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40 mars 2016, Place de la République, Paris

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Nanterre en colère

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mardi 22 mai 2012

Elections législatives : 188 candidats pour 13 sièges, dans les Hauts-de-Seine. Pour nous y retrouver, ne perdons pas le fil rouge...



Les candidatures pour les élections législatives sont déposées depuis vendredi en préfecture. Quelques unes peuvent être encore écartées cette semaine, ou être retirées, mais la campagne n’en est pas moins officiellement lancée.
Le record d’affluence du département est détenu par la 8 ème circonscription (Meudon, Sèvres, Chaville) où 19 prétendants étaient vendredi en compétition pour le siège détenu par l’UMP Guillet.
Le Front de gauche 92 à l’avant-garde du féminisme
Avec 10 femmes et 3 hommes candidat-e-s titulaires, dont 2 des 3 député-e-s sortant-e-s,  le Front de gauche 92 est l’incontestable champion du féminisme. A comparer au PS, qui avec seulement 3 femmes sur les 13 candidats titulaires, serait à l’amende dans le département pour non respect de la loi sur la parité. Mais ce n’est pas le cas pour le PS sur le plan national. L’UMP au contraire mérite bien d’être mis à l’amende : pas une seule femme candidate titulaire dans les Hauts-de-Seine pour défendre les couleurs flétries des nostalgiques du sarkozysme ! Et ce n’est pas la relative féminisation de l’affichage du FN (7 femmes, 6 hommes), enfumage bleu marine oblige, qui pourra faire croire que la droite extrèmisée aurait épousé la cause des femmes … 
Une droite encore bien implantée
L’UMP, toujours dominante dans le 92, mais affaiblie après la défaite de Sarkozy à la présidentielle, ne présente pas de candidat dans la 11 ème circonscription (Bagneux, Malakoff, Montrouge). Dans la 9 ème au contraire, les sarkozystes sont deux à se disputer la place de l’UMP Baguet, qui ne se représente pas : Thierry Solère et Claude Guéant, ci-devant ministre, parachuté dans cette circonscription réputée très à droite. Le Front national, présent dans toutes les circonscriptions, ne semble en mesure de s’imposer nulle part. Une surprise du côté du parti socialiste : le candidat de la 12ème circonscription n’est pas le maire de Clamart, ni celui de Fontenay-aux-Roses, sur décision de Martine Aubry, qui a imposé un de ses proches collaborateurs. Bien que la droite ait été mise en minorité le 6 mai dans plusieurs des villes qu’elle dirige, le basculement de circonscriptions, taillées sur mesure, reste très hypothétique. Mais l’évènement, comme au premier tour de la présidentielle, pourrait venir du Front de gauche, capable de réaliser des scores élevés, et qui espère passer la barre des 5% même dans des circonscriptions où le vote communiste était devenu très faible. Ses trois députés, Roland Muzeau, Jacqueline Fraysse, Marie-Hélène Amiable, (1ère, 4ème, 11ème circonscriptions) ont toutes les chances d’être réélus, à condition évidemment qu’une forte abstention  dans les quartiers populaire ne fausse pas les résultats espérés.
18 candidats dans la circonscription de Nanterre et Suresnes
Pour la circonscription de Nanterre-Suresnes, pas moins de 18 candidats sont en lice. Le même nombre qu’en 2002 ; en 2007, il n’y en avait « que » 17.  
Jacqueline Fraysse se présente pour un nouveau mandat, avec comme suppléant Rodolphe Balensi, respectivement membres de la Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique et du Parti Communiste Français, comme candidats du Front de gauche, soutenus par des élus MRC, et par la Gauche citoyenne, organisation aux allures de think tank local, où se retrouvent des électeurs de diverses familles de la gauche à la Présidentielle : Europe-Ecologie-Les-Verts, Parti Socialiste, Nouveau Parti Anticapitaliste , Front de gauche…
Son adversaire de l’UMP est à nouveau le maire de Suresnes, Christian Dupuy, inconditionnel soutien de Sarkozy, comme sa suppléante Barbara Faugeas. Yve Stebe et Charles Marini (Debout la République) ont-ils des chances de leur ravir l’ancien électorat de la droite gaulliste ? Le Front National, Laurent salles (suppléante Hélène Rohaut) reste pour le moment plutôt discret. Des centristes et divers droites sont en concurrence pour se partager l’héritage de Pierre Creuzet, ex-champion local du MODEM, qui ne se représente pas : Viviane De Beaufort (suppléant Abdelhakim Koseir) pour l’Union des radicaux centraux indépendants et démocrates, David Morgant (suppléante Dominique Bara) sous l’étiquette Le Centre, Emmanuelle Rosenblatt (suppléant Hubert Veauvy) du Parti Chrétien Démocrate.C'est la seule candidature se réclamant d'une communauté religieuse à Nanterre.
Côté écologistes, outre Laure Foullon (suppléant Faouzi Ahamada) d’Europe-Ecologie-Les-Verts, le choix est varié : Marie-Claire Hare (suppléant Jacqueline Dupieux) de l’Alliance écologique indépendante, Stéphane Perrin-Bidan (suppléant Aurel Von Breitenstein) de Cap 21.
Le candidat présenté par le Parti Socialiste, Yacine Djaziri (suppléante Glen Chavin-Collin) espère surfer sur la vague rose, et affiche partout son portrait avec celui du Président. Cependant, malgré un carnet d’adresses  bien fourni d’entrepreneur et une certaine présence dans des réseaux associatifs, il est pourtant loin de faire l’unanimité au Parti socialiste, dont la section de Nanterre avait désigné une autre candidate. Mais la direction nationale, pour des raisons internes à l’appareil du parti, l’a finalement imposé. Le Parti socialiste rêve d’avoir la majorité à lui tout seul à l’Assemblée, au détriment du nécessaire débat à gauche. Son candidat réussira-t-il à contrer la montée du Front de gauche en lui prenant un siège dans notre circonscription ? rien n’est moins sûr. Surtout que,  du côté de la social-démocratie, il y a de la concurrence : le Parti Radical de Gauche présente Meenuka Viayagamoorthy (suppléant Michel Bottreau), qui, à vingt ans,  est peut-être la plus jeune des candidates du pays, et le président de son parti, Jean-Michel Baylet, se dit déterminé à s’engager personnellement dans la campagne de ce jeune espoir.
Pas moins de quatre candidats se partageront  les quelques pourcents de l’« extrême gauche » : Aurélien Schoumaker (suppléante Sylvie Salomon) du NPA, Véronique Hunaut (suppléant Laurent Strumanne) de LO, André Bouquet (suppléante Jacqueline Etienne) du POI, sans oublier Yvonne Boukhedimi (suppléante Claire Borel) de « communiste » (1)
Enfin, le parti Pirate, avec Nicolas Pujol (suppléant Denis Germain) et le parti du vote blanc, en la personne de Martin Brieu (suppléant Roland Vietchorek) entrent en scène.
Une incertitude : le taux d’abstention
Cette multitude de candidatures, aux motivations diverses, peut brouiller les enjeux, favoriser l’abstention, habituellement beaucoup plus forte aux législatives qu’à la présidentielle, particulièrement dans les quartiers populaires. Rien n’est donc joué. L’intérêt nouveau du scrutin peut cependant changer la donne. Après  la défaite de Sarkozy, l’élection législative confirmera la défaite de la droite ou mettra la gauche dans une incertaine situation de « cohabitation », et elle déterminera le poids du groupe des élus qui, au sein de la gauche, sont porteurs d’un réel programme de résistance aux diktats des marchés financiers.  Les militants du front de gauche n’ont que quelques courtes semaines pour faire une campagne de proximité qui éclaire les enjeux et, sur la lancée des présidentielles, réussir une mobilisation citoyenne et populaire.

(1)     Ce groupuscule peu connu, qui ne présente que 19 candidats dans toute la France, dont trois dans les Hauts-de-Seine, précisément dans les trois circonscriptions où les députés sortants sont candidats du Front de gauche, n’a évidemment rien à voir avec le Parti communiste français.

Voir les résultats de l'élection législative de 2007 et de 2002 dans la circonscription.


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