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40 mars 2016, Place de la République, Paris

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Pour nos droits et libertés, continuons le combat !

Nanterre en colère

Nanterre en colère
Photo prise au printemps...pour voir des images de la manif du 15 septembre à Paris : cliquer sur la banderole

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FAISONS FRONT COMMUN

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jeudi 22 septembre 2016

Tolérance zéro pour les discours de haine !


militant-e-s du comité du MRAP, habitant-e-s du
quartier, ont commencé la distribution de leur tract
en riposte au matériel électoral incitant à la haine
du candidat local du FN aux élections de 2017
A Pablo, on vaut beaucoup mieux que ça !

Mouvement contre le Racisme
et pour l'Amitié entre les Peuples

comité de Nanterre
27 rue Sadi Carnot, 92000 Nanterre
mrap.nanterre@orange.fr
C’est avec dégoût et indignation que le Comité local de Nanterre du MRAP a pris connaissance d’un tract de campagne électorale que le Front National a mis sur la voie publique dans le quartier Pablo Picasso.

Il énumère diverses nuisances, les unes imaginaires, les autres hélas bien réelles, et les amalgame avec la criminalité et les trafics illicites. Contradictoire et confus, il exprime du mépris pour tout ce qui est action sociale, éducative, pour tout ce qui est prévention de la délinquance, pour les projets de réhabilitation du quartier, pour le travail de nombreuses associations et services de la ville, avec lesquels notre comité local travaille en partenariat. A ceux qui « en ont marre de vivre dans l’insécurité », le tract ne propose rien de neuf : il repose sur des éléments de langage aussi agressifs que creux, comme la « tolérance zéro … pour résoudre des conflits de voisinage »sic ). Hormis sans doute une extrême violence du discours qui vise à attiser des tensions, cette grossière démagogie électoraliste n’a rien d’original.
  La haine de tout ce qui est « social », comme l’invitation à la délation, ne sont évidemment pas sans évoquer les méthodes de l’extrême droite depuis le début du siècle dernier, ni les pages sombres de notre histoire. Mais il y a encore plus grave.

Tolérance zéro 
pour les discours de haine !

Le texte suinte l’islamophobie, en présentant à plusieurs reprises le musulman comme archétype du méchant, de l’agresseur. Nous combattons l’islamophobie comme une des formes du racisme, dont malheureusement le FN n’a pas le monopole ! Ainsi, nous avons dénoncé l’odieux amalgame entre une religion et les monstrueux crimes terroristes, dont beaucoup de victimes sont musulmanes. Nous tenons à assurer du soutien du MRAP, les femmes et les hommes, les familles, les jeunes, qui subissent au quotidien injures, stigmatisations et discriminations en raison de leur religion, comme de leur origine, réelles ou supposées.

Le dernier paragraphe cible l ’« immigration », traitée en termes injurieux, comme ce qui ferait que le « vivre ensemble est fortement compromis à Pablo Picasso ». Rappelons qu’est immigrée, qu’elle soit ou non de nationalité française, toute personne née dans un pays étranger de parents dont aucun n’a la nationalité française. Désigner comme des « immigrés » les enfants et petits- enfants de familles installées en France, c’est leur dénier leur qualité de citoyens – ou futurs citoyens – français. C’est ce que fait toujours le FN, qui, par cet enfumage, clame que – selon ses critères racistes – l’« immigration est massive » dans les cités populaires.
La conclusion du texte : « faire le ménage », constitue donc un appel à la haine, à la discrimination raciste, voire à l’épuration ethnique !

Les uns disent : « vous êtes des immigrés indésirables et inassimilables, on va vous expulser ». D’autres disent : « vous ne serez jamais français, les Français sont racistes, ils ne veulent pas de vous ». Leur but est de nous diviser, de nous dominer.  Ne pas s’opposer ensemble à de tels semeurs de haine, ce serait laisser le terrain à ceux qui veulent la guerre de tous contre tous, ce serait renier les valeurs républicaines de liberté, d’égalité, de fraternité.




Vivre ensemble 

c’est lutter ensemble

Notre condamnation, notre dénonciation de la campagne raciste du Front national, comme de celle de tout candidat aux élections de 2017 qui s’en inspire, n’est pas seulement « morale ». La « racialisation » de personnes et de groupes, ce n’est pas seulement l’expression d’individus ignorants ou malfaisants, qu’il suffirait d’éduquer ou de réprimer par l’application de la loi, pour que le racisme disparaisse. C’est une arme de division et de domination. Ce sont toutes ses formes, quotidiennes, politiques, institutionnelles, qu’il faut combattre ensemble.

Imposons la « tolérance zéro » contre toute discrimination, notamment dans l’accès à la formation et à l’emploi.
Exigeons une loi pour que des « récépissés » fassent cesser le traumatisme des jeunes soumis à des contrôles policiers répétitifs au faciès .
Obtenons que l’accès à la nationalité française soit moins difficile, et ne lâchons rien pour conquérir le droit de vote pour ceux qui garderont leur nationalité d’origine.

 C’est en menant ensemble de tels combats, pour l’égalité des droits et l’égalité effective, que se construit la société, la citoyenneté du XXIème siècle, contre tous les stéréotypes et préjugés racistes.
C’est sur cette base que le MRAP est disponible, en partenariat avec toutes les organisations qui le voudront, pour contribuer à empêcher le FN de mettre sa dangereuse démagogie au cœur des campagnes électorales de 2017.


Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples

Comité local : 27 rue Sadi Carnot, 92000 NANTERRE
permanence contre les discriminations racistes, sur rendez-vous
06 31 82 20 85

mercredi 21 septembre 2016

Faire front contre le racisme et les discriminations




La dernière provocation de Sarkozy a été largement commentée dans les médias et les réseaux sociaux. Plus qu’une ignorance de l’Histoire, c’est la volonté d’imposer une idéologie qu’il partage avec le FN et une grande partie du clan auto-nommé par antiphrase « Les Républicains », qui agite l’ancien président qui ambitionne de reconquérir l’Elysée. Le mythe de l’origine gauloise des Français n’a rien de neuf. Il traîne hélas dans des manuels d’histoire depuis le temps des colonies.  On aimerait pouvoir aujourd’hui en rire. Mais il est symptomatique d’une intense campagne sur le thème d’une identité nationale ethnique imaginaire, aussi malheureuse qu’agressive, xénophobe et raciste, incitant au rejet de l’« autre » et à la haine.  
Fabienne Haloui, membre du Conseil Exécutif National et responsable de la commission Lutte contre le racisme, pour l’égalité du PCF, a aussitôt publié une déclaration dont on peut lire l’intégralité ci-dessous et sur le site de la fédération du Vaucluse du PCF :

La France de Sarkozy est un fantasme
La France éternelle que défend Sarkozy n'existe pas, elle relève d'un fantasme visant à diviser quand nous devrions rassembler : notre récit commun reste, malheureusement, à écrire : notre jeunesse a besoin de connaître tous ses ancêtres, les gaulois certes, mais aussi les tirailleurs sénégalais ou marocains morts pour la France en 1914-1918, les algériens sans citoyenneté sous l'oppression coloniale, les arméniens fuyant le génocide, les juifs polonais fuyant les pogroms, les martiniquais marqués au fer de le traite négrière ou encore les républicains espagnols combattus par Franco et toutes celles et ceux qui ont choisi la France pour des raisons économiques, depuis le 19ème siècle.
Notre histoire est faite aussi d'ombres et de lumières : celle du moyen âge et de la renaissance, celle de la Commune de Paris et celle de Thiers, celle de la Résistance et celle de la colloboration, celle des Lumières et de l'esclavage.
Sarkozy n'a toujours pas tourné la page de la domination coloniale quand il prône l'assimilation pour des citoyens qui n'ont ni besoin d'être intégrés ni assimilés car ils sont tout simplement français.
La mondialisation des échanges depuis plus d'un siècle fait que La France est dans le monde et le monde est dans la France.
La France est multiculturelle, la France est plurielle religieusement, la France, c'est une chance, est laïque : c'est une réalité qu'il faut accepter sauf à considérer qu'il faudrait expulser quelques millions de français.
Notre récit commun ce n'est donc ni les délires de Zemmour, ni l'histoire sélective de Sarkozy ou de Le Pen ! Au-delà de la pluralité de nos ancêtres, ce qui fonde notre appartenance à la France ce sont ses valeurs que sont la liberté, l'égalité et le fraternité.
Fabienne HALOUI
Responsable nationale de la lutte contre le racisme au Parti Communiste Français

Résistons, ripostons !

Il y a onze jours, à la fête de l’Humanité, l’agora était pleine le samedi soir pour la soirée « Faire front contre le racisme et les discriminations », une des plus grandes parmi les multiples initiatives sur ce thème, pendant les « trois jours pour changer le monde ». Il me semble utile de revenir sur ce débat, riche et vif, entre les invités à la table ronde de la tribune de l’Humanité, et d’autres intervenants sous le chapiteau.
La lutte contre le racisme doit devenir vraiment un combat politique de premier plan pour les communistes, comme pour tous ceux qui veulent construire une alternative à gauche, en rupture avec la dérive néolibérale et « identitaire » de la majorité du PS. Chercheurs et militants associatifs sont nombreux sur le terrain des luttes contre les discriminations : « Les politiques doivent aussi faire leur boulot ». Le PCF doit regarder son histoire, et ne doit pas, aujourd’hui, décevoir les attentes…

Ecouter l’introduction à la rencontre, animée par Rosa Moussaoui, journaliste, avec Ali Guessoum, coordinateur artistique de l’exposition « Attention Travail d’Arabe ! » présentée avenue Jean Jaurès, à côté de l’agora, pendant les trois de la fête, par le collectif REMEM’BEUR
Ecouter Baya Kasmi, cinéaste, réalisatrice du film Je suis à vous tout de suite, scénariste du film Le nom des gens.


Ecouter Marwan Mohamed, sociologue, chercheur au CNRS

Ecouter Tarek Kawtari, animateur du collectif Justice pour le Petit-Bard, de Montpellier

Ecouter Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers.

Ecouter Salah Amokrane, de Takticollectif.

Ecouter Nordine Idir, membre du conseil national du PCF.

Ecouter Sonia Nour, membre du bureau de la commission Lutte contre le racisme, pour l’égalité du PCF 




















mardi 20 septembre 2016

Avec les demandeurs d’asile du 92, devant la FACEM, à Nanterre.



Lundi 19 septembre, 7 heures du matin. La petite foule des demandeurs d’asile s’agite sur le trottoir étroit de la rue Ernest Renan, une voie discrète, bordée de pavillons et d’entreprises, du quartier du Chemin de l’Île, à Nanterre. C’est là que la FACEM, entreprise privée chargée du pré-accueil des demandeurs d’asile par la Préfecture des Hauts-de-Seine, a déplacé ses bureaux, qui ouvrent à 9 heures, trois jours par semaine. Mais c’est le lundi matin qu’il faut être là, à attendre des heures avant le jour, parce que la Préfecture ne traite que 75 ou 80 dossiers par semaine : donc seuls les premiers auront la chance de pouvoir dans les jours suivants atteindre le guichet du service des étrangers de la préfecture, chargé de trier et de transmettre les dossiers à l’OFPRA. Les autres devront revenir la semaine suivante. Avoir les bons numéros, c’est aussi pouvoir accéder aux droits les plus élémentaires, à un revenu de survie, à l’accès aux soins, à un hébergement… Pas étonnant dans ces conditions que quelques jeunes poussent pour resquiller des places, que des querelles éclatent. Cette fois, une patrouille de police intervient, puis repart après un contrôle rapide de deux ou trois personnes, qui retournent attendre à leur place avec un peu moins de nervosité.  Mais c’est la dignité de la très grande majorité qui impressionne. Quand vers 8h30, un salarié de la FACEM arborera un brassard « sécurité », le calme sera déjà revenu depuis longtemps dans la file qui s’allonge encore de quelques « retardataires ».


Pour ces hommes, majoritairement jeunes, ces quelques femmes, venus de pays ravagés par les guerres, les dictatures, les terrorismes et la misère, la souffrance ne s’arrête pas en passant enfin les frontières de l’Europe forteresse après avoir côtoyé la mort, échappé aux violences de toutes sortes : la maltraitance continue sur le sol de France. On le voit et le dénonce à Calais, Vintimille ou Paris, on ne sait pas assez comment ça se passe pour déposer une demande d’asile auprès des préfectures de banlieues. Et à Nanterre, ce n’est pas le pire, dit-on.
  « Ce matin, pour l’instant, ils ne sont que 93, et seulement une quarantaine à avoir passé la nuit ici, depuis la soirée de dimanche », estime Jean-Yves, qui, avec le Secours catholique, organise chaque semaine un contact humain, distribuant boissons chaudes et viennoiseries. Certaines semaines, ils sont deux fois plus nombreux. Pas de sanitaires ni d’abri, alors évidemment des riverains se plaignent. L’affichette collée sur la vitre du bureau a l’air d’une mauvaise plaisanterie.


La situation est encore pire que devant le 177 avenue Georges Clémenceau, d’où la FACEM a dû déménager suite aux plaintes de patrons d’entreprises établies dans les beaux immeubles bordant la nationale 13. Ici, la misère, à laquelle sont contraintes des personnes qui sont souvent étudiantes, ingénieurs, professeurs, avocat ou médecins, plus souvent que cultivateurs ou pêcheurs, est moins visible.
Avoir enfin le numéro permettant d’atteindre le guichet de la Préfecture ne signifie pas la fin du calvaire. Ceux qui ont eu le malheur de se faire prendre les empreintes digitales en Italie ou dans un autre pays de l’espace Schengen, risquent d’y être reconduits, ou au mieux ils devront attendre plus de six mois pour déposer leur demande d’asile. C’est le cas notamment de nombreux Soudanais que la police a amené de leur campement parisien au Centre d’Accueil et de Soins Hospitaliers de Nanterre. Il faudra de toute façon attendre ensuite plusieurs mois, sinon parfois des années, la décision de l’OFPRA, puis, si elle est négative, le verdict des magistrats de la CDA. La nouvelle loi qui se présente comme voulant accélérer les procédures, risque d’entraîner davantage d’arbitraire. Ainsi, il aura fallu à peine un an pour qu’une jeune femme congolaise, dont l’enfant est scolarisé à Nanterre, soit déboutée de sa demande, et mise en demeure de quitter le CADA (Centre d’Accueil de Demandeurs d’Asile). Le 115 est débordé, de telles demandes d’hébergement d’urgence sont rarement vite et bien satisfaites. La majorité des demandeurs d’asile deviennent des sans-papiers.  Des circulaires enjoignent les préfectures à prendre le plus vite possible des décrets d’Obligation à Quitter le Territoire Français à leur encontre. Pour aller où ?
Associations, organisations syndicales ou politiques, collectifs citoyens qui luttent pour les droits de la personne humaine, ont beaucoup à gagner en forces militantes, et en influence, pour changer l’inhumaine politique menée par les « gouvernants » de la France contre les arrivants – demandeurs d’asile, migrants, réfugiés : qu’importe comment on les désigne, ils et elles sont des femmes, des hommes, des enfants.


vendredi 16 septembre 2016

A coups de 49-3 , Hollande, Valls et leur gouvernement n'ont fait qu'amplifier la colère ! Abrogation de la loi de casse du code du travail ! ont exigé 170 000 manifestants dans le pays, dans les premières manif de la rentrée.

Toutes mes photos de la manif sont téléchargeables
La manifestation parisienne contre la loi de casse du code du travail a été nombreuse (40 000, m’a dit Anne, secrétaire de l’UD CGT 92), calme et déterminée. Il fallait pourtant avoir du courage, pour défiler jusqu’au bout de Bastille à République ! Depuis quelques jours, radios, télés et presse écrite inféodées aux milieux de la finance martelaient le mensonge que la loi avait été votée (en réalité imposée de force à trois reprises par le 49-3, sans majorité parlementaire pour la voter), prédisaient qu’il y aurait des violences, ironisaient sur le dernier baroud d’honneur de la CGT…
La colère est grande aussi dans l'Education nationale, et ça s'est vu, avec un cortège FSU plus étoffé qu'en juin, et avec la présence de personnels d'établissements en lutte, comme les lycées Joliot Curie et Langevin de Nanterre :
Non, les "casseurs" n'étaient pas parmi nous !
Evidemment des « casseurs », extérieurs à la manifestation syndicale, s’en sont pris au mobilier urbain et aux « forces de l’ordre » qui « nassaient » les manifestants . La place de la Bastille était en état de siège, station de métro fermée et quartier bouclé. Une centaine de manifestants, arrivés par la gare de Lyon, ont été bloqués longtemps avant de pouvoir atteindre les cortèges de leurs syndicats. Au départ comme à l’arrivée, il fallait franchir un par un des checkpoints tenus par gendarmes et CRS en tenue de combat. 
Place de la République, ce n’était plus l’ambiance bon enfant des Nuits debout : des centaines de policiers chargeaient à tout va.
Tout était donc, du début à la fin, en place pour tendre l’atmosphère, pour que les chaînes d’info en continu et les JT, les sites des journaux, aient les images annoncées, voulues par les autorités, pour présenter les manifestants comme des hooligans : à Paris, à Nantes ou à Rennes, où la presse locale évoquait pourtant une situation calme. Dans la capitale bretonne, la police ne tient sans doute pas à se vanter d’avoir tabassé de jeunes étudiants (je connais personnellement une des victimes).
Chez les manifestants des cortèges syndicaux d’Île-de-France, chez les militants des forces de gauche venues les soutenir, leurs dirigeants et élu-e-s ( PCF, Ensemble, « France insoumise », NPA, LO…), ces grossières provocations, ces tentatives d’intimidation, ces violences,  indignent toujours, mais n’étonnent plus. Depuis le printemps, sous couvert d’état d’urgence, tout est fait par le gouvernement pour essayer d’étouffer le débat sur la loi scélérate, pour réprimer l’action syndicale, pour restreindre les droits et libertés. Alors, nous ne nous étonnons même plus d’être stoppés tous les deux-cents mètres, ni même de respirer de temps en temps du gaz lacrymogène. 
Rien ne pouvait arrêter notre marche, ni faire taire les raisons de fond de notre colère. Toutes les banderoles, toutes les pancartes exprimaient à leur manière, avec la force d’un slogan collectif ou la libre imagination individuelle, ce que pense la majorité des habitants de ce pays. 

Promulgation ou pas, « Tout le monde déteste la loi travail », « Abrogation de la loi travail ! », comme l’exigent CGT, FO, FSU, SUD-Solidaires, avec l’UNEF, l’UNL et toutes les organisations de jeunesse, les associations, qui sont en lutte depuis le printemps. Et il y a de bonnes raisons à cela :
« Promulguée le 8 août dernier, la loi « Travail » menace à terme l’ensemble des garanties collectives encadrant le contrat de travail. Dans le cadre des attaques contre la fonction publique, elle pourrait servir de point d’appui pour dégrader aussi les statuts des agents publics. Elle marque la disparition du principe de faveur – conquis en 1936 – et l’inversion de la hiérarchie des normes, notamment pour la définition du temps de travail et le taux de majoration des heures supplémentaires. C’est une loi de dumping social.
Ce recul sans précédent permet à Pierre Gattaz, président du MEDEF d’exiger 90 milliards d’euros supplémentaires d’allègements fiscaux pour les patrons, qui s’ajouteraient aux 40 milliards déjà obtenus dans le cadre du Pacte de responsabilité…
Pour tenter d’imposer cette politique de régression sociale, le gouvernement, isolé dans la population et même dans son propre camp, utilise des méthodes autoritaires. La prolongation de l’état d’urgence servant de prétexte pour tenter d’interdire les manifestations. Ce climat sert même à Mme El Khomri de désavouer l’inspection du travail en validant le licenciement d’un délégué syndical d’Air France. L’action syndicale étant peu à peu assimilée à un délit de droit commun.
D’ailleurs, l’article 3 de la loi du 21 juillet 2016, qui proroge de six mois l’état d’urgence, énonce explicitement que « les cortèges, défilés et rassemblements de personnes sur la voie publique peuvent être interdits dès lors que l'autorité administrative justifie ne pas être en mesure d'en assurer la sécurité compte tenu des moyens dont elle dispose ».

Les Unions Régionales CGT, CGT-FO, Solidaires, FSU et UNEF d’Ile de France réaffirment qu’elles n’entendent pas se soumettre, surtout lorsqu’il en va de la défense des intérêts matériels et moraux des salariés.
S’inscrivant dans le cadre de la déclaration commune des 7 organisations nationales du 8 juillet : « ….. », les organisations signataires réaffirment leur détermination à combattre la loi « Travail » et à en obtenir l‘abrogation et plus généralement à faire aboutir l’ensemble des revendications des salariés et des jeunes. »
(communiqué commun unitaire du 1er septembre 2016)

Un baroud d’honneur ? il n’y a que des journalistes et des politiciens pour faire semblant de le croire. La CGT pouvait écrire, dans la soirée du 15 septembre :
« La rentrée sociale est à l’image de la météo, chaude et orageuse, n’en déplaise à ceux qui avaient déjà enterré le mouvement social.
Sur tout le territoire, ce sont plus de 110 manifestations et rassemblements qui se sont déroulés à l’appel des 7 organisations mobilisées pour continuer de dire NON à la loi travail.
Malgré les mesures de sécurité draconiennes imposées par des préfectures pour pouvoir se rendre sur certains lieux de manifestation, plus de 170 000 salariés ont bravé les interdits et battu le pavé pour la 14ème fois.
Tous continuent d’être contre cette loi scélérate.
La CGT continuera de se battre pour, sur tous les terrains, empêcher l’application de cette loi, point par point, mesure par mesure, que ce soit au niveau local, dans les entreprises avec les salariés ou nationalement, tout comme devant la justice.
Nous continuons de nous mobiliser pour faire barrage à cette loi qui n’a pas été votée mais arbitrairement imposée aux salariés de ce pays.
A l’image du CNE-CPE, rien n’est gravé dans le marbre. Ce qui a été validé peut être annulé.
Aux politiques de prendre leurs responsabilités. »

 Les "politiques" de gauche qui combattent la politique
 du gouvernement néo-libéral qui roule pour le MEDEF,
 vont-ils entendre l'appel de la rue au "tous ensemble" ?



Le moins que l’on puisse dire, c’est que Hollande et Valls, leur gouvernement, la majorité du PS, les fuient, leurs responsabilités ! Pas un seul des candidats déclarés à la Présidentielle n’était avec nous dans la rue. Les campagnes pour 2017, pour la majorité des prétendants, glisse sur le terrain identito-sécuritaire, pour le plus grand bénéfice des clans Le Pen et Sarkozy. Les questions sociales : on verra après les élections ?!
Heureusement, toutes les forces politiques de gauche ne se résignent pas au désastre annoncé : plusieurs étaient présentes jeudi, dans le cortège et dans des points de rencontre. Mais encore en ordre dispersé…








jeudi 15 septembre 2016

Pour le droit des enfants Roms à l'éducation : étude du CDERE, conférence de presse le 27 septembre.


Le Collectif pour le Droit des Enfants Roms à l’Education, le CDERE, dont le MRAP est membre, publie une étude sur la scolarisation des adolescent-e-es en bidonvilles et en squats le 27 septembre prochain.


Cette étude se base sur une enquête de 161 questionnaires et d’entretiens passés sur des bidonvilles et squats en France. Elle pointe l’absence de prise en compte des jeunes adolescent-e-s âgés de 12 à 18 ans par toute autorité compétente. Une grande majorité des jeunes vivant sur les 34 lieux de vie enquêtés ne vont pas à l’école. Pour celles et ceux qui ont entre 16 et 18 ans, l’école est quasi-inexistante. Cette enquête par ses constats et recommandations montre qu'il est urgent d'agir !
Nous organisons pour la publication de l’étude une conférence de presse le mercredi 27 septembre à Paris au siège du SNUipp-FSU au 12 rue Cabanis à 11h

Les membres du Collectif pour le droit des enfants roms à l’éducation – CDERE
ABCR (Association Biterroise Contre le Racisme) – ASAV (Association pour l’accueil des voyageurs) – ASEFRR (Association de Solidarité en Essonne avec les Familles Roumaines & Roms) – Aset 93 (Association d’Aide à la Scolarisation des Enfants Tsiganes) – Aset 95 –Association Romeurope 94 – Association Solidarité Roms de Saint- Etienne – ATD-Quart monde – CLASSES (Collectif Lyonnais pour l’Accès à la Scolarisation et le Soutien des Enfants des Squats) – CLIVE (Centre de Liaison et d’Information Voyage Ecole) – Collectif de soutien aux familles rroms de Roumanie 95 – Collectif Romeurope du Val Maubuée 77 –Collectif Roms de Montpellier – Collectif Romeurope 92 Sud – Collectif Romyvelines – DEI-France (Défense des Enfants – International) – Ecodrom – FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) – FERC-CGT (Fédération de l’éducation, de la recherche et de la culture) – Gisti – Hors la Rue – Intermèdes Robinson – L’école au présent – LDH (Ligue des Droits de l’Homme) – MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) – RESF (Réseau Education Sans Frontière) – Scolenfance – Secours Catholique (Caritas France) – SNPI-FSU (Syndicat national des personnels d’inspection) – SNUipp-FSU (Syndicat National Unitaire des instituteurs professeurs des écoles et Pegc-Fédération syndicale unitaire) – Sud Education
Ainsi que des militant-e-s en faveur des droits des enfants

Dossier de presse disponible à partir de la semaine du 19 au 24 septembre

Contacts presse :
Pablo Krasnopolsky - FERC-CGT - 06 33 53 62 21
Pierre Lafrance - RESF - 06 62 43 21 36
Clotilde Bonnemason - CNDH Romeurope - 06 35 52 85 46

Collectif National Droits de l’Homme Romeurope 
59 rue de l’Ourcq -75 019 Paris 
Tel : 
+ 33 (0)6 35 52 85 46  
www.romeurope.org


Avec les travailleurs sans papiers du chantier du 46 avenue de Breteuil à Paris


La grève engagée, suite à un grave accident du travail, par 25 travailleurs sans papiers du 46 avenue de Breteuil, dans le 7ème arrondissement de Paris, près du métro St-François-Xavier, est emblématique.


Sur tous les chantiers de la métropole, des entreprises sous-traitantes surexploitent des migrants, dont certains sont demandeurs d’asile, contraints au « travail dissimulé » pour survivre. Ici, le donneur d’ordre, c’est COVEA, groupe mutualiste qui se réclame de l’économie sociale et solidaire. Mais pour l’instant, il cherche à fuir ses responsabilités, préférant faire un procès devant le TGI de Paris pour se débarrasser des victimes de conditions scandaleuses de travail (pas de vêtements de protection, échafaudage bancal…), tirant à boulets rouges sur la CGT, syndicat auxquels ces travailleurs sans papiers ont fini par faire appel, devant le refus de toute négociation. (délibéré le 20 septembre).


Les principales revendications urgentes sont :
que l’accident du travail soit reconnu et indemnisé comme tel,
que le travail soit payé, y compris le grand nombre d’heures supplémentaires imposées,
que des fiches de paie soient éditées,
que ces travailleurs reçoivent ainsi de la Préfecture des titres de séjour.


Le premier rendez-vous de soutien a rassemblé des responsables de la CGT, des élus du PCF et du PG, l’ATMF, Droits-Devant, des Inspecteurs du travail syndicalistes, des responsables de la fédération de Paris du PCF…


Plusieurs ont expliqué la campagne menée pour la régularisation des travailleurs sans papiers qui n’ont ni contrats ni fiches de paie, et qui sont parmi les oubliés de la circulaire du 28 novembre 2012 permettant des admissions exceptionnelles au séjour. Les inspecteurs du travail doivent pouvoir obtenir la régularisation administrative sur simple constat d’un rapport de travail : c’est la revendication principale du collectif qui rassemble notamment Droits-Devant et des syndicalistes de l’Inspection et de la Direction du travail.
Extraits du tract de la CGT-Paris appelant au rassemblement du 14 septembre :

COVEA doit assumer ses responsabilités !

Suite à un accident du travail grave survenu le 6 septembre 2016, les 25 salariés maliens de la société MTBAT Immeubles, manœuvres dans la démolition, se sont mis en grève le 7 septembre à 7h30 et occupent la cour d'entrée de leur chantier au 46 Avenue de Breteuil.

Ces travailleurs, tous sans-papiers, non déclarés ou mal déclarés, dénoncent leurs conditions de travail, leur situation de vulnérabilité, les dangers qu'ils encourent sur les chantiers et le fait que leur employeur n'ait pas voulu appeler les secours. Ils ont dû appeler eux-mêmes les pompiers !

La police et l'inspection du travail ont donc pu se rendre sur les lieux et faire des constats.

Ils demandent à être déclarés, avoir des contrats de travail, payer des cotisations sociales, obtenir l'ensemble de leurs fiches de paie et la régularisation de leur situation administrative.

Cette situation emblématique met, une nouvelle fois, à jour la forte vulnérabilité dans laquelle se trouve les travailleurs sans-papiers contraints, pour une grande partie, au travail dissimulé et exposés à de forts risques d'exploitation et de risques professionnels (y compris l’exposition à l’amiante) sur leurs lieux de travail.

Aujourd'hui la circulaire de régularisation du 28 novembre 2012 ne prend pas en compte les salariés non déclarés ou mal déclarés par leurs employeurs. Il est temps que ce vrai travail soit lui aussi reconnu !

Pour lutter contre le dumping social, dans l'intérêt de tous les salariés, la CGT réclame la régularisation des travailleurs sans-papiers et le respect du Droit du travail pour toutes et tous !

COVEA Immobilier (GMF, MMA, MAAF), propriétaire des 12 000 m2 de l'ancien site Michelin du 46 Avenue de Breteuil, assigne devant la justice les travailleurs sans-papiers grévistes qui intervenaient sur le chantier de son immeuble afin de demander leur évacuation...
COVEA serait mieux inspiré de pousser les entreprises qui travaillent sous ses ordres à établir contrats de travail, fiches de paie et à délivrer les documents nécessaires à leur régularisation...


Vous pouvez passer chaque jour soutenir les grévistes, apporter des couvertures, de la nourriture, de la solidarité morale et financière.
COVEA ayant mis des vigiles à l'entrée du chantier, si vous voulez entrer, il faut dire que vous êtes de la CGT.
Déjà, le soutien est gréviste se manifeste chaque jour notamment par les habitants du quartier, et la presse fait un large écho à ce conflit du travail.
  
Paris, le 13 septembre 2016