Les voeux des communistes des Hauts-de-Seine

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Pour nous, c’est définitivement non !

Pour nous, c’est définitivement non !
Non au projet de déchéance de la nationalité, non à une démocratie sous état d’urgence, non à une réforme constitutionnelle imposée sans débat, en exploitant l’effroi légitime suscité par les attentats. Nous n’acceptons pas la gouvernance de la peur, celle qui n’offre aucune sécurité mais qui assurément permet de violer nos principes les plus essentiels. Notre rejet est absolu. Nous appelons tous ceux et celles qui partagent une autre idée de la France à le manifester.Signez la pétition unitaire.

Etat d'urgence pour les libertés !

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lundi 1 février 2016

Hommage à Michel Nowak


Michel Nowak, à la fête de l'Humanité 2012
Le comité de Nanterre du MRAP exprime sa grande tristesse à l'annonce du décès de Michel Nowak, présente ses condoléances à tous ses proches. Grand artiste, pédagogue attentif et passionné, découvreur de talents, Michel Nowak, avec son équipe des Noctambules, a initié aux arts du cirque des générations de Nanterriens. Nous saluons un maître de l'école du respect, de la fraternité, de la mise en confiance de chacun pour l'épanouissement de sa personnalité, de son corps et de son esprit. Nous saluons un humaniste solidaire des combats, qui nous sont communs, contre le racisme, pour la paix et l'amitié entre les peuples.
Nous nous rappelons sa générosité et son enthousiasme, par exemple en mars dernier, quand il a accueilli dans le chapiteau des Arènes de Nanterre le spectacle de théâtre "Le voyage des cigales", que nous avions coorganisé en solidarité avec les Roms. Ce n'est qu'un souvenir parmi tous les autres précieux moments de bonheur vécus en ce lieu ouvert à toutes les cultures, toutes les causes humaines.
Nous invitons les ami-e-s du MRAP à participer jeudi 4 février à l'hommage organisé par les Noctambules, "pour un beau départ comme il l'aurait souhaité", pour que l'esprit de Michel Nowak rayonne toujours à Nanterre, et au-delà de tous les murs, de toutes les frontières.
André Landrain, président du comité local de Nanterre du MRAP.

Funérailles Michel Nowak
Michel Nowak s'est éteint le jeudi 28 janvier 2016 dans la soirée.
Les Noctambules souhaitent rendre hommage à leur créateur et président en organisant une journée de Funérailles dans son école.
La cérémonie aura lieu aux Noctambules le jeudi 4 février de 14h45 à minuit. 
Nous monterons le plancher et le décor comme un dernier jeudi du mois où chacun pourra s'exprimer à sa façon, par un numéro ou quelques mots.
Et pensez à apporter des vivres pour que ce soit chaleureux.
Nous risquons de recevoir beaucoup de personnes qui viendront dans notre école pour rendre hommage à Michel. Votre aide nous sera précieuse pour préparer la cérémonie (installation du décor, du plancher, nettoyage du chapiteau et de l'extérieur...). Venez nous aider à la préparer dès le mercredi ou le jeudi matin à partir de 10h.
Une feuille d'inscription du bénévolat sera au bureau de pointage.
Si vous ne pouvez pas venir avant jeudi au chapiteau pour vous inscrire, vous pouvez le faire par mail en précisant votre nom, prénom, numéro de téléphone et email et vos disponibilités pour le mercredi 3 février à partir de 10h et le jeudi 4 février à partir de 10h.
Merci à tous,
Faisons tout ce que nous pouvons pour lui organiser un beau départ comme il l'aurait souhaité; Autour du cirque, de la générosité et de la convivialité !
Les Noctambules
http://lesnoctambules-michel.nowak.over-blog.com/ 


Une enquête Ipsos pour la Fondation du judaïsme français, et sa présentation islamophobe par le JDD



Le Journal Du Dimanche daté du 31 janvier 2016 annonce en UNE : "L'enquête qui inquiète. Antisémitisme et peur de l'Islam au coeur d'une étude Ipsos". Deux pages sont consacrées à commenter, sous le titre "La grande peur des juifs de France", cette "grande enquête sur le vivre ensemble », commandée par la Fondation du judaïsme français, et réalisée de juillet 2014 à juin 2015.

On en trouve l’essentiel sur le site de la fondation :
et des critiques par exemple ici :
http://www.buzzfeed.com/adriensenecat/racisme-et-antisemitisme-la-recette-contestee-du-sondage-cho

L'enquête est à lire, à analyser,  et les résultats, inquiétants, confirment des "préjugés tenaces", en particuliers antisémites, mais pas seulement :  d'autres existent tout aussi dangereusement, par exemple à l'encontre  de l'immigration, de pratiques liées aux cultes musulmans, ou aussi des plus démunis... La lutte contre le racismes, et l'antisémitisme en est une des formes, est urgente et nécessaire, toutes les formes de racisme sont des délits, et provoquent des crimes,
Il n'est pas illégitime que l'enquête se focalise sur l'antisémitisme, puisque commanditée par la Fondation du judaïsme français. L'originalité est que parallèlement aux entretiens avec des personnes se déclarant juives, sont aussi interrogées 500 personnes se déclarant musulmanes. Le titre de UNE du JDD et ses commentaires orientent la lecture de l'enquête vers une mise en accusation des musulmans comme antisémites. L'interview de Me Ariel Goldmann, président de la fondation, est beaucoup plus nuancée et sérieuse, se gardant de faire des musulmans des boucs émissaires dans notre société marquée par la méfiance de l'autre et le repli sur soi, ce qui, après d'autres études d'opinion, constituent des données fortes de cette enquête Ipsos.

Mais le JDD enfonce le clou, avec des montages de certains graphiques tirés de l'étude, surtout ceux reproduits ci-dessous, et qui ont été accolés par la rédaction du JDD :.


. Des "répondants juifs" sont interrogés sur l'antisémitisme (diminution ou augmentation) ces cinq dernières années. On s'attendrait à ce que parallèlement les "répondants musulmans" soient interrogés sur l'islamophobie, ou le racisme antimusulman, mais l'enquête ne le fait pas. Les "répondants musulmans" ont de leur côté à répondre à une question sur le terrorisme, ainsi formulée : "Diriez-vous que vous avez une bonne ou une mauvaise image de l'Etat islamique, de Daesh ?". 82 % en ont une mauvaise (78% très et 4% assez), seulement 1% une bonne ou une assez bonne image. Dans les 16% qui refusent de répondre à cette question, il paraît évident que beaucoup ont dû la trouver pour le moins stigmatisante, et la formulation "je ne le connais pas assez pour me prononcer" est le seul item proposé - et sournoisement piégé- pour le manifester.

Si les "répondants juifs" avaient été interrogés sur la bonne ou mauvaise opinion qu'ils ont des massacres de Gaza ou autres violences coloniales contraires aux Droits de l’Homme et aux résolutions de l’ONU, dont le gouvernement de l’Etat d’'Israël se rend coupable, ce serait un questionnaire scandaleusement raciste. Mais le JDD ne craint pas de "jeter de l'huile sur le feu" en alimentant l'islamophobie et le racisme antimusulman,  par un tel montage, et un tel titre de UNE. Le pire, c'est sans doute que rédacteurs et chefs de rubrique n'y ont - peut-être- rien vu de choquant, tant "les préjugés sont tenaces", et le racisme banalisé.


Site du Journal Du Dimanche : Jdd.fr

lundi 18 janvier 2016

Avec les demandeurs d’asile des Hauts-de-Seine


Les photos de ce billet, et d'autres, sont téléchargables ici
6h, lundi matin, 177 avenue Georges Clémenceau, à Nanterre.

 Le froid est vif. La circulation est encore calme. Les bus débarquent quelques piétons, travailleurs immigrés,  qui se hâtent : peut-être des hommes et des femmes de ménage, car il faut vite briquer les bureaux avant que n’arrive la myriade des salariés.  Le jour est encore loin. Mais les façades de verre et d’acier reflètent les lumières de la ville, et dans le clair-obscur des silhouettes emmitouflées apparaissent sous des amoncellements de cartons et de couvertures.



 D’autres, des retardataires, arrivent à vive allure. Un groupe se forme, en un vrombissement de voix, puis se défait. Ils sont déjà plus d’une centaine, les demandeurs d’asile, épuisés et dociles, à se mettre en file. Leur petite foule grossit toujours. Un vigile est le premier à les accueillir.  Il ressemble à un adjudant, à crier ordres et consignes. Que faire d’autre qu’appeler ainsi à serrer les rangs ? Un chien, muselé, attaché, aboie dès qu’on l’’approche. Mais ce n’est qu’une apparence, son maître est l’homme de la situation : il parle plusieurs langues, son autorité est incontestée, il fait son travail le plus humainement possible.


6h30. C’est heureux, pour l’image de la France, comme pour le moral de tous, que des membres du collectif des soutiens soient arrivés.

 C’est un renfort d’humanité bienvenu : Jean-Yves et son équipe du Secours catholique, qui, comme tous les lundis, distribue boissons chaudes et viennoiseries. Christine et Ghislaine, conseillères municipales. ; Michel et Marie-Anne, du comité local du MRAP ; Nicolas, du PG, et Clotilde, tous deux militants associatifs et du Front-de-gauche. Une équipe de France 24, pilotée par un responsable de l’association DOM’ASILE, fait des interviews, et des images respectueuses des personnes : cela passera -t- il à l’antenne ?



Boissons et nourriture sont vites finies : les demandeurs d’asile sont maintenant près de deux cents. Les soutiens expérimentés initient les nouveaux venus aux arcanes kafkaïennes des parcours des demandeurs d’asile, dont certains, méfiance vaincue et barrières des langues surmontées tant bien que mal – on parle ici les langages de presque tous les pays où « le destin de notre siècle saigne » - participent aux discussions.




Presque tous sont « hébergés » dans les Hauts-de-Seine. Quelques- uns viennent d’un département voisin pour tenter leur chance ici. Les préfectures, de toute façon, délèguent leur mission d’Etat de premier accueil des demandeurs d’asile à des associations ou à des entreprises comme FACEM management, et, c’est à vérifier, on dit même que dans certains départements, c’est encore pire que dans les Hauts-de-Seine.  Un homme, à l’allure élégante et à l’anglais impeccable, en témoigne : depuis plusieurs semaines, il couche dehors à Paris. Si la plupart sont des hommes, quelques femmes sont présentes. 



Assises à l’écart et grelottantes sous leurs couvertures, une jeune femme et sa sœur de 17 ans ne disent pas un mot : ce n’est pas seulement parce que peu de personnes comprennent leur langue, c’est surtout qu’elles ont passé toute la nuit à attendre dans le froid, et à avoir peur. Le brave vigile accepte qu’elles aillent rejoindre deux mamans syriennes et leurs enfants, dans un sas entre deux portes, pour se réchauffer.



Des dizaines de personnes ont, comme elles, passé la nuit ici - quelqu’un affirme même qu’il attend depuis la veille à 14h – l’ouverture des portes, à 9h 30 ! C’est qu’il faut être dans les soixante-quinze premiers pour obtenir un numéro, précieux sésame qui donne le droit de revenir dans la semaine pour être enfin « pré-accueilli » (15 seulement le seront le jour même) ; puis pouvoir enfin avoir accès à la préfecture ; et revenir encore pour être domicilié, pouvoir recevoir du courrier, avoir une couverture santé ; pour percevoir la maigre indemnité, à condition que l’OFII la verse vraiment,  pour survivre jusqu’à ce que l’OFPRA, tranche sur son sort, que les recours éventuels soient épuisés ; et même avec beaucoup de chance, obtenir une des rares places d’hébergement en CADA…A quelques mètres, une autre file, beaucoup moins nombreuse, s’est formée : des domiciliations en souffrance, dont celles de personnes que COALLIA avait pré-accueillies. Depuis que cette association a été recalée lors du nouvel « appel d’offre » de la préfecture, il aurait été vraiment trop simple de faire suivre correctement le dossier à FACEM !

7h30. La foule s’est éclaircie : un bon nombre a compris qu’il repartirait, une fois encore, sans rien, faute d’être dans les soixante-quinze premiers. Des soutiens sont sur le départ : bientôt l’heure d’aller bosser. Derniers conciliabules : que faire ?


D’abord, que les choses soient claires : le coup du numérus clausus à soixante- quinze pré-accueils hebdomadaires, ce n’est pas FACEM qui l’a décidé, encore moins ses salariées, jugées dévouées et compétentes, c’est la préfecture qui l’impose. Il faudrait au moins donner un numéro, pour les semaines suivantes, à tous ceux qui ont attendu, pour leur éviter de passer de nouvelles nuits à attendre : cette proposition déjà faite par des soutiens serait dans les tuyaux pour des discussions au plus haut niveau des instances départementales de la République. Réponse espérée avant le dégel ? Pour les plus radicaux, c’est tout le système qu’il faut remettre à plat, créer des emplois publics en nombre suffisant pour des missions qui relèvent de l’Etat, dont celle de permettre aux quelque 1800 demandeurs d’asile du 92 de déposer leurs dossiers en préfecture dans les délais légaux.

 Pourrait-on abriter ceux qui attendent dans le froid et les intempéries ? Un revendication urgente ! Qui pourrait croire qu’à deux kilomètres des fières tours de La Défense il serait impossible de trouver une salle d’attente permettant à cent ou deux cents personnes de patienter dans des conditions de salubrité, de sécurité et de dignité normales ? Ou alors de construire au moins un abri provisoire sur place ? Un chef d’entreprise matinal est passé en pestant contre les salissures provoquées par les bivouacs improvisés : un allié de circonstance ?

Autre action en perspective : organiser un parrainage républicain, avec des duos élu-e/militant-e d’association, pour ceux qui ont passé toutes les épreuves du pré-accueil et de l’accès au « guichet unique », mais qui avaient eu la malchance de se faire relever les empreintes digitales dans un autre pays qu’ils ont traversé.
 Les accords de Dublin, dont les organisations et les élus qui soutiennent les demandeurs d’asile demandent l’abrogation, est toujours en vigueur. Il leur est interdit de déposer une demande d’asile en France ou tout autre Etat de la communauté européenne, pendant six mois, temps laissé au premier pays d’entrée pour notifier son renoncement à les accueillir. Pourtant, certains, présents et recensés par la préfecture du 92 sont toujours dans l’attente depuis plus de sept mois ! Ils sont plus d’une vingtaine, rien qu’au CASH de Nanterre. Ghislaine avait proposé le parrainage de ces « dublinés », ce qui permettrait de porter haut cette question, et aussi de garder le contact avec eux pour la suite des démarches pour obtenir le statut de réfugié, ou, en cas d’échec, un autre titre de séjour. D’autres élus de Nanterre seraient prêts à le faire. Une idée qui pourrait mobiliser sans doute aussi des élus d’autres villes du département.


8h. Des salariées de FACEM sont déjà arrivées. Les portes ouvriront-elles avant 9h30 ? c’est peu probable. Les soutiens et les journalistes sont partis un à un. Le quartier s’est animé, le jour n’est pas loin, il ne sera pas « couleur d’orange » (1), et le froid m’a vaincu. Je salue le responsable de DOM’ASILE, toujours en discussion avec quelques futurs réfugiés. Je le leur souhaite en effet de tout cœur, à tous, d’obtenir le statut de réfugié, la carte de 10 ans.  Je me demande comment ils font, pour tenir, en attendant, tous ces jours, toutes ces nuits, dans ce climat détestable qui sévit ici !




Rendez-vous lundi 25 janvier, au petit matin, 

177 avenue Georges Clémenceau, à Nanterre.


(1)     Je ne sais pas vraiment pourquoi, j’avais sans cesse en tête ce poème d’Aragon, vous savez, la chanson de Ferrat, Un jour, un jour viendra, couleur d’orange…On se réchauffe comme on peut pour éviter le rhume de cerveau.



samedi 16 janvier 2016

Hommage : à chacun son David Bowie...

Le romantisme de ma prétrentaine :

Heroes (Héros)
I
Moi
I will be king
Je serai roi
And you
Et toi
You will be queen
Tu seras reine
Though nothing will
Bien que rien ne
Drive them away
Les chassera
We can beat them
Nous pouvons les battre
Just for one day
Juste pour un jour
We can be Heroes
Nous pouvons être des héros
Just for one day
Juste pour un jour
And you
Et toi
You can be mean
Tu peux être méchante
And I
Et moi
I'll drink all the time
Je vais boire tout le temps
'Cause we're lovers
Car on est amoureux
And that is a fact
Et c'est un fait
Yes we're lovers
Oui, nous sommes amoureux
And that is that
Et c'est comme ca
Though nothing
Bien que rien ne
Will keep us together
nous maintiendra ensemble
We could steal time
Nous pourrions voler du temps
Just for one day
Juste pour un jour
We can be Heroes
Nous pouvons être des héros
For ever and ever
Pour l'éternité
What d'you say
Qu'en dirais-tu ?
I
Je
I wish you could swim
Je voudrais que tu saches nager
Like the dolphins
Comme les dauphins
Like dolphins can swim
Comme les dauphins savent nager
Though nothing
Bien que rien ne
Will keep us together
Nous maintiendra ensemble
We can beat them
Nous pouvons les battre
For ever and ever
Pour l'éternité
Oh we can be Heroes
Oh Nous pouvons être des héros
Just for one day
Juste pour un jour
I
Moi
I will be king
Je serai roi
And you
Et toi
You will be queen
Tu seras reine
Though nothing
Bien que rien ne
Will drive them away
Les chassera
We can be Heroes
Nous pouvons les battre
Just for one day
Juste pour un jour
We can be us
Nous pouvons être des héros
Just for one day
Juste pour un jour
I
Moi
I can remember
Je peux me rappeler
Standing
Debout
By the wall
Près du mur
And the guns
Et les fusils
Shot above our heads
Tiraient au dessus de nos têtes
And we kissed
Et on s'embrassait
As though nothing could fall
Comme si rien ne pouvait tomber
And the shame
Et la honte
Was on the other side
Etait de l'autre coté
Oh we can beat them
Oh nous pouvons les battre
For ever and ever
Pour toujours
Then we can be Heroes
Alors Nous pourrons être des héros
Just for one day
Juste pour un jour
We can be Heroes (x3)
Nous pouvons être des héros (x3)
Just for one day
Juste pour un jour
We can be Heroes
Nous pouvons être des héros
We're nothing
Nous ne sommes rien
And nothing will help us
Et rien ne nous en empêchera
Maybe we're lying
Peut-être sommes nous allongés
Then you better not stay
Alors tu ferais mieux de ne pas rester
But we could be safer
Mais nous pourrions être plus en sécurité
Just for one day
Juste pour un jour


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mercredi 13 janvier 2016

Les collectifs des soutiens de Nanterre et Colombes appellent à la mobilisation avec les demandeurs d’asile

Cet été, à Paris. Les "réfugiés" qui "campaient"  parfois depuis des mois
ont été emmenés par la police et dispersés en banlieue dans des centres
d'hébergement provisoires. L'Etat s'était engagé à ce que leurs demandes d'asile
soit traitées en quelques semaines. Mais beaucoup, au bout de sept mois, attendent
toujours. Associations et citoyens solidaires se substituent aux services défaillants
de l'Etat pour rendre leur vie la moins inhumaine possible
Mardi 12 janvier une importante réunion s’est tenue au centre Valérie Méot à Nanterre. Etaient représentés : les centres sociaux du Petit Nanterre et du Petit Colombes, le Secours Catholique, Frères Humains, le CCAS de Nanterre, l’ASTI Colombes, le GISTI, DOM’ASILE Colombes, le comité de Nanterre du MRAP, CERISE, NADHA, le NPA, la CNT, la commission des droits de l’Homme du barreau de Nanterre représentée par quatre avocates.
Etaient également présent-e-s des demandeurs d’asile hébergés au CASH de Nanterre et au foyer ADOMA de Colombes, des citoyen-ne-s bénévoles assurant des cours de français, l’aide humanitaire, les accompagnements pour l’accès aux soins et les démarches administratives, un militant des collectifs de soutien aux « campements » de migrants et réfugiés de Paris, des élues municipales de Nanterre : Ghislaine Quilin et Christine Bourcet.

Sur les conditions d’hébergement au CHAPSA du CASH (1) de Nanterre : les revendications des demandeurs d’asile, dont certains sont présent depuis sept mois, ont été présentées. Une convention est en préparation entre le collectif de soutien de Nanterre, représenté par MOSAIC, Hissez Haut (CSC), le Secours Catholique, et la direction du CASH ; une nouvelle rencontre est prévue le 22 janvier.
Les demandeurs d’asile ont toujours besoin de l’aide humanitaire (financement de soins, de déplacements, sport et culture, alimentation, vêtements…) qu’organisent plusieurs associations et les CSC.

Des axes prioritaires d’actions juridiques, d’information et de mobilisation citoyenne concernent la situation inacceptable de demandeurs d’asile dans tout le département :

   Un accueil indigne.  La préfecture a retenu l’entreprise privée FACEM Management pour le pré-accueil des demandeurs d’asile, qui devraient être aussitôt domiciliés et convoqués dans les trois jours au « guichet unique » administratif. L’association COALLIA assurait auparavant ce service. Les conditions d’accueil étaient déjà difficiles. Mais depuis un mois, elles sont scandaleusement inhumaines et indignes ! 1800 demandeurs d’asile dans les Hauts-de-Seine sont concernés.
Entre 150 et 200 demandeurs d’asile se présentent, à la demande de la préfecture,  le lundi matin pour obtenir un numéro. Beaucoup ont passé la nuit dehors, sans abri.  Car FACEM ne traite que 75 dossiers par semaine. Et les autres personnes repartent sans rien, elles doivent revenir attendre dans les mêmes conditions la semaine d’après. Le Secours catholique de Nanterre assure une présence, avec distribution de viennoiseries au petit matin.

Rendez-vous avec les demandeurs d’asile et le collectif des soutiens, son groupe de travail « aide humanitaire », devant FACEM Management, 177 avenue Georges Clémenceau, 92000 Nanterre, lundi 18 janvier à 6 heures du matin
.      
a     La   situation des demandeurs d’asile passés par un autre pays où leurs empreintes digitales ont été relevées : c’est le cas d’au moins 26 d’entre eux, hébergés à Nanterre ou Colombes.
Les accords de Dublin leur interdisent de déposer une demande en France pendant six mois, délai pour que le pays d’entrée dans l’Union Européenne ait répondu à la préfecture. Mais certains, passés notamment par l’Italie, sont hébergés et enregistrés par la préfecture depuis plus de 7 mois !

 La défaillance de l’OFII (Montrouge) qui a pris le relai de Pôle-emploi pour le versement de l’Aide aux Demandeurs d’Asile. Plusieurs ne la reçoivent pas ou plus. Ils sont donc sans aucune ressource.

La situation des « dublinés », et de ceux qui ne perçoivent pas les aides auxquelles ils ont droit, est de celles qui vont être examinées par le « groupe de travail « aide juridique et aux démarches administratives, information » du collectif des soutiens, coordonné par l’ASTI Colombes, en lien avec la « commission droits de l’Homme » des avocats du barreau de Nanterre. Tous les recours juridiques possibles seront faits, et le collectif organisera les mobilisations nécessaires.

(1) Centre d'Hébergement et d'Assistance aux Personnes Sans Abris du Centre d'Accueil et de Soins Hospitaliers de Nanterre.


dimanche 10 janvier 2016

De quoi (re)devenir enragé !


 Le 11 janvier 2015, j'étais parmi des millions de manifestants. Militantes et militants du MRAP, nous brandissions des caricatures pour les droits des migrants, contre le racisme, les discriminations, offertes pour nos campagnes  par des dessinateurs de Charlie, qui venaient d'être assassinés. 
Et comment oublier que Charlie-Hebdo accueillait une chronique du Réseau Education Sans Frontières ?

Penser qu'un an après, parmi ceux qui prétendent nous représenter pour rendre hommage à Charlie, se trouvent ceux qui continuent d'expulser des hommes, des femmes, des enfants, à qui ils refusent le droit de vivre, travailler, étudier dans notre pays ! Des responsables, comme tous les gouvernants de l'Europe-forteresse, de la mort de milliers et de milliers de demandeurs d'asile et de migrants ! Des politiciens sans scrupules qui ouvrent la boite de Pandore de la déchéance de nationalité, banalisant ainsi le racisme et la xénophobie, alimentant  l'extrême droite qu'ils feignent de combattre, en lui empruntant les plus nauséabondes des marchandises de sa boutique électorale ! Des va-t-en guerre qui voudraient interdire qu'on dise que leurs guerres, leur crise, la société inhumaine dans laquelle ils nous font vivre, ne sont pas sans rapport avec le surgissement de fanatismes, de nihilismes, de terrorismes ! Des apprentis sorciers qui font le lit de pires dictatures en voulant, alors que les citoyens sont sous le choc des attentats de novembre, imposer à la hâte un régime d'exception, dans lequel le cri "Police partout, justice nulle part !" ne serait plus seulement un slogan "gauchiste"!

 Penser que les dessinateurs de Charlie sont récupérés ce week-end par ceux qu'ils détestaient le plus !  N'y a-t-il pas de quoi devenir "enragé" ? 

Ce mot désignait la jeunesse étudiante en révolte, en mai 1968, d'abord  dans la bouche et sous la plume de journalistes qui voulaient faire trembler les braves gens, puis cet épithète fut revendiqué, avec une fière ironie,  par des "gauchistes" eux-mêmes.


Wolinski a publié de nombreux dessins dans la presse des "enragés". Ceux qui soutiennent la cause des immigrés et qui dénoncent le nationalisme raciste pourraient avoir été faits en 2016 ! (dessins réédités en 1968 dans Je ne veux pas mourir idiot, éditions Denoël, Paris et Wolinski) :


de

Samedi 9 janvier, dans la manifestation avec les résidents des foyers

voir d'autres images de la manifestation
DECEMBRE 2015 : RAFLE
AU FOYER ADOMA MARC SEGUIN PARIS 18e
PLUS DE 20 SANS-PAPIERS MENACES D’EXPULSION

STOP AUX RAFLES DANS LES FOYERS !
LIBÉRATIONS DE TOUS NOS CAMARADES !

Le mardi 15 décembresans réquisition du procureur, sur simple lettre de dénonciation calomnieuse d’Adoma, la police bloque la rue et le foyer, pénètre dans le foyer avec des chiens, cherche on ne sait quoi, s’introduit jusque dans les chambres, fait attendre ceux qu’elle a poussés dehors plusieurs heures sous la pluie et contrôle les papiers de tous. Elle n’a rien trouvé de particulier mais elle embarque plus de 20 sans-papiers qui sont placés en centre de rétention
Quelques jours plus tard, les juges des libertés et de la détention (JLD) confirment le maintien en rétention. 

Nous sommes tous abasourdis, résidents, sans-papiers, avocats, associations, syndicats. Les valeurs – dont le gouvernement et ses médias se gargarisent depuis le 13 novembre – de fraternité, de démocratie, de respect de l’Etat de droit ne s’appliquent pas au foyer Marc Seguin et à ses habitants !
Sans aucune considération pour ses résidents, Adoma joue avec l’état d’urgence et n’hésite pas à porter le discrédit sur l’honneur des habitants qui vivent, paient leurs impôts, leur sécurité sociale en France.
Ces résidents, ces sans-papiers, venus en France pour travailler, fuyant des pays sahéliens pauvres, confrontés à la guerre et victimes de la sécheresse, réfugiés économiques, politiques et climatiques tout à la fois, paient cotisations et impôts, consomment en France, et, avec leurs maigres ressources, participent à l’effort de développement de leurs régions d’origine (écoles, centres de santé, adductions d’eau, reforestation etc.) à un niveau bien supérieur à celui de l’Aide officielle accordée par l’Etat français.

Mais de quoi donc, les travailleurs immigrés, résidents de ce foyer se sont-ils rendus coupables ? Depuis longtemps, ils ont des revendications pour améliorer leurs conditions de vie dans des bâtiments qui donnent de nets signes d’usure. Non seulement Adoma (gestionnaire et propriétaire, ex-Sonacotra) refuse de faire les travaux demandés, mais en plus, en août 2014, elle ferme la cafétaria et la cuisine collective, sans prévoir de réels moyens alternatifs pour que les résidents puissent continuer à cuisiner et manger en groupe.
Face à ce refus de la concertation, les résidents décident alors de faire la grève des loyers.
Adoma n’accepte pas le rapport de force qui s’est instauré dans le foyer, ni la solidarité et joue la carte de la division.
Une quinzaine de résidents ont été assignés au tribunal d’instance. Le juge, à plusieurs reprises, n’a pas condamné les victimes d’Adoma, ni pour fait de grève, ni en prononçant leur expulsion. 
Alors qu’un jugement sur le fond est attendu pour le 21 janvier 2016, Adoma préfère la provocation et fait envoyer la police. 
Assoiffée de vengeance, Adoma fait bloquer les comptes bancaires du comité des résidents. Adoma veut criminaliser les actions des résidents, rêve de l’habitant docile.
Venir rafler les sans-papiers jusque dans leur chambre, c’est illégitime et c’est indigne ! 
Nous condamnons la criminalisation de ceux qui luttent pour vivre dignement dans la fraternité et la solidarité interfamiliale.
Devant cet acte odieux, nous demandons avec force qu’Adoma
  • Réalise les travaux maintes fois promis mais jamais exécutés (chauffage, ascenseurs, chambres humides&hellip)
  • Prenne en compte immédiatement les propositions des résidents pour la cuisine et le réfectoire.
Nous appelons la Ville de Paris à plus de fermeté envers tous les bailleurs.
Nous demandons que toutes les personnes interpellées soient remises en liberté et régularisées et que les travailleurs des foyers puissent être protégés et vivre en sécurité dans leur domicile privé. 
La France se doit d’accueillir CORRECTEMENT et DIGNEMENT les personnes qui viennent chercher refuge et travail.
Comité des résidents du foyer Marc Seguin soutenu par : ATMF, Citoyens du 18e, CNL, Coordinations des foyers Adoma, Coallia et Lerichemont, Coordination 93 des sans-papiers, COPAF, CSP 75, DAL, Droits Devant !!, Dynamique Malienne, Intégration 21, LDH 18e, MRAP Paris, PCOF, Union Départementale CGT Paris, Union syndicale Solidaires...