
Les candidatures pour
les élections législatives sont déposées depuis vendredi en préfecture.
Quelques unes peuvent être encore écartées cette semaine, ou être retirées, mais la
campagne n’en est pas moins officiellement lancée.
Le record d’affluence du département est détenu par la 8 ème
circonscription (Meudon, Sèvres, Chaville) où 19 prétendants étaient vendredi
en compétition pour le siège détenu par l’UMP Guillet.
Avec 10
femmes et 3 hommes candidat-e-s titulaires, dont 2 des 3 député-e-s sortant-e-s,
le Front de gauche 92 est l’incontestable
champion du féminisme. A comparer au PS, qui avec seulement 3 femmes sur les 13
candidats titulaires, serait à l’amende dans le département pour non respect de
la loi sur la parité. Mais ce n’est pas le cas pour le PS sur le plan national.
L’UMP au contraire mérite bien d’être mis à l’amende : pas une seule femme
candidate titulaire dans les Hauts-de-Seine pour défendre les couleurs flétries
des nostalgiques du sarkozysme ! Et ce n’est pas la relative féminisation
de l’affichage du FN (7 femmes, 6 hommes), enfumage bleu marine oblige, qui pourra
faire croire que la droite extrèmisée aurait épousé la cause des femmes …
Une droite encore bien implantée
Une droite encore bien implantée
L’UMP, toujours dominante dans le 92, mais affaiblie après
la défaite de Sarkozy à la présidentielle, ne présente pas de candidat dans la
11 ème circonscription (Bagneux, Malakoff, Montrouge). Dans la 9 ème au
contraire, les sarkozystes sont deux à se disputer la place de l’UMP Baguet,
qui ne se représente pas : Thierry Solère et Claude Guéant, ci-devant ministre,
parachuté dans cette circonscription réputée très à droite. Le Front national,
présent dans toutes les circonscriptions, ne semble en mesure de s’imposer
nulle part. Une surprise du côté du parti socialiste : le candidat de la
12ème circonscription n’est pas le maire de Clamart, ni celui de Fontenay-aux-Roses, sur décision de Martine Aubry, qui a imposé un de ses proches collaborateurs. Bien que la droite ait été mise en minorité le 6 mai dans
plusieurs des villes qu’elle dirige, le basculement de circonscriptions,
taillées sur mesure, reste très hypothétique. Mais l’évènement, comme au
premier tour de la présidentielle, pourrait venir du Front de gauche, capable
de réaliser des scores élevés, et qui espère passer la barre des 5% même dans
des circonscriptions où le vote communiste était devenu très faible. Ses trois
députés, Roland Muzeau, Jacqueline Fraysse, Marie-Hélène Amiable, (1ère, 4ème,
11ème circonscriptions) ont toutes les chances d’être réélus, à condition
évidemment qu’une forte abstention dans
les quartiers populaire ne fausse pas les résultats espérés.
18 candidats dans la
circonscription de Nanterre et Suresnes
Pour la circonscription de Nanterre-Suresnes, pas moins de
18 candidats sont en lice. Le même nombre qu’en 2002 ; en 2007, il n’y en
avait « que » 17.
Jacqueline Fraysse se
présente pour un nouveau mandat, avec comme suppléant Rodolphe Balensi, respectivement
membres de la Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique et du Parti
Communiste Français, comme candidats du Front de gauche, soutenus par des élus MRC, et par la Gauche
citoyenne, organisation aux allures de think tank local, où se retrouvent des
électeurs de diverses familles de la gauche à la Présidentielle : Europe-Ecologie-Les-Verts,
Parti Socialiste, Nouveau Parti Anticapitaliste , Front de gauche…
Son adversaire de l’UMP
est à nouveau le maire de Suresnes, Christian Dupuy, inconditionnel soutien de Sarkozy, comme sa
suppléante Barbara Faugeas. Yve Stebe et Charles Marini (Debout la République) ont-ils
des chances de leur ravir l’ancien électorat de la droite gaulliste ? Le Front
National, Laurent salles (suppléante Hélène Rohaut) reste pour le moment plutôt
discret. Des centristes et divers
droites sont en concurrence pour se partager l’héritage de Pierre Creuzet, ex-champion
local du MODEM, qui ne se représente pas : Viviane De Beaufort (suppléant
Abdelhakim Koseir) pour l’Union des radicaux centraux indépendants et
démocrates, David Morgant (suppléante Dominique Bara) sous l’étiquette Le Centre,
Emmanuelle Rosenblatt (suppléant Hubert Veauvy) du Parti Chrétien Démocrate.C'est la seule candidature se réclamant d'une communauté religieuse à Nanterre.
Côté écologistes, outre Laure Foullon (suppléant Faouzi Ahamada) d’Europe-Ecologie-Les-Verts, le choix est varié : Marie-Claire Hare (suppléant Jacqueline
Dupieux) de l’Alliance écologique indépendante, Stéphane Perrin-Bidan
(suppléant Aurel Von Breitenstein) de Cap 21.
Le candidat présenté
par le Parti Socialiste, Yacine Djaziri (suppléante Glen Chavin-Collin)
espère surfer sur la vague rose, et affiche partout son portrait avec celui du Président.
Cependant, malgré un carnet d’adresses bien fourni d’entrepreneur et une certaine
présence dans des réseaux associatifs, il est pourtant loin de faire l’unanimité
au Parti socialiste, dont la section de Nanterre avait désigné une autre
candidate. Mais la direction nationale, pour des raisons internes à l’appareil
du parti, l’a finalement imposé. Le Parti socialiste rêve d’avoir la majorité à
lui tout seul à l’Assemblée, au détriment du nécessaire débat à gauche. Son
candidat réussira-t-il à contrer la montée du Front de gauche en lui prenant un
siège dans notre circonscription ? rien n’est moins sûr. Surtout que, du côté de la social-démocratie, il y a de la
concurrence : le Parti Radical de Gauche
présente Meenuka Viayagamoorthy (suppléant Michel Bottreau), qui, à vingt ans, est peut-être la plus jeune des candidates du
pays, et le président de son parti, Jean-Michel Baylet, se dit déterminé à s’engager
personnellement dans la campagne de ce jeune espoir.
Pas moins de quatre
candidats se partageront les quelques
pourcents de l’« extrême gauche » : Aurélien Schoumaker
(suppléante Sylvie Salomon) du NPA, Véronique Hunaut (suppléant Laurent
Strumanne) de LO, André Bouquet (suppléante Jacqueline Etienne) du POI, sans
oublier Yvonne Boukhedimi (suppléante Claire Borel) de « communiste »
(1)
Enfin, le parti
Pirate, avec Nicolas Pujol (suppléant Denis Germain) et le parti du vote blanc, en la personne de
Martin Brieu (suppléant Roland Vietchorek) entrent en scène.
Une incertitude :
le taux d’abstention
Cette multitude de candidatures, aux motivations diverses,
peut brouiller les enjeux, favoriser l’abstention, habituellement beaucoup plus
forte aux législatives qu’à la présidentielle, particulièrement dans les
quartiers populaires. Rien n’est donc joué. L’intérêt nouveau du scrutin peut
cependant changer la donne. Après la
défaite de Sarkozy, l’élection législative confirmera la défaite de la droite
ou mettra la gauche dans une incertaine situation de « cohabitation »,
et elle déterminera le poids du groupe des élus qui, au sein de la gauche, sont
porteurs d’un réel programme de résistance aux diktats des marchés financiers. Les militants du front de gauche n’ont que
quelques courtes semaines pour faire une campagne de proximité qui éclaire les
enjeux et, sur la lancée des présidentielles, réussir une mobilisation citoyenne
et populaire.
(1) Ce groupuscule peu connu, qui ne
présente que 19 candidats dans toute la France, dont trois dans les Hauts-de-Seine,
précisément dans les trois circonscriptions où les députés sortants sont candidats
du Front de gauche, n’a évidemment rien à voir avec le Parti communiste
français.



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