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40 mars 2016, Place de la République, Paris

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Nanterre en colère

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lundi 28 mai 2012

Sans le Front de gauche, à quoi ressembleraient les médias et la politique ?




J.-L. Mélenchon - France 3 "12/13" 27.05 par lepartidegauche

Je me demande :  si nous n'avions pas inventé et construit le Front de gauche, nous dirigeants et militants du PCF, du PG, de la GU, rejoints par  d'autres organisations de gauche,  nous citoyens, encartés ou pas, à quoi ressembleraient les médias, à quoi ressemblerait la politique ? Nous ne sommes pas les mieux médiatisés, nous n'avons pas la majorité des suffrages à l'élection présidentielle, mais nos quatre millions de voix, obtenus après une campagne de terrain, aux portes des entreprises, dans les quartiers populaires,  par notre présence solidaire et combattive sur tous les fronts de lutte, commencent à changer sérieusement la tonalité du débat politique. Surtout que nous ne tombons pas dans le piège : pas question de nous barricader dans une posture stérile de vestales de la gauche de la gauche, d'opposants systématiques et bornés, d'attendre d'être majoritaires pour nous faire entendre. Au contraire, nous ne lâchons rien, nous ne renonçons d'avance à rien, nous avons l'ambition de faire bouger la gauche, de changer la donne en France, en Europe, dans le monde.
Nos propositions publiées dans notre livre-programme, l'Humain d'abord, déjà enrichies dans des assemblées citoyennes et des ateliers, n'ont rien de ces promesses qu'on peut mettre au panier une fois l'élection passée. Elles gardent toute leur actualité, toute leur charge subversive, tout leur dynamisme fondé sur une nécessaire révolution citoyenne.Pour emprunter cette expression à Victor Hugo, elles incitent à "coiffer du bonnet rouge le vieux dictionnaire". Et par conséquent à mettre le bonnet d'âne au vieux ramassis d'idées toutes faites qui sert de pensée unique aux austéritaires qui voudraient rendre éternelles leurs règles d'or. Aux politiciens, aux capitalistes, qui ont fait la preuve de leur capacité à s'enrichir et à enrichir leur classe, tous les pouvoirs de décision ; aux peuples, qui devraient subir comme des fatalités,  toutes les misères, avec seulement le droit de rester tranquilles, d'élire périodiquement de nouveaux maîtres : non, ce n'est plus comme ça qu'on fait un monde viable, et, heureusement, d'autres choix sont possibles.
Je me dis que nous avons eu raison, décidément,  de faire  confiance à Jean-Luc Mélenchon pour monter en première ligne. Un mois après le premier tour de la présidentielle, son audience, celle du Front de gauche, continue de grandir et de s'élargir. Nos amis grecs, atterrés pendant des années sous les diktats et les insultes du FMI, de tous les agents des spéculateurs et autres parasites goinfrés du sang des peuples, se sont donnés eux aussi une force politique nouvelle pour résister et pour changer un système sans avenir. Qu'est-ce qui pourrait continuer d'empêcher d'autres pays d'en faire autant ? En Grèce, en France, les élections législatives sont suivies de près par les peuples d'Europe et du monde. Les candidats présentés et soutenus par le Front de gauche, par des millions de militants, de citoyens, de créateurs, sont porteurs d'un espoir immense.

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