dimanche 7 décembre 2014

Jeudi 18 décembre, manifestations à Paris et à Calais





 








Pour les droits des travailleuses migrant-e-s et de leurs familles

Pour la régularisation des sans-papiers

Pour l’égalité et le respect des droits

Le 18 décembre 2014, anniversaire la Convention internationale pour les droits des travailleurs migrants et de leurs familles, nous appelons à manifester. Nous voulons que la France la ratifie. Nous voulons le respect des droits fondamentaux pour tous les migrants et demandeurs d’asile.

Certes, l'action des collectifs de sans-papiers, les mobilisations citoyennes autour du Réseau Education Sans Frontières (RESF), l'engagement de syndicats aux côtés des travailleurs-euses sans-papiers en grève, le soutien d'associations, permettent d'empêcher des expulsions et d’obtenir des régularisations.

Mais le droit d'asile reste bafoué. L’enfermement d’hommes, de femmes et d’enfants dans des Centres de Rétention Administratifs, les expulsions, les violences, continuent. Les sans-papiers sont soumis à une terrible précarité, victimes d'un système qui encourage leur surexploitation au travail, les pénalise sur tous les plans : santé, insertion sociale et professionnelle, vie familiale. Beaucoup de sans-papiers, dont de très nombreuses femmes, dont le travail n’est pas déclaré, ou qui sont payés en dessous du SMIC, se voient refuser des titres de séjour. Et ceux qui sont régularisés le sont trop souvent avec des titres précaires. A Calais, où auront également lieu des manifestations le 18 décembre, la France oppose toujours des violences policières, l’érection de nouveaux murs, à des exilé-e-s en recherche de protection. Les mesures humanitaires en trompe-l’œil actuellement proposées n’y changeront rien.


Non à la banalisation de la xénophobie et du racisme

Cette logique de plus en plus répressive et xénophobe fait des milliers de victimes, dans la Méditerranée et à d’autres frontières, au pied des murs de l’Europe forteresse. Des jeunes, Mineurs Isolés Etrangers, scolarisés, sont à la rue. La situation humanitaire de milliers d’enfants, dont les familles sont expulsées, est encore pire outre-mer, à Mayotte. La persécution des Roms, citoyens européens, continue et s’aggrave, au mépris des droits des personnes humaines, des droits des enfants. La banalisation du racisme et des discriminations, en lien avec l’origine ou la religion, met à mal les principes républicains de liberté, d’égalité, de fraternité.


Pour régulariser les sans-papiers, la loi doit changer

Mais les projets de lois gouvernementaux qui viennent en débat au Parlement ne font que pérenniser et aggraver la réforme du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) à laquelle nous nous opposions en 2006. Ils ne contiennent aucune avancée vers les libertés de circulation et d’installation. Rien ne permet la régularisation des sans-papiers qui travaillent, étudient et vivent ici. Des moyens nouveaux seraient même donnés au pouvoir administratif pour les expulser, au détriment du pouvoir judiciaire, des droits et libertés de tous. Les titres de séjour seraient à statuts et durées variables, réservés au bout du compte à des migrants choisis.

Nous demandons :

-      La régularisation des migrant-e-s privé-e-s de titres de séjour, afin qu’ils aient des conditions de vie et de travail à égalité de droit et de traitement

-      La délivrance d’un titre de séjour unique, d’une carte de résident à tous

-      La fermeture des centres de rétention

-      Une pleine citoyenneté de résidence

-      Le respect du droit d’asile, de la dignité humaine, à Calais et partout



Manifestation jeudi 18 décembre à 18 h
Belleville/République/Strasbourg-Saint-Denis

signataires : ACORT, Alternative Libertaire,  ATTAC, ATMF, CGT (UD DE PARIS, Union Régionale IdF), Collectif en soutien aux Jeunes Isolés  étrangers-Paris Est, Droits Devant !, EELV, Ensemble !, Femmes Egalité, FSU, FTCR, GISTI,  LDH, MRAP, NPA, PCF, PCOF, PG, RESF, Sang pour sans (Champigny) ,Solidaires, Syndicat de la Magistrature, Union Syndicale de la Psychiatrie…

Appel du Mouvement Emmaüs et de l’Organisation pour une Citoyenneté Universelle

Non au « mur de la honte » à Calais ! 
Mobilisation le 18 décembre 2014


 
Douze ans après la fermeture du hangar de Sangatte, la France va-t-elle avoir son Ceuta et Melilla à Calais ? Le nombre croissant de migrants, présents depuis plusieurs mois dans le Calaisis, conduit nos gouvernants à franchir une étape dangereuse pour les libertés et le respect des droits des migrants.
La légitimité de la présence des migrants est incontestable. Les pays dont ils proviennent - Afghanistan, Erythrée, Irak, Libye, Soudan, Syrie, notamment - en témoignent. Ils fuient la guerre, la répression, la dictature et l’arbitraire à la recherche d’une protection en Europe. Contrairement à ce qui est répété inlassablement, y compris au sommet de l’Etat, il ne s’agit nullement d’une « invasion ». Les conditions de survie indignes qui leur sont imposées en France sont intolérables. Malgré la solidarité des associations locales et la générosité des calaisiens, ils subissent l’abandon des pouvoirs publics qui proposent, à la marge, des solutions insuffisantes et n’assument pas leur responsabilité. Des moyens puissants doivent être déployés immédiatement pour secourir ces réfugiés qui se sont tournés vers nous. Faut-il attendre les premiers morts de froid dans les jungles de Calais pour déclencher enfin une réelle prise de conscience ?
Une nouvelle escalade dans l’aveuglement est en marche avec la construction d’un mur et le déploiement d’un dispositif sécuritaire de grande envergure à Calais, véritable appareil de guerre contre les migrants, entre la France et le Royaume-Uni. Nous, migrants et organisations de la société civile qui travaillons côte à côte depuis des années, refusons une telle dérive et demandons à nos concitoyens de s’y opposer fermement et massivement. Depuis des décennies, les contrôles renforcés aux frontières, les dispositifs de surveillance, d’intimidation et de contention, les mesures de déportation des migrants ont totalement échoué, ont coûté très cher et ont surtout provoqué des milliers de morts. Le mur en construction à Calais n’est qu’une nouvelle et triste illustration de cette réponse sécuritaire. Est-ce cela que nous voulons poursuivre, dans une fuite en avant inacceptable et irresponsable ?
En refusant l’asile et l’accueil, c’est la liberté dont nous jouissons nous-même qui est menacée : nous construisons les murs de notre propre prison. De cela nous ne voulons pas ! L’érection de fortifications à Calais doit cesser, et des discussions s’ouvrir sans attendre avec les autorités britanniques pour recevoir les demandes d’asile qui s’adressent à elles (comme cela a été pratiqué en 2002, à l’occasion de la fermeture du camp de Sangatte). Avec tous les Etats européens, ou avant eux, la France doit revoir la totalité de sa législation et de sa réglementation en matière d’asile et de migration (dénonciation du règlement Dublin et suppression de Frontex). Elle doit le faire dans le strict respect de l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, comme de la Convention de Genève. La France doit enfin réviser sa dangereuse et illusoire conception « nationale » de la migration, totalement inadaptée à la mondialisation des échanges humains et aux drames vécus aux portes de l’Europe. La France doit contribuer, au sein de l’ONU, à promouvoir une nouvelle gouvernance en matière de migration, respectueuse de la liberté de circulation, des droits enfin reconnus et appliqués pour tous les migrants.
Le 18 décembre prochain, Journée Internationale des Migrants, nous, migrants et organisations de la société civile engagées aux cotés des migrants, appelons à une mobilisation d’ampleur, à Calais et partout en France,

  • pour dénoncer l’indignité de l’accueil des migrants et exiger, conformément aux propositions des acteurs associatifs, la mise en place d’un dispositif d’accueil réaliste dans le Calaisis ;

  • pour refuser la réponse sécuritaire et la construction, en notre nom, du mur de la honte à Calais ;

  • pour obtenir de nouvelles politiques migratoires au niveau national, européen et mondial, respectueuses des droits et de la dignité des migrants.

* * *

Appel du Mouvement Emmaüs (Emmaüs international, Emmaüs Europe, Emmaüs France) et de l’Organisation pour une Citoyenneté Universelle.
Premiers signataires :

  • ACADEHLIB (ONG Camerounaise de défense des Droits de l’Homme)
  • ACC Minorités Visibles
  • ACORT (Assemblée citoyenne des originaires de Turquie)
  • ADRA Dunkerque
  • Aide Migrants Solidarité Téteghem
  • APCV (Association de promotion des cultures et du voyage)
  • APSR(L’association d’accueil aux médecins et personnels de santé réfugiés en France)
  • ARCI
  • ASDHOM (Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc)
  • Association Femmes Plurielles
  • ATF (Association des Tunisiens en France)
  • ATTAC France
  • AWC (Association of World Citizens)
  • BE KHE BALLAN
  • Calais Migrant Solidarity
  • Calais, ouverture et humanité
  • CCFD
  • CEDETIM
  • CENTRE D’INFORMATION INTER- PEUPLES (association grenobloise de solidarité internationale)
  • CISEM (Coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants)
  • CISPM- France (Coalition Internationale des Sans-papiers et Migrants)
  • Collectif de soutien de l’EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales) aux sans-papiers et aux migrant-es
  • Collectif de soutien des exilés (Paris)
  • Collectif Fraternité migrants du Bassin minier 62
  • Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie
  • CRID
  • CSP75 (Coordination 75 des Sans- Papiers)
  • DIEL (Droits Ici Et Là-bas - Paris 11ème)
  • Droits devant !!
  • Enda Europe
  • FALDI (Forum des Associations des Luttes Démocratiques de l’Immigration)
  • FASTI (Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s) Fédération 62 de la Ligue des droits de l’Homme
  • Flandre Terre Solidaire
  • FNARS
  • FORIM (Forum des Organisations de Solidarité Internationale issues des Migrations)
  • Forum Social des Quartiers Populaires Rhône-Alpes
  • FTCR
  • GISTI
  • IDD (Immigration Développement Démocratie)
  • Intégration « Les 3I »
  • IPAM
  • Itinérance Cherbourg
  • Jesuit Refugee Service France
  • Kirikou (crêche pour mineurs migrants au Maroc)
  • L’association des Marocains en France
  • La Cimade
  • La Cimade Nord-Picardie
  • La Cimade sud-est
  • La coordination 93 de lutte pour les sans papiers
  • La fondation France Liberté
  • L’AHSETI (ASTI du Havre)
  • L’Auberge des migrants
  • LDH
  • LDH 49
  • LDH CALAIS
  • LDH de Boulogne-sur-mer
  • LDH Dunkerque
  • Le Bon Pasteur - Angers
  • Le Carrefour des Solidarités du littoral nord
  • Le CNCD-11.11.11
  • Le Réveil Voyageur
  • MIGREUROP
  • Mouvement Utopia
  • MRAP
  • MRAP comité du littoral dunkerquois
  • REDA d’Angers
  • RITIMO
  • Salam Nord/Pas-de-Calais
  • SURVIE
  • Terre d’Errance (Flandre Littoral)
  • Terre d’Errance (Norrent-Fontes)
  • Terre d’Errance (Steenvoorde)
  • Union Juive Française pour la Paix (UJFP)

 

 

lundi 1 décembre 2014

Exhibit B : une performance contre le racisme et le colonialisme




Je suis allé hier au Théâtre Gérard Philippe, invité par des ami-e-s du comité de Saint-Denis du MRAP. Exhibit B, de Brett Bailey, est un geste artistique sur le colonialisme, « édifiant » au sens le plus fort du mot. Les mots, après avoir vu les tableaux, on les cherche, et puis ils se bousculent. Les spectateurs sont  nombreux à écrire, comme moi, parfois longuement, dans la dernière salle où les créateurs et acteurs des performances ont exposé leurs témoignages. Le besoin de parler nous a menés tard dans la soirée, au bar du théâtre, puis, entre amis du MRAP, dans un café proche.
 Des journalistes, comme ceux du Monde ou de l’Humanité, des personnalités comme Lilian Thuram, des militants et des citoyens engagés  dans la lutte pour l’égalité, l’anticolonialisme, l’antiracisme, ont attendu d’avoir vu Exhibit B pour s’exprimer. Ce n’est pas le cas de la centaine de manifestants qui ont tenté d’empêcher les représentations, et ont empêché que la nécessaire mise en mots, en débat, qu’appelle Exhibit, ait pu à ce jour vraiment avoir lieu avec tous. Pire : l’image du Théâtre Gérard PhiIippe , qui abrita les luttes des sans papiers, mis sous protection policière pour qu’un spectacle contre le colonialisme et le racisme puisse avoir lieu, c’est le comble de la confusion.  Imitant dans leur forme d’action les cabales d’intégristes fanatisés, violemment hostiles à des spectacles d’art vivant qu’ils refusent de voir et de laisser voir, les cris des manifestants hostiles n’en interpellent pas moins sur un profond désarroi dans notre société et méritent d’être entendus comme tels.
Le combat contre le racisme aujourd’hui pourrait-il avoir un sens,  s’il se bornait à signer sur internet une pétition contre une œuvre d’art dont on aurait ouï-dire du mal ? Pourrait-on, pour reprendre l’initiative contre le racisme (comme y appelle un texte dont je suis un des premiers signataires),  surfer sur une apparence des choses présentée sur le WEB, et réagir seulement à fleur de peau : chacun pour sa peau, chacun pour sa « race » ?  C’est le rêve de ceux qui veulent perpétuer leur pouvoir, leur domination, leur système mondialisé d’exploitation et d’oppression mortifères : faire croire que les pays et les peuples sont divisés entre groupes ethniques, par essence hostiles, en perpétuelle et stérile concurrence de mémoires et de  cultures exclusives, et que cela remplacerait désormais les luttes de classes.
 L’équipe du théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis, les militants du comité de Saint-Denis du MRAP, ont résisté, faisant le pari de la culture, de l’intelligence et de la création, combat universel pour qui veut construire une mémoire commune, critique et porteuse de sens pour les combats émancipateurs d’aujourd’hui.
Le Centquatre, à Paris, prend la suite, du 7 au 14 décembre. S'il reste des places, venez voir Exhibit B, venez débattre, à Paris ou à Saint-Denis, où les ami-e-s du MRAP préparent une rencontre.

mercredi 12 novembre 2014

REPRENONS L’INITIATIVE !



L’appel que nous vous proposons de signer et de diffuser dans vos réseaux est le résultat d’une volonté d’avancer, quand bien-même il est difficile de s’entendre sur chaque mot. Sa mise au point laisse de nombreux débats possibles. Fruit d’un travail collectif, il concrétise notre volonté de continuer le combat commun en des termes renouvelés. Quant au débat qui a commencé entre nous, il continuera, sans se limiter bien-sûr aux signataires. Une première étape est le forum que nous annoncerons au printemps 2015. Il permettra de poursuivre la discussion, de passer à l’action avec celles et ceux qui, comme nous, souhaitent reprendre l’initiative.
Vous pouvez nous rejoindre en signant l’appel en ligne sur : http://reprenons.info et nous contacter en écrivant à appel@reprenons.info ou en téléphonant au 06 63 86 03 17
REPRENONS L’INITIATIVE !
APPEL CONTRE LES POLITIQUES DE RACIALISATION
Nous assistons actuellement à une régression idéologique : l’antiracisme se réduit trop souvent à un combat contre le racisme individuel à l’occasion de « dérapages » qui se multiplient effectivement. C’est minimiser la réalité du racisme systémique, c’est-à-dire, au-delà des idéologies racistes, des discriminations au quotidien, mais c’est aussi occulter le rôle du racisme institutionnel : le traitement étatique et municipal des populations rroms venues de Roumanie ou de Bulgarie, pays membres de l’Union européenne, en est l’illustration la plus brutale.
En France, depuis dix ans, des familles rroms ont subi une quinzaine d’expulsions qui les rejettent toujours davantage dans la misère la plus extrême. Les démantèlements à répétition de bidonvilles continuent sous François Hollande comme sous Nicolas Sarkozy, à la demande de municipalités de la majorité gouvernementale d’hier comme de celle d’aujourd’hui. Ce n’est que la partie la plus visible de pratiques non seulement scandaleuses, mais aussi illégales, qui se banalisent : refus de domiciliation au CCAS ici, entraves à la scolarisation des enfants là, non-ramassage des ordures ménagères ici et là, etc. Il s’agit d’un processus massif de marginalisation, d’exclusion et de stigmatisation d’une population.
Pour justifier ces actes inhumains, à l’instar de Manuel Valls, les responsables prétendent tantôt qu’ils agissent pour le bien des Rroms en détruisant un habitat insalubre, tantôt que ceux-ci « ne souhaitent pas s’intégrer dans notre pays pour des raisons culturelles ». En réalité, comme on l’a vu pendant les élections municipales, les politiques n’hésitent pas à faire campagne en promettant une véritable chasse aux Rroms.
Nous sommes bien en présence d’une « politique de la race » : on assigne les Rroms à une différence supposément culturelle pour justifier en retour de les traiter de manière discriminatoire. Cette persécution se déroule dans l’indifférence générale, voire avec une approbation presque consensuelle : en effet, les majorités successives semblent avoir réussi à dépolitiser la « question rom », en donnant l’impression que les élus, tant locaux que nationaux, ne font que gérer un problème – et non mener une politique à laquelle on pourrait opposer une autre politique.
Si le traitement des Rroms est un exemple extrême, les politiques de racialisation concernent pareillement d’autres catégories de la population. C’est le cas depuis longtemps avec l’injonction d’intégration adressée, non seulement aux immigrés, mais aussi à leurs enfants, voire à leurs petits-enfants, comme si certains Français devaient éternellement faire la preuve de leur « identité nationale ». C’est aussi le cas avec le déchaînement d’islamophobie qui s’autorise de la laïcité pour jeter une suspicion a priori sur les musulmans dans leur ensemble, tout en récusant le terme même d’islamophobie. Et alors que les discriminations raciales en même temps que les idéologies racistes ont pour effet sinon pour visée de produire une opposition entre « eux » et « nous », le déni va parfois jusqu’à reprendre les attaques de l’extrême droite contre un supposé « racisme anti-blanc » au nom d’une rhétorique universaliste qui invisibilise les rapports de domination raciale.
Nous affirmons que la politique de la race qui vise les Rroms est un révélateur des politiques de racialisation qui touchent de larges pans de la société française : elle amplifie la logique qui se déploie pour l’ensemble des populations issues de l’immigration postcoloniale – et qui fait écho à une histoire marquée par l’esclavage, le colonialisme et le nazisme. Mais ce passé rencontre l’actualité d’une France et d’une Europe néolibérales où s’accroissent les inégalités declasses  ces politiques de stigmatisation servent ainsi à en distraire .
Il ne suffit plus de dénoncer les racistes, ni même les partis racistes. Il faut s’en prendre aux politiques de racialisation. Nous refusons d’accepter l’inacceptable, et d’être les complices ou même les témoins de l’organisation politique de la concurrence généralisée entre les victimes d’un même système inégalitaire. Les signataires appellent à une reprise collective de l’initiative, dans le respect de la diversité des opinions et analyses politiques au sein des mouvements antiracistes – à condition de se retrouver dans le constat que nous faisons ici.
Nous allons mener une campagne nationale (affiches, vidéos, débats, initiatives publiques, actions de mobilisation, etc.) contre la banalisation des pratiques discriminatoires touchant les Rroms comme les populations héritières de l’immigration postcoloniale ou de religion musulmane. Nous organiserons au printemps 2015 un vaste forum d’échanges et d’analyses politiques afin de contribuer au renouvellement d’un antiracisme politique. Enfin, nous nous engageons à soutenir les initiatives d’auto-organisation de celles et ceux que visent ces politiques de racialisation, précisément parce que ces politiques rendent plus difficiles de telles initiatives.
Il est encore temps, mais il est déjà grand temps.
Premiers signataires :
ABDALLAH
Mogniss
Militant, écrivain, réalisateur
AIT MOHAMED
Abd-El-Kader
Citoyen du monde, père de famille
BELABBAS
Mehdy
Maire adjoint Ivry EELV
BEN YAKHLEF
Mohamed
Délégué syndical CGT, président Respaix Conscience Musulmane
BENKHELOUF
Boualem
Front de Gauche, adjoint à Aubervilliers
BENNAÏ
Farid
Militant antiraciste ASEFRR
BOUAMAMA
Said
Sociologue, militant Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQ)
BRETON
Félicien
Militant Ensemble
BRUN
Francois
Militant NPA
CECCOTTI-RICCI
Roland
Front de Gauche, conseiller municipal délégué à Aubervilliers
CHAAMBI
Abdelaziz
Militant Coordination Contre le Racisme et l’Islamophobie
CHARLES
Claudia
Militante ASEFRR
CHERIGUENE
Omar
Conseiller municipal Villeneuve-Saint-Georges FdG
DAAE
Veronika
Militante Ensemble
DECKER
Véronique
Militante pédagogique et syndicale, directrice d’école à Bobigny
DELPHY
Christine
Chercheuse CNRS
DJELLAL
Kamel
Président fondateur Collectif Citoyens
DRWESKI
Bruno
Enseignant-chercheur INALCO, militant ARAC
EL HAMDANI
Mustapha
Militant associatif, Ensemble
EWANJE EPEE BOGGIO
Munia
Militante collectif D’Ailleurs Nous Sommes d’Ici 37, NPA
FASSIN
Eric
Sociologue
GUICHARD
Serge
Militant ASEFRR, PCF
HALOUI
Fabienne
Militante PCF, Responsable Lutte contre le Racisme et les Discriminations au PCF
JAITE
Mohamed
Militant AMDH Paris
KANOUTE
Almamy
Militant
KRYS
Denis
Militant ASEFRR, PCF
LANDRAIN
André
Militant PCF, migration et citoyenneté
LARZILLIERE
Capucine
Conseillère municipale à Montreuil, Ensemble Front de Gauche
LAVIGNOTTE
Stéphane
Théologien, pasteur, Mouvement du Christianisme Social
LECOUR GRANDMAISON
Olivier
Sociologue
LESAGE
Jean-Yves
Ouvrier d’imprimerie, militant CGT
LEVALLOIS
Nathalie
Militante PG
LEVY
Laurent
Militant Ensemble
LOUACHI
Nadia
Militante
MAHROUG
Boussad
Convergence Citoyenne Ivry
MEDIANI
Salima
Militante Ensemble Front de Gauche
MILE
Saimir
Militant La Voix des Rroms
NEVEU
Nadine
Militante Ensemble
PAYE
Ndella
Militante MTE
PIETTRE
Alexandre
Sociologue, LCSP – Université Paris Diderot
PLATEL
Martine
Militante MRAP
QUINTAL
Yves
Militant ASS ETM (égalité Toulouse Mirail)
RAFFED
Mohammed
Militant Ensemble
RIWAN
Claude
Militant Ensemble
SENINSKY
Serge
Militant Ensemble, Attac
SENOUCI
Brahim
Universitaire, chroniqueur, membre du comité organisateur du tribunal Russell sur la Palestine
SILBERSTEIN
Patrick
Editeur
SNAOUI
Boualem
Militant Ensemble
SOREL
Laurent
Conseiller d’arrondissement Ensemble FdG Paris 20ème
TEVANIAN
Pierre
Enseignant, co-animateur du collectif LMSI (les mots sont importants)
VERGIAT
Marie-Christine
Députée européenne Front de Gauche
ZERKAOUI
Myriam
Militante PG Isère
ZOGHBI
Azzedine
Militant association de Solidarité et d’émancipation Orly 94