20 % à Elsa Triolet ; 8,76 % salle Le Corbusier. Le taux de participation plus haut de 20 points dans la partie nord du quartier, par rapport à la partie sud, correspond aussi à score Le Pen plus faible que la moyenne de la ville. Les bureaux de la ville où le FN fait ses plus forts scores sont Jules Ferry Maternelle (29,88 %), Balzac Maternelle (25,81 %), Balzac Primaire (25,6 %), salle Anatole France (24,3 %), Hôtel de ville 1 (24,02 %). (1)
A Nanterre il totalise 2578 voix, soit 16,21 des suffrages exprimés, gagnant 1879 voix (et 11,7 %) par rapport à l’élection européenne de 2009. Dans le département, le score du FN est plus élevé qu’à Nanterre dans trois villes : Villeneuve la Garenne, seule ville du 92 où le FN, avec 764 voix (24,61 %) arrive en tête devant l’UMP ; Gennevilliers (1017 voix ; 16,95 %) ; Le Plessis (1496 voix ; 16,33 %).
Si la poussée du FN est partiellement contenue dans les Hauts-de-Seine par le score de l’UMP, il n’en réalise pas moins 53 497 voix (12,23 % des exprimés), soit une progression de 39 575 voix (et de 8,85 %) par rapport à 2009. En Ile-de France, obtenant 510 697 voix et 17, 31 %, il progresse de 378479 voix et de 12,91 %. Sur le plan national, avec 4 711 339 voix (24,95 %), il obtient 3 619 658 voix de plus qu’en 2009, et + 18,61 %. Il arrive en tête dans quatre circonscriptions : Nord-Ouest (33,61 %), Est (28,96 %) , Sud-Est (28,18 %) , Sud-Ouest (24,71 %), Massif central-Centre (24,18 %)
Comme l’indiquent les instituts de sondage, les couches populaires et modestes de la société ont exprimé leur désaveu des politiques de misère sociale menées par la droite et par le PS au gouvernement, leur défiance, voire leur hostilité aux actuelles institutions nationales et européennes,  en abstenant massivement, et pour une partie d’entre eux, en votant pour un FN présenté à longueur de médias comme « antisystème » , défenseur des Français contre le reste du monde, et futur « premier parti de France ». Pas besoin d’implantation locale ni de campagne de terrain : la télé, les reculs successifs du gouvernement et du président de la République face aux réactionnaires de tous poils et au MEDEF, les scandales financiers qui ravagent l’UMP et alimentent le « tous pourris », la banalisation du discours raciste, notamment dans ses versions anti-roms et islamophobes, … ont ouvert un boulevard à l’extrême droite. Le plus préoccupant est que seulement 49 % des électeurs en soient mécontents, selon IPSOS, et que 27 % en éprouveraient de la satisfaction, 24 % de l’indifférence.
Pour faire reculer le vote FN, la mobilisation de syndicats et d’associations pour déconstruire l’imposture de son discours économique et social, comme les actions pour déconstruire les préjugés racistes et xénophobes, pour transmettre la mémoire des résistances aux fascismes du XX ème siècle, sont bien sûr des plus utiles. Mais ce qui sera déterminant, d’ici la présidentielle de 2017, c’est la capacité, ou pas, des forces de la gauche de transformation sociale, en particulier celles qui constituent le Front de gauche, à construire un projet alternatif, et, en lien avec les acteurs des luttes sociales, un front pour le porter, qui soient  crédibles, rassembleurs, populaires et mobilisateurs.
(1)     Comme pour les autres listes, le vote des résidents de la caserne dites de la Garde Républicaine (école Joinville), soit 49 % des exprimés pour le FN, n’est pas pris en compte ici pour l’analyse des rapports de force électoraux dans la ville.

UMP, UDI-MODEM : des échanges d’étiquettes qui brouillent les pistes

46 voix également partagées entre les bureaux 46 (9,262 % des suffrages exprimés) et 47 (10,08 %) de l’école Maxime Gorki pour l’UMP. 12 voix (5,02 %) au bureau 46 et 15 voix (6,05 %) pour l’UDI/MODEM. Difficile de démêler le méli-mélo, si on veut comparer avec 2009, puisque dans ce temps-là, l’UDI était pacsé avec l’UMP. Et si Bayrou a navré son camp en déclarant sa flamme pour Hollande au deuxième tour de la présidentielle en 2012, ce n’était sûrement pas pour que le PS retrouve ses références de gauche. D’ailleurs, le ni droite ni gauche des rose-bonbon de  la liste MODEM-UDI à l’élection municipale, qui a peut-être pu en berner quelques-uns, alors que les bleus UMP-UDI affichaient clairement la couleur,  il y a peu de chance que les seniors qui, selon les instituts de sondage, constituent l’essentiel de l’électorat de l'UDI-MODEM du 25 mai, aient voulu un virage à gauche du gouvernement, ni une Europe fédérant les  peuples mobilisés contre l’austérité.
Dans le quartier du Parc, côté sud, l’UMP mobilise plus l’électorat de droite : 14,29 % à Robespierre, pour seulement 3,46 % à l’UDI/MODEM ; 17,19 % à Jacques Decour A (2,71 % à l’UDI/MODEM) ; 10,04 % à Jacques Decour B (6,55 % à l’UDI/MODEM) ; 8,51 % à Picasso (7,23 % à l’UDI/MODEM) ; 8,15 % à Jacques Decour réfectoire (7,61 % à l’UDI/MODEM). La querelle de famille est moins nettement tranchée au Parc nord : si l’UDI/UMP (12,18 %) est battu par l’UMP (14, 77 %) au réfectoire Pablo Neruda, comme salle Le Corbusier ( 14,95 % UMP, 12,37 % UDI/MODEM) , il prend une timide revanche au préau Pablo Neruda(10 %, pour 9,70 % à l’UMP), et fait fort à Elsa Triolet (17%, et 12,46 % pour l’UMP). Ce résultat est probablement dû à une activité militante de proximité qui a permis à cette branche de la famille de la droite de mobiliser des parents d’élèves à l’occasion des « manif pour tous ». Toujours est-il que ce résultat de l’UDI/MODEM est au-dessus de celui qu’il réalise dans certains bureaux du centre-ville (15,35 % à la Maison des associations).
L’UMP fait des scores faibles dans des quartiers populaires (4,55 % à Voltaire B ; 2,42 % à La Fontaine B), mais mobilise un votant sur 5 à Romain Rolland (20,13 % à la salle de quartier ; 20,35 % au bureau primaire et 19,95 % au bureau maternelle) ou au bureau 23 de Jules Ferry (20,80 %). Avec 2242 voix (14,9 %), sa liste arrive en 3 ème position, devant le Front de gauche. Sa perte de 569 voix (-3,24 %) par rapport à la liste UMP/UDI de 2009 est à relativiser, avec le gain de 271 voix (+ 9,48 %) de l’UDI/MODEM.
L’évolution est à comparer avec le score départemental, le meilleur de France pour l’UMP : 114 391 voix (26, 16 %) pour l’UMP, soit une perte de 27 321 voix (-8,20 %) par rapport à la liste UMP/UDI de 2009 : pour l’UDI/MODEM,  64 986 voix (14,86 %), soit un gain de 27 290 voix (+ 5,72 %) sur la liste MODEM de 2009. La défaite de la droite est importante au niveau de l’Île de France : 640 988 voix (21,72 %) pour l’UMP, soit une perte de 187 115 voix (et - 7,88 %) par rapport à la liste UMP/UDI de 2009 ; 348 780 voix (11,82 %) pour l’UDI-MODEM, soit un gain de 110 446 voix (et  + 3,30 %) par rapport à la liste MODEM en 2009. Elle est encore plus nette sur le plan national : - 856 155 voix (et -7,07 %) pour l’UMP  par rapport à la liste UMP/UDI de 2009, alors que la liste UDI/MODEM ne réalise que 427 825 voix de plus (et + 1,48 %) que la liste MODEM en 2009.
Recul ou stagnation des « petites listes » à droite
Si la liste conduite par Christine Boutin mérite d’être oubliée (140 voix soit 0,88 % à Nanterre), Debout la France réalise 2,87 % des exprimés à Nanterre (456 voix) ; 3,17 % dans les Hauts-de-Seine ; 3,86 % en Île de France ; 3,9 % sur le plan national, soit 723 956 électeurs de droite, séduits par le slogan « ni système ni extrême » d’un notable, candidat obstiné à des élections où il cherche à occuper un improbable créneau à mi-chemin entre la nostalgie de l’Etat fort gaulliste et les slogans populistes d’une droite dure mâtinée d’un zest de lepénisme.

Avec les résultats de la droite et du FN je clos la série de billets « Le séisme électoral vu des tours Aillaud ». J’ai tenté des éclairages sur les résultats des élections 2014 à Nanterre, mis dans un contexte plus large, comme je l’avais fait précédemment pour l’élection municipale. Je me garde d’en tirer des conclusions définitives ou des pronostics . Mais je ne cache pas mon inquiétude. L’élection au premier tour des municipales de la liste Nanterre pour tous avait pu masquer localement, pour qui ne voulait pas le voir,  un rabougrissement préoccupant de l’électorat de la gauche de transformation sociale, de la gauche radicale, de la famille communiste, plus largement Front de gauche, après deux années de politique social-libérale en rupture avec les attentes de l’électorat populaire de Hollande en 2012. L’abstention massive et la montée de l’extrême droite, l’échec électoral, local et national, du Front de gauche,  mettent désormais en alerte toutes les forces vives qui ne se résignent pas à la mise à mort de la gauche.  Le temps est compté, prisonniers que nous sommes du calendrier électoral voulu par une cinquième République à bout de souffle. Analysant les municipales, j’écrivais que le pire est toujours possible, par exemple un second tour Valls/Sarkozy en 2017, l’UMP s’étant pacsé avec Jean-Marine Le Pen. Aujourd’hui, c’est même un second tour droite extrême/extrême droite F.haineuse qui devient possible. Rallier la gauche sous prétexte de l’empêcher à la politique  actuelle du gouvernement relève du délire. Il n’y a pas de raccourci possible, mais il y a urgence : mettre nos forces en commun pour un nouveau départ du Front de gauche, pour construire sans à priori ni sectarisme un rassemblement majoritaire pour une alternative à gauche à la dictature du MEDEF et des socio-libéraux à son service.

 PS. J’avais calculé le poids respectif des électorats à l’élection municipale de Nanterre par rapport à ceux de la présidentielle de 2012, ce qui n’avait  pas d’autre intérêt que d’évaluer la mobilisation ou la démobilisation relative des électorats de chaque force en présence. Voici ce que ça donne après les Européennes. Après tout, puisque beaucoup de monde parle de séquence ouverte avec la victoire de Hollande à la présidentielle, et qui se terminerait avec les Européennes, ce calcul n’est pas plus stupide que d’autres. Pour rendre le jeu plus amusant, j’ai fait un classement en fonction du rapport nombre d’électeurs aux européennes/ nombre d’électeurs  aux présidentielles, à Nanterre :
1.       EELV : 200 % (1699/847)

2.       LO : 130 % (235/180)

3.       Debout la France : 109 % (466/427)

4.       NPA : 78 % (261/334)

5.       FN : 73 % (2578/3546)

6.       MODEM : 65 % (1646/2509) mais c’est boosté parce qu’il y a l’UDI avec lui pour les européennes

7.       UMP : 39 % (2242/5772)

8.       Front de gauche : 35 % (2154/6168)

9.       PS : 20% (2605/13340)

Moins on a eu de voix à une élection, plus, avec ce classement, on a de chance d’être parmi les premiers la prochaine fois, comme le montre l’exemple remarquable d’EELV. Et inversement, comme le montre la dernière place du PS….
Sur ce, bonnes vacances à ceux qui le peuvent, on a grand besoin de se refaire des forces, et pas seulement pour les prochaines élections !

 

 

mardi 8 juillet 2014

La parole aux citoyens solidaires des habitants du bidonville de Nanterre




Très riche débat lundi 7 juillet à Nanterre, avec Eric Fassin, qui a fait une brillante présentation du livre, Roms & riverains, dont il est coauteur. Une motion a été votée par la quasi-totalité des participants - photo à l'appui, nous y tenons - pour demander que l'accès à l'eau potable, un ramassage régulier des déchets, l’installation de  sanitaires, entre autres droits élémentaires de la personne humaine, soit enfin assurés, après deux mois de démarches à la mairie du comité de soutien des familles, dont de nombreux enfants, du bidonville.
 L’action du comité de soutien a permis la vaccination et la scolarisation de plusieurs de ces enfants. Près de 700 citoyens ont déjà signé la pétition contre une expulsion sans solution. Mais être voisins hospitalier, solidaires et fraternels, c’est moins médiatisé et digne d’écoute que d’être « riverains », parfois  éloignés, toujours hostiles et coléreux.
La nécessité de participer à un réseau d'information et de lutte, au niveau de la région parisienne, face à une situation qui engage la responsabilité de l'Etat, après des années de destruction de "campements" sans solution d'hébergement ni réponse à la détresse sociale, est venue très fort. Je suis intervenu en ce sens en tant que militant du MRAP. Un représentant du collectif de solidarité avec les Roumains et les Roms de l’Essonne, comme d’autres, de l’ASSAV et de Rom-Europe, ont ouvert des pistes.
 La décision  du tribunal est attendue dès jeudi 10 juillet, quant à l'expulsion demandée par l'EPADESA. Le jugement de Bobigny, qui privilégie les droits de la personne humaine et le devoir d’assistance face à la détresse sociale, par rapport au droit de propriété, encourage ceux qui  résistent à « la politique de la race » (1). Mais d’autres expulsions, comme celle programmée à Grigny, montrent que la cause n’est pas gagnée…D’autant que le gouvernement s’obstine à poursuivre la « chasse aux Roms » lancée par Sarkozy, et semble vouloir se débarrasser de la circulaire interministérielle du 26 août 2012, dont des dispositions peuvent servir de point d’appui aux actions solidaires avec les familles des bidonvilles. La préparation du débat parlementaire sur la loi CESEDA fait apparaître d’ailleurs une tentative d’introduire discrètement une restriction à la liberté de circulation de citoyens de pays de la communauté européenne, en cas d’ « abus » de cette liberté.
(1) Pour parodier Montesquieu dans son célèbre texte : « Si j’avais à justifier le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves…. », il est en effet impossible de croire que les Roms soient des citoyens d’Europe, ni même des êtres humains : sinon, à les traiter de la sorte,  nous ne serions nous-mêmes ni citoyens, ni humains. C’est précisément ce qu’ Eric Fassin , et les autres co-auteurs de Roms & riverains, appellent la « politique de la race », inavouée,  camouflée en bonne gestion des territoires, confiée aux collectivités locales.

dimanche 6 juillet 2014

Le séisme électoral vu des Tours Aillaud : 6. Les "petites listes" à gauche


Les résultats des « petites » listes, qui sont très loin d’avoir obtenu 5 % des suffrages exprimés à l’élection européenne du 25 mai,  sont sorties des écrans radars des médias et des analyses politiques. Pourtant, certaines d’entre elles méritent qu’on y prête attention. C’est, pour des raisons opposées, le cas à gauche de Nouvelle donne qui est apparue, ainsi que du NPA qui, depuis 2009, s’est presque évaporé, et de LO qui stagne dans de très faibles scores.
 
Nouvelle Donne : une « bonne surprise » ?
Certes, ce n’est pas le total de 10 voix obtenues par  Nouvelle Donne dans les bureaux 46 et 47 des Tours Aillaud qui pèsera sur le devenir de la construction européenne, ni sur le rapport des forces de gauche dans la ville,  même si, vu le nombre record d’abstentions,  c’est tout de même 2,93 % et 1,21 % des exprimés. Dans le quartier du Parc, les 4,68 % du bureau Pablo Picasso font exception, les autres bureaux les plus populaires se situant plutôt autour de 1%, voire encore moins. C’est au parc des Anciennes Mairies (5,47 %), à Rouget de l’Île (5,10 %), au foyer du Square (4,58 %) ou à France Bloch (4,91 %) que Pierre Larrouturou réalise ses meilleurs pourcentages.
A Nanterre, avec 466 vois (2,93 % des suffrages exprimés), Nouvelle Donne est un peu en dessous de son score régional (90 482 voix, soit 3,07 %), proche de ses scores national (2,9 %) et départemental (2,97 %) ; c’est un peu plus qu’à Bagneux (2,87 %) et à Gennevilliers (2,05 %), c’est moins qu’à Issy-les Moulineaux (4,22 %), Malakoff (4,04 %), Châtenay (4,02 %), Antony (3,86 %), Clamart et Clichy (3,73 %).
Le discours des listes Nouvelle Donne dénonçait le manque de démocratie, la corruption et les lobbies, l’austérité, préconisant entre autres une convergence sociale entre un nombre restreint de pays de la zone euro, 1000 milliards pour « sauver le climat », une reprise en main par les citoyens de la gouvernance politique…. Pierre Larrouturou, dont les engagements politiques, tantôt  chez les Verts, tantôt au PS,  pouvaient rendre crédible un rôle charnière pour son nouveau parti,  Nouvelle Donne,  s’est félicité de son coup d’essai à l’élection européenne.  Ses 600 000 voix constitueraient  « la  bonne surprise dans un sombre scrutin ». Depuis, force est de constater que les frondes et les positionnements d’élus, de militants socialistes et EELV, peinent à déboucher sur des votes parlementaires et des recompositions politiques permettant d’en finir avec la politique catastrophique de Hollande et de son gouvernement. 
Selon IPSOS, 13 % des électeurs de Mélenchon au premier tour de la présidentielle, 6% des électeurs de Hollande et 3 % des électeurs de Bayrou, auraient voté Nouvelle Donne le 25 mai. Sans Nouvelle donne, peut-être que certains de ces électeurs auraient voté Front de gauche, ou, comme beaucoup des électeurs de Mélenchon en 2012, se seraient abstenus Toute extrapolation paraît peu crédible, et concerne de toute façon un nombre d’électeurs trop peu nombreux pour atténuer l’analyse de la réalité : la stagnation, l’échec du Front de gauche, actuellement, à être le moteur d’une construction alternative crédible  à gauche.
NPA, LO : en voie de marginalisation électorale ?
Dans les bureaux de l’école Maxime Gorki, 7 habitants ont voté pour la liste présentée par le Nouveau Parti Anticapitaliste (soit 1,67 % des suffrages exprimés au bureau 46 et 1,21 % au bureau 47). 10 ont voté pour celle de Lutte Ouvrière (0,42 % des exprimés au bureau 46 et 3,63 % au bureau 47).
 Le NPA réalise son meilleur pourcentage du quartier du Parc à Jacques Decour réfectoire (3,26 %) et parvient à mobiliser des électeurs dans d’autres quartiers populaires : 4,88 % et 4,26 % à Henri  Wallon ; 4,03 % à La Fontaine B ; 3,58 % à Balzac maternelle ; 3,54 % à la  (salle municipale Voltaire…
Nanterre (261 voix et 1,64 %) fait partie des 6 villes populaires du département où le NPA obtient le plus de voix, avec Gennevilliers (151 voix ; 2,52 %), Villeneuve (55 voix ; 1,77 %) ; Bagneux ( 115 voix ; 1,59 %) ; Clichy (174 voix ; 1,57 %) ; Malakoff (92 voix ; 1,09 %).
Avec 3085 voix (0,84 %) dans les Hauts-de-Seine, il en perd 7522 par rapport à 2009. En Île-de-France (24 785 voix ; 3,48 %) la perte est de 72669 voix. Nationalement, son score de 4,88 % des exprimés en 2009 a fondu, avec seulement 0,30 % le 25 mai 2014.
LO n’avait obtenu que 1,2 %, nationalement, en 2009 : ses 1% de 2014 montrent que ses militants s’accrochent. En Île-de-France (24 939 voix ; O,85 %), ils gagnent même 4191 voix sur 2009, dont 371 dans les Hauts-de-Seine (2738 voix ; O,63%)
S’il est possible que certains électeurs du  NPA aient préféré cette fois voter LO, au total les deux listes n’obtiennent que 1,30 % des exprimés contre 6, 08 % en 2009 au national, et perdent au total 68 478 voix en Ile-de-France, dont 7151 dans les Hauts-de-Seine. La majorité de l'électorat Besancenot de 2009 s'est abstenue, comme les autres électorats de gauche.
Nanterre (235 voix ; 1,48 %) fait partie des 6 villes populaires du département où LO a le plus de voix, avec Gennevilliers (164 voix ; 2,73%) ; Villeneuve (72 voix ; 2,32 %) ; Bagneux (127 voix ; 1,76 %) ; Clichy (154 voix ; 1,39 %) ; Malakoff (97 voix ; 1,15 %).
Dans le quartier du Parc, LO réalise des scores parmi ses meilleurs de la ville, avec 4,39 % (Jacques Decour réfectoire) ; 3,9 % (Robespierre) ; 3,62 % (Jacques Decour A) ; 3,06 % ( Jacques Decour B ), qui s’expliquent sans doute par une présence militante visible et régulière dans le quartier. Un exploit réalisé aussi avec 3,85 % à Lucie Aubrac, 3,7% à Voltaire A, 3,20% à Balzac primaire.
Toutefois,  répétons-le, d’une part, ces faibles pourcentages de suffrages exprimés, alors que moins de la moitié, voire du quart dans les quartiers populaires, des électeurs ont voté,   ne représentent à chaque fois au mieux qu’une dizaine de votes militants dans certains bureaux. D’autre part, contrairement à un parti de tradition social-démocrate comme Nouvelle Donne, les organisations se réclamant de l’extrême gauche ne considèrent pas le moment électoral, ni la présence  d’élus militants dans les institutions, comme facteurs déterminants pour un changement radical. Au point, souvent, de donner, notamment dans la propagande de LO,  l’impression qu’il ne servirait à rien de voter. Les résultats électoraux ne sauraient dans ces conditions être la juste récompense d’un engagement sincère et souvent compétent des militants de ces organisations sur divers fronts des luttes de classes, sociales et sociétales. Des débats internes, doctrinaires et stratégiques, divisent, souvent plus qu’ils ne rassemblent,  la famille de cette « extrême gauche » qui se réclame de l’héritage de Trotski. Des courants du NPA ont les uns après les autres décidé de tenter de  dépasser ces limites, et plusieurs forment aujourd’hui des composantes du Front de gauche. Ce qui peut expliquer un assèchement du courant (NPA-LCR « historique ») que représente Olivier Besancenot, alors qu’en 2009 son ambition de concurrencer le jeune Front de gauche à l’élection européenne restait crédible.
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vendredi 4 juillet 2014

Ce gouvernement nous désespère...

...mais on ne lâche rien !


Mercredi 3 juillet, le premier rassemblement près du ministère de l'éducation nationale, à Paris, contre l'abandon des ABCD égalité, a été un encouragement à résister et à riposter, malgré les reculades du gouvernement devant l'offensive des réactionnaires de tous poils. Syndicalistes, associatifs, politiques, militantes et militants pour l'éducation populaire,  travaillons ensemble pour faire reculer les phobies et les haines, pour gagner l'égalité de tous et de toutes !



Lire l'article  de l'Humanité

Dans le quartier du Parc à Nanterre, après la semaine des femmes, EGALITE-E , des suites se préparent avec le centre social et culturel, des associations, des écoles... 

lundi 30 juin 2014

L'art ? pour qui ? pour quoi ?


Samedi 26 juin, La Terrasse, espace d'art de Nanterre, était inauguré. Le résultat d'années de persévérance du service des arts plastiques de la ville, qui était installé Villa des Tourelles, château bourgeois qui servit de mairie, dans le centre ville, et occupe désormais un bel espace, dans un cadre symbolique de la ville qui change, là où se croisent des milliers de salariés et d'habitants.

Au bout de la terrasse gazonnée qui surplombe la place Nelson Mandela, où  deux vitrines présentent les installations du collectif de jeunes artistes HSH, la création de Massimiliano Marrafa poétise en trompe-l'œil photographique une des sorties de secours des autoroutes souterraines, et Axes du néerlandais Krijn de Koning nous invite à multiplier nos regards sur l'axe Seine-Arche.



 L'entrée, au 57 boulevard de Pesaro, donne directement sur une salle immense et lumineuse, à occuper par des expositions, des ateliers, des conférences... La saison d'été (en juillet puis à partir du 2 septembre) s'intitule Entrées libres. Tout un programme, aux allures de manifeste. Le service des Arts Plastiques de la ville de Nanterre a le soutien de la DRAC Île de France-ministère de la culture et de la communication, du conseil régional, du conseil départemental 92.
Matrice 2051 animée par les artistes de "Courants faibles", invite visiteurs et associations, créateurs et citoyens, à réfléchir ensemble aux usages d'un lieu d'art au XXI ème siècle.
A l'opposé, près de la Grande Arche, c'est ARENA qui se construit, temple du spectacle, sportif ou autre, avec cent pour cent de capitaux privés à rentabiliser. Il est dommage que ce soit cette dernière image qui serve de pub pour le quartier du Parc et de symbole du devenir de Nanterre. La Terrasse est une réalisation, publique, beaucoup plus audacieuse et prometteuse, pour que les arts plastiques, mais aussi la création culturelle en général, deviennent affaire citoyenne.

Ce qui appelle au débat de fond : l'art ? pour quoi ? pour qui ? C'était précisément le thème de la table ronde qui a constitué un temps fort de la journée inaugurale :

mercredi 25 juin 2014

NANTERROMS : il n'est peut-être pas encore trop tard pour passer aux travaux pratiques !




Début 2011, à l’initiative du comité local de Nanterre du MRAP, une soirée festive, culturelle et solidaire était organisée par un collectif d’organisations de la ville, au centre social et culturel La Traverse.
Indignés par les propos de Nicolas Sarkozy désignant les Roms comme boucs émissaires, par les démantèlements de leurs campements et leurs expulsions, sans solution d’hébergement ni d’accueil, sans accompagnement social, de nombreux habitants du quartier, des élus de gauche, des militants associatifs, syndicalistes, politiques avaient fait de l’initiative « Nanterroms » un grand moment de solidarité.
Nous nous promettions de continuer ensemble un travail d’éducation populaire pour faire reculer les préjugés racistes. Nous étions déterminés à garder des liens avec les militants des départements voisins,  en lutte pour que les migrants roms accèdent à des conditions de logement dignes, à la formation et à l’emploi, aux soins et à la santé, à la scolarisation de tous leurs enfants. Ils ont tant à apporter à notre société, ces citoyens européens,  disions-nous ! et nous dégustions leur cuisine, et nous dansions au rythme de leur musique. Nous ne nous étions pas quittés sans échanger nos mails : un comité de vigilance s’était constitué, pour que la « chasse aux Roms », ne passe pas par nous, par nos villes ni nos quartiers, pour qu’on se mobilise si jamais dans le département certains d’entre eux étaient victimes du racisme, de discriminations, d’expulsions.

En 2012, un espoir était né. Une circulaire interministérielle, le 26 août 2012, rappelait même aux préfets leurs devoirs de mobilisation des moyens de l’Etat et des collectivités locales pour que cessent les démantèlements de campements sans accompagnement en matière de logement, d’insertion professionnelle, de scolarisation, de suivi médical… Mais hélas, en même temps Manuel Valls, Ministre de l’Intérieur, reprenait les méthodes de ses prédécesseurs : destructions et expulsions, les préfets faisant semblant, pour la galerie, d’avoir lu les autres dispositions préconisées par la circulaire. Une partie de la gauche, consternée, protestait timidement. Manuel Valls en est même venu à tenir des propos anti-roms si odieux que le MRAP, puis La Voix des Roms, ont porté plainte. La droite et l’extrême droite F.haineuse en rajoutaient, trouvant encore trop tendre cette politique portée par tout le gouvernement. Alors, plus de pitié, plus de respect pour les  réseaux associatifs qui travaillent avec les Roms, soutenus parfois par certaines communes  : une plainte, et hop, un matin à l’aube, avec le concours de la force publique, tout est fichu par terre :  quelques centaines d’hommes, de femmes et d’enfants sont condamnés à nouveau à la totale misère et à l’errance, à reconstruire où et comme ils peuvent un nouveau bidonville… Il y a de moins en moins de municipalités qui ont le courage de faire autre chose que de se mettre dans le vent mauvais de la phobie des Roms, et autres pauvres étrangers,  qui se banalise autant que la pauvreté parmi les citoyens installés dans la cité, de très longue ou de plus fraiche date. Surtout après les dernières élections, avec la déroute  de la gauche et la montée de la droite dure, du FN….
 
Aujourd’hui, des expulsés de Seine Saint Denis sont arrivés à Nanterre, sur une friche appartenant à l’EPADESA. Quelques dizaines il y a deux mois, aujourd’hui plusieurs centaines, avec des enfants, de nombreux enfants… Pas d’eau, pas de sanitaire, juste quatre bacs fournis par la ville pour ramasser les ordures tous les quatre jours. Refus de prendre des mesures à la hauteur d’une situation d’urgence sanitaire et humanitaire manifeste, de la part de la préfecture et des collectivités locales.
C’est que la justice a été très vite saisie pour que le bidonville soit détruit et ses occupants chassés. Avant que tout Nanterre le sache. Sans bien sûr informer les organisateurs de Nanterroms dont l’avis, aujourd’hui, n’intéresse visiblement plus grand monde du côté des pouvoirs publics.
Sans l’alerte donnée par un petit comité de soutien composé surtout d’étudiants de l’Université de Nanterre, sans quelques cafouillages dans la procédure judiciaire, l’expulsion aurait déjà été vite faite, comme l’ont demandé les élus de droite.
Maintenant, la mobilisation commence un peu à s’élargir, avec par exemple le MRAP, ou  l’expression du soutien du PCF 92.  Mais pour que ce soit à Nanterre qu’on puisse dire stop à la pratique inhumaine des destructions de bidonvilles sans réponse à l’urgence sociale, l’appui des élus de la ville manque cruellement.
 
Une nouvelle audience aura lieu le 3 juillet, à 11 heures, au tribunal de Nanterre.
 
Ce dimanche 29 juin, à partir de 10h, le comité de soutien et le comité local de Nanterre du MRAP seront présents sur le marché du centre-ville, pour discuter avec la population et proposer la pétition, qu’on peut aussi  lire et signer en ligne.
Lire le communiqué du comité local de Nanterre du MRAP, celui du PCF 92, et la déclaration du maire au conseil municipal du 24 juin 2014 :

vendredi 13 juin 2014

Le séisme électoral, vu des tours Aillaud 6. Les Verts sont les grands perdants


 
Avec 45 voix au total, la liste Europe Ecologie Les Verts n’arrive qu’en 5ème position aux bureaux 46 (9,21 % des exprimés) et 47 (9,27 % des exprimés) de l’école Maxime Gorki, où sont inscrits la majorité des habitants des Tours Aillaud.
Dans les autres bureaux du Parc sud, les Verts ont des scores voisins de la moyenne de la ville (10,68 %), à l’exception de celui de l’école Robespierre B, où ils n’ont recueilli que 7 voix (3,03 %). Côté Parc nord, ils font des scores dans certains bureaux qui sont parmi les meilleurs de la ville : 14,45 % école Elsa Triolet ; 15,15 % Pablo Neruda préau ; 15,98 % salle Le Corbusier. Faut-il y voir l’écho d’une préoccupation quant à des questions environnementales, autour de l’école d’architecture encore en ruines, ou aux abords de la future Arena ? La liste EELV a aussi mobilisé dans certains bureaux du centre-ville : Hôtel de ville 2 (14,29 %), Victor Hugo maternelle (15,37 %), école du centre (15,38 %), ainsi qu’à la salle municipale Voltaire (14,80 %) et au centre de loisirs Rouget de l’Île où elle fait son meilleur score de la ville (16,56 %).
Mais partout les pertes sont lourdes par rapport à 2009 : - 1318 voix et – 8,79 % des exprimés à Nanterre ; - 46 690 voix et – 11,85 % dans les Hauts-de-Seine ; - 304 066 voix et – 11,38 % en Île-de-France ; - 1 107 036 voix et – 7,33 % à l’échelle nationale. Même à Clichy-la-Garenne où elle fait son meilleur score dans le 92 (13, 85 %, en progression par rapport aux municipales où les Verts faisaient liste commune avec le PG contre le maire PS), la liste EELV perd 879 voix et 8,49 % par rapport à 2009.
EELV était en concurrence avec la liste UDI-MODEM, et avec des « petites listes », quant à sa conception fédéraliste de l’Europe. La participation d’EELV au gouvernement jusqu’à ces derniers mois, a été sanctionnée. Les déclarations de José Bové, prônant les critères capitalistes de l’actuelle construction européenne, leurs conséquences austéritaires, et destructrices des petites exploitations agricoles,  comme seuls possibles, ont confirmé le caractère composite d’un mouvement dont des députés européens, sur le modèle de Cohn-Bendit, et d’autres élus, sont prompts à passer d’un discours gauchisant à un ralliement à la doxa ordo-libérale, alors même que progresse l’idée que les questions vitales de l’écologie appellent à s’émanciper d’un capitalisme parasitaire et prédateur (comme en témoigne par exemple l’ « écosocialisme » proposé par le PG).
 Malgré des positionnements et des actions concrètes qui convergent avec la « gauche radicale » sur certaines questions, comme les droits des migrants ou la citoyenneté de résidence, le centre de gravité des Verts n’en demeure pas moins incertain. Son appel post-électoral adressé aux forces de gauche, mais aussi aux centristes du MODEM, en référence au vote Hollande en 2012, le confirme.
Mais une dynamique pour une alternative crédible à gauche à la politique d'austérité changerait probablement la donne, car il y a dans le mouvement Europe-Ecologie-Les-Verts des forces prêtes à y prendre toute leur place.
Dans la manifestation du 12 avril 2014, contre l'austérité, pour l'égalité
 

Le séisme électoral vu des Tours Aillaud 5.Le PS amortit sa défaite historique à Nanterre et en région parisienne.


"Le 25 mai, je vote aussi pour changer
le président de la commission européenne
Notre candidat, c'est Martin Schulz"
Un artifice qui a fait long feu,  pour éviter
 le débat sur l'écrasante responsabilité
 du gouvernement et du PSE dans l'échec
électoral prévisible de la gauche le 25 mai.
On serait bien naïf de penser que la campagne
 pour un symbole de l'alliance entre la social-
démocratie et la droite allemande suffise à 
expliquer que le PS, à Nanterre comme à Paris,
à Clichy, ait fait des scores supérieurs à 2009
alors qu' il subit, en France et en Europe,
 une défaite historique. 
Avec le taux massif d'abstention, 114 voix dans les Tours Aillaud ont suffi au Parti socialiste pour arriver premier  aux bureaux 46, avec 25,40 %, et au bureau 47, avec 21,34 % des exprimés. Des scores parmi ses meilleurs à Nanterre, avec les bureaux La Fontaine maternelle (26,8 %), Voltaire A (24,81 %), La Fontaine B (22,58 %), Langevin lycée (20,87 %), Les Pâquerettes préau (20,32 %), Langevin primaire (20,23 %).
Les autres bureaux du Parc-Sud sont dans une fourchette de 14,13 % (Jacques Decour réfectoire) à 17,03 % (Jacques Decour B). Ceux du Parc-nord varient de 15,7 % (Neruda préau) à 19,43 % (Neruda primaire). Seuls 3 bureaux de Nanterre décrochent nettement, par rapport à la moyenne régionale : Anatole France (12,62 %), Hôtel de ville 1 (11,17 %), Jules Ferry maternelle (9,45 %). (1)
Nanterre confirme et amplifie une particularité de la région parisienne : avec 2605 voix et 16,38 % (13,09 % dans les Hauts-de-Seine ; 14,31 % en Île-de-France), la liste PS-PRG regagne 394 voix et 2,11 % à Nanterre, par rapport à son résultat de 2009, qui était relativement bas. A paris, le regain est de 31 832 voix et de 4,47 % ; il n’est en moyenne que de 1,09 % (+7790 voix) dans les Hauts-de-Seine, et de 0,74 % en Île-de-France (+ 42 278 voix).
Sur le plan national, c’est l’inverse : avec 2 649 202 voix, soit 13,98 %, le PS perd 188 472 voix et 2, 5 % par rapport à 2009, et fait encore pire que les 14,49 % de Rocard en 1994. Le parti du Président et du gouvernement qui imposent une politique d’austérité et de reculs sociaux, co-pilotée avec Bruxelles,  subit une lourde et historique défaite dans les urnes.
Le PS fait un de ses meilleurs scores du département à Nanterre, après Vanves (18,26 %), Clichy (17,14 %), Montrouge (17,47 %) et Bourg-la-Reine (17,01 %). Avec Clichy, Nanterre est la seule ville du département où le PS arrive en tête. A Fontenay (2 ème, avec 16,35 %, derrière l’UMP), à Clamart (2 ème, avec 15,95 %, derrière l’UMP), Asnières (2 ème , avec 14, 99 %, derrière l’UMP), Colombes (3 ème, avec 14,6 %, derrière l’UMP et le FN), le désaveu populaire de la politique du PS au gouvernement, qui a provoqué aux municipales la perte pour la gauche de ces villes dont le maire était socialiste, est, au contraire confirmé.
Comment expliquer qu’à Paris, et dans certaines villes d’Île-de-France, comme Nanterre ou Clichy, le PS ait mieux résisté ? L’hypothèse que la victoire aux municipales de listes d’union de la gauche y ait « boosté » son réseau local  est tentante, et invite à une analyse régionale précise des résultats de la séquence électorale 2014, qui reste à faire…

(1)     Le bureau atypique Joinville où votent seulement les résidents de la caserne dite de la Garde républicaine (2,3 % pour le PS), n’est pas pris en compte ici pour l’évaluation bureau par bureau  des forces politiques nanterriennes.

mercredi 11 juin 2014

Le séisme électoral, vu des Tours Aillaud 4.Quelques idées jetées en vrac, par un communiste qui ne désespère pas de ne pas désespérer…



Le Front de gauche  peut-il être autre chose qu'un cartel de partis minoritaires
et une machine électoral intermittente ? Quel fonctionnement, quelle organisation
inédites inventer pour que chacun, adhérent ou pas à un parti politique, y compte pour un ?
 
Il y a péril en la demeure

Le danger que représentent le score du FN et la banalisation de ses thèmes de propagande,  est traumatisant.
 Que le FN fasse 25 % des suffrages exprimés, c’est inséparable de la montée, de l’enracinement d’un comportement abstentionniste, qui signifie un rejet de l’offre politique, des institutions actuelles, allant jusqu’au renoncement massif, majoritaire, à exercer son droit de vote. Bien sûr il y a la conjoncture, mais ce n’est pas seulement lié au rejet de la construction d’une Europe contre les peuples et de la politique de droite de Hollande. Cette crise de la démocratie, on l’a vu aux municipales, et déjà avant, est beaucoup plus profonde.
C’est au plus profond que notre identité communiste est bousculée : notre visée émancipatrice qui rend les peuples solidaires et l’individu citoyen acteurs, maîtres de la politique, contre les profiteurs du système qui confisquent les pouvoirs ; contre l’idéologie capitaliste « libérale » du chacun pour soi en concurrence avec les autres, dont l’hégémonie est au cœur de la mobilisation d’un électorat FN.
Comment construire, rendre crédible, populaire, majoritaire, une alternative politique à gauche ? Nous avons un sérieux problème de crédibilité. D’abord sur le contenu du projet. Par exemple sur la notion de propriété, d’appropriation collective des biens communs de l’Humanité (eau, énergie, services, créations immatérielles, culturelles…). Sur « l’entreprise », terme au centre du discours de l’adversaire de classe (qui décide légitimement de ce qu’on y produit et dans quelles conditions, sociales et écologiques ; avec quels  salaires, quelles formations, quels emplois, quels autres investissements ; qui y crée les richesses et qui doit se les approprier ; qui doit avoir le pouvoir de gérer, de décider : les fonds de pension, les spéculateurs financiers, les actionnaires, ou les travailleurs, les citoyens… ?). Ce n’est pas le seul domaine où notre apport communiste peine à avoir un sens concret, mobilisateur, et où, en même temps  des luttes de classe font émerger des questions fondamentales.
La crédibilité, c’est aussi passer du slogan « prenez le pouvoir » à la réalité, au mode d’emploi. Pour moi, l’appel que j’ai signé, « pour un nouveau départ du Front de gauche » (1), a le mérite d’appeler à mettre au cœur, concrètement, dans la proximité, le devenir de ce que nous, avec nos cultures venues de diverses familles de la gauche,  avons réussi à commencer de faire de neuf en 2011-2012. Avec une pleine conscience du paradoxe : c’est à la présidentielle, piège institutionnel, dispositif central de la constitution de la V ème République, faite pour garantir que rien ne change, que nous avons eu, nationalement,  un score électoral à deux chiffres. Puis, ce sont les vieilles habitudes des partis qui ont repris tous leurs droits et tous leurs travers. Toutes celles et tous ceux qui pensent que le Front de gauche peut être autre chose qu’un cartel de partis minoritaires, qu’une machine électorale intermittente, qui ont participé à des assemblées citoyennes, à des ateliers,  n’ont cependant pas perdu tout espoir, et parmi eux des citoyennes et des citoyens qui ne sont pas adhérents à un parti. Il ne s’agit pas de construire un nouveau parti gauchiste. Il est évident que le rassemblement à construire est beaucoup plus large que la composition actuelle du Front de gauche, que des élus, des militants, des électeurs socialistes, Verts, NPA…qui cherchent des voies en rupture avec le « social-libéralisme », avec le capitalisme,  pourront inventer avec nous d’autres formes de travail en commun. Mais je crois qu’on sera d’autant plus fiables pour les construire si on montre qu’on a de la suite dans les idées et qu’on ne zappe pas aujourd’hui ce qu’on a commencé d’inventer hier.
Comment nous concevons le rassemblement, nos rapports avec nos partenaires, est une question des plus importantes. Elle croise dans ma tête ce que nous constatons, avec des militants associatifs, par exemple au MRAP, dans la société : plus la situation semble bloquée bien que révoltante, plus l’adversaire réel, de classe, est difficile à identifier, à personnaliser, ou perçu comme trop puissant, trop hégémonique pour être vaincu, plus les gens ont tendance à s’en prendre au voisin qui connaît les mêmes souffrances ; parce qu’il a fait ou pas, qu’il a dit ou pas, qu’il croit ou pas ceci ou cela ; parce que sa différence, réelle ou imaginaire, serait responsable du malheur de tous. Bien sûr, l’art de la politique pour nous qui voulons inventer le communisme du XXIème siècle,  ce doit être tout le contraire : construire du commun, avec des personnes, toutes différentes et toutes égales, avec des collectifs où chacun s’enrichit des débats et controverses, car nul doute que l’Humain, d’abord, c’est à la fois de la diversité et de l’unité.
(1)    Au moment où j’écris ces lignes, nous sommes déjà 1377 à l’avoir signé, en moins de trois semaines.

Syriza, ça fait revivre l'espoir
Avec Alexis Tsipras, leader de la gauche grecque, Syriza est en tête du scrutin européen, et remporte les élections régionales en Attique. En Espagne, Isquierda Unida progresse, Podemos s’impose ; en Italie, en Finlande, au Portugal, en Irlande, dans d’autres pays, des forces de gauche, radicalement contre l’austérité, auront des députés européens. En France, si la circonscription du Nord-Pas de Calais est perdue pour le Front de gauche, Marie-Christine Vergiat, Patrick Le Hyaric, Jean-Luc Mélenchon retrouvent leurs sièges, et Younous Omarjee, de l’Alliance des outre-mers, les rejoint. Le groupe de la Gauche unitaire européenne aura au moins 50 députés, au lieu de 35. Mais en France, au Danemark,  au Royaume uni et ailleurs, la montée des droites extrêmes, xénophobes, néo-fascistes, d’autant plus impressionnante en pourcentage des exprimés que l’abstention populaire est massive , obscurcit l’horizon. Avec un parlement largement dominé par les réactionnaires, les conservateurs, les socio-libéraux, aux coalitions nébuleuses, on se dit que les luttes communes des peuples d’Europe sont plus que jamais vitales. Raison de plus pour que le Front de gauche trouve un nouveau souffle.

 

mardi 10 juin 2014

Le séisme électoral, vu des Tours Aillaud : 3. Le Front de gauche n'a pas fait le poids


Le 5 mai, le meeting départemental du Front de gauche, à Nanterre, rassemblait
des centaines de militants. 20 jours après, les résultats n'étaient pas au rendez-vous.
Le Front de gauche, aux  bureaux 46 et 47, où sont inscrits le plus grand nombre des habitants des Tours Aillaud,  réalise, on l’a vu, un score décevant : 13,81 % et 13,31 % des exprimés (ce qui correspond à seulement 66 voix), en troisième position, après le FN et le PS. Dans le quartier du Parc, c’est dans des bureaux de la partie « sud » : Picasso (19,57 %), Decour B (19,21 %), Robespierre (19,21 %),  que le FdG obtient les meilleurs pourcentages, de 5 à 8 points au-dessus des bureaux du « Parc nord ».
Dans d’autres bureaux de la ville le FdG atteint des scores parfois beaucoup plus importants par rapport aux exprimés : école des Pâquerettes préau (31,25 %), Hôtel de Ville 1 (28,21 %), La Fontaine B (25,88 %), Jules Ferry maternelle (25,30 %), Voltaire B (22,73 %), Pâquerettes primaire (22,46 %). Mais ce sont des bureaux dans lesquels l’abstention est, comme dans le quartier « Parc sud », particulièrement forte (à l’exception des bureaux Hôtel de ville 1 et Jules Ferry maternelle, où elle l’est légèrement moins que la moyenne de la ville).
Dans 7 bureaux du centre-ville et du Plateau-Mont Valérien, le FdG est à moins de 10 %, son plus mauvais score étant de 6,14 %, salle de quartier Romain Rolland (1) (2)
A Nanterre, un tel résultat est le plus faible de toutes les élections passées. Avec 13,54 % des exprimés, le FdG arrive en 4ème position, derrière le PS (16,38 %), le FN (16,21 %), l’UMP (14,10 %), devant EELV (10,68 %). En 2009, le FdG, avec 15,09 %,  était en 3ème  position, derrière EELV (19,47 %), l’UMP (18,14 %), devant le PS (14,27 %). Nanterre fait partie des 6 villes, sur les 36 communes du département, où le FdG perd en voix et en pourcentage par rapport à 2009, alors qu’il progresse ou est quasiment stable dans les autres.
(1)     Je ne tiens pas compte ici du vote de la caserne dite de la Garde Républicaine (bureau Joinville): 3,36 % pour le FdG ; 2,24 % pour le PS ; 49,25 % pour le FN… et plus de 60 % des 707 inscrits se sont abstenus.

Comparaison entre les 8 villes des Hauts-de-Seine où le Front de gauche a obtenu des scores supérieurs à  la moyenne régionale (6,55 %) :
 

 
 
Inscrits
 
 
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Résultat
 2014
FdG
 
2014/
2009
 Gennevilliers
20 578
6001
1863 voix,   
31,04  %
- 27 voix,    
+ 2,27 %
Malakoff
19 114
8671
1803 voix,
  21,32 %
- 1 voix,  
 -0,01 %
Bagneux
20 989
7220
1512 voix,   
20,94 %
+ 341 voix,
+ 1,7 %
Nanterre
46 134
15 905
2154 voix, 
 13,54 %
- 184 voix,
 - 1,55 %
Villeneuve
12 429
3104
251 voix,     
  8,09 %
+ 42 voix, 
+ 1,82 %
Clichy
30 643
11 098
876 voix,     
 7,89 %
+ 227 voix,
+ 1,89 %
Fontenay
15 279
7169
536 voix,      
7,48 %
+ 72 voix,    
+1,21 %
Châtenay
18 345
8116
594 voix,     
 7,32 %
+ 153 voix,
+ 1,7 %
Hauts-de-Seine
954 577
437 356
23 869, 5,46 %
+ 1589 voix,
 + 0,06 %

C’est, sans surprise, dans les 3 villes du département, Gennevilliers, Malakoff et Bagneux,  dont le maire est militant au PCF, que le FdG, malgré un taux d’abstention très élevé,  s’affirme comme première force politique.
 C’est vrai aussi dans d’autres villes de la région parisienne, comme Ivry (abstention : 62,44 %), avec 22,46 %, devant le PS (15,96 %) et le FN (13,22 %) ; Valenton (abstention : 73,22 %), avec 31,85 %, devant le FN (21,02 %) et le PS (10,25 %) ; Saint-Denis (abstention : 74,26 %), avec 19,77 %, devant le PS (15,78 %) et le FN (15,58 %), ou Aubervilliers (abstention : 74,98 %), avec 22,47 %, devant le FN (20,76 %) et le PS (13,49 %).
Il n’est pas très étonnant qu’EELV avec 20,25 %, soit en tête à Montreuil (abstention : 63,77 %), devant le FdG (17,9 %), le PS (13,33 %)  et le FN (11,65 %). D’autres situations sont beaucoup plus préoccupantes : La Courneuve ( abstention : 75,01), avec le FN (20,52 %) devant le FdG (19,79 %), et le PS (19,35 %) ; Vitry (abstention : 68,75 %), avec le FN (17,96 %) devant le FdG (17,04 %) et le PS (16,21 %) ; ou encore Bezons (abstention : 66,69 %), où le FN (22,49 %) est devant le FdG (18,73 %), et l’UMP (15,37 %) devant le PS (12,07 %).
Nanterre a des résultats atypiques. Quand le taux d’abstention rend décisive la mobilisation militante des forces politiques dans la proximité pour gagner les voix « une par une », il semble évident que celle du Front de gauche a été en deçà de son potentiel. Par exemple, dans le quartier du Parc (ses parties nord et sud concentrent le quart de la population de la ville), aucun élu n’a participé sur le terrain à la campagne du Front de gauche (il n’y a plus dans ce quartier d’élus municipaux PCF). Dans le groupe « communiste et initiatives citoyennes », des élus n’ont pas caché leur préférence personnelle pour d’autres listes, ou leur désintérêt pour cette élection. Quelques militants du Front de gauche, mal remis de divergences au moment des municipales, se sont abstenus, au moins de faire campagne. Si le maire, la députée, les conseillères régionale et générales, d’autres élus municipaux, ont appelé à voter FdG, c’est Nanterre-perspectives, publication de la section du PCF, distribué à un peu plus de 10 000 exemplaires, qui l’a fait connaître largement : ce qui ne rendait guère évidente ni mobilisatrice une dynamique diversité du Front de gauche, par exemple dans un quartier comme celui du Parc où les militants communistes étaient seuls visiblement en campagne.
D’autres facteurs, qui sont à rechercher dans une analyse de modifications sociologiques d’une population en sensible augmentation, jouent sans doute un rôle dans la modification des cultures politiques.
Faisons l’hypothèse que des particularités  locales  aient pu jouer, comme à Nanterre en moins, ailleurs en plus,  pour quelques centaines de voix. La tendance forte et lourde, nationale, n'en est pas moins que le Front de gauche marque le pas, retrouve son score d’il y a 5 ans, d’avant la campagne présidentielle qui avait ouvert des espoirs. 1 200 389 voix et 6, 33 % en France métropolitaine (+ 158 000 voix et + 0,28 % par rapport à 2009) ; 193 000 voix et 6,55 % en Île-de-France (+ 16 387 voix et +0,23 % par rapport à 2009) : c’est loin de faire le compte, au regard des enjeux, de l’ambition de donner une nouvelle force dans les urnes à la gauche qui ne se résigne pas à se soumettre aux lois mortifères du capitalisme financier, qu’elles soient édictées depuis Bruxelles ou depuis l’Elysée.
Et la très lourde défaite, à l’échelle du pays, des autres forces de gauche, malgré pour la plupart aussi des ancrages locaux, ne saurait être une consolation. Car c’est la droite la plus réactionnaire qui, avec la promotion du FN, comme aux municipales, profite de cette situation délétère. Oui, « il y a péril en la demeure » : avant de poursuivre le survol des résultats d’autres listes, « depuis les Tours Aillaud », mon prochain billet sera consacré à une réflexion personnelle plus générale, de militant communiste voulant contribuer à "un nouveau départ du Front de gauche".