Les nouvelles, les images qui arrivent en temps réel du Japon sont terribles. Chaines de télévision et internet nous laissent spectateurs impuissants du cataclysme, de ses conséquences épouvantables, des souffrances auxquelles font face des millions de nos semblables à l’autre bout du monde. Nous nous demandons que faire : peut-être bientôt aurons-nous des pistes moins confuses pour que notre solidarité puisse se traduire en actes utiles de citoyens du monde solidaires.
Nous avons tous besoin de débattre, rien ne serait pire qu’un tel traumatisme tétanise nos esprits et favorise une montée des irrationalismes, nouvelle aubaine pour les prédateurs que Naomi Klein dénonçait, dans son essai La stratégie du choc, la montée d’un capitalisme du désastre, un livre à lire et à relire, pour agir, sinon il est sûr que pour le peuple japonais comme pour toute l’Humanité, le pire est à venir.
La mobilisation de l’ONU, de l’Union européenne, de nos gouvernements sont primordiaux, mais peut-on laisser seul Sarkozy parler et décider en notre nom ? La parole, l’échange, l’intervention citoyenne sont indispensables. Ci-dessous une des premières réactions citoyennes que j’ai reçue, ainsi que celle du PCF, afin d'ouvrir le débat :
SEISME AU JAPON
UNE DECLARATION DE JEAN-MICHEL GALANO ET MONIQUE FONTENEAUD.
Le Japon vient d’être victime d’un terrible tremblement de terre, suivi d’un tsumami qui fait ressentir ses effets dévastateurs sur tout l’Océan Pacifique.
Notre pensée va dans ces heures tragiques aux millers de victimes annoncées, aux dizaines de milliers de blessés, aux disparus, à leurs proches, aux 300.000 personnes évacuées, sans oublier nos 9.000 compatriotes qui vivent et travaillent au Japon.
Nous saluons le peuple japonais, le sang-froid, le courage et la dignité dont il fait preuve dans ces circonstances dramatiques.
Le risque nucléaire, bien réel, ne doit pas occulter la réalité d’une pollution chimique grave et avérée dans ce pays.
Pour autant, comment ne pas voir que ce séisme aurait pu causer, comme cela s’est vu dans le passé, des centaines de milliers de morts ? La politique systématique de prévention, de construction de structures légères avec des matériaux adaptés, d’aménagement des infrastructures, a permis au Japon de maîtriser dans une large mesure les conséquences des secousses telluriques.
Certes, le risque zéro n’existe pas. Mais il peut être considérablement réduit, à condition de s’en donner les moyens.
La véritable écologie ne consiste pas pour nous à plaider la décroissance, l’austérité et la résignation à la pénurie.
L’écologie, c’est donner aux entreprises et aux transports les moyens de polluer moins. C’est lutter contre les gaspillages, la dictature du profit, de la rentabilité à court terme avec ce qu’elle implique de risques pour la qualité de vie et la santé des hommes.
Nous sommes enfin préoccupés, mais pas surpris, de voir que les agences de notations commencent à se poser la question d’une éventuelle dégradation de la note du Japon. Ces organismes, gendarmes de l’ultralibéralisme, mesurent tout à l’aune de la solvabilité et du profit à court terme. Après s’être distinguées en dénonçant ce qu’elles osent appeler « la perte de stabilité » de la Tunisie et de l’Egypte, s’en prendront-elles au Japon, qui va être confronté à des impératifs de reconstruction ?
Et le gouvernement français, dont le fidèle représentant à Saint-Cloud (1) est Mr Berdoati, osera-t-il s’en démarquer ?
(1) Jean-Michel Galano et Monique Fonteneaud sont candidats Front de gauche aux élections cantonales.
Japon : le PCF demande l’audition de l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire
Le Parti communiste français exprime toute sa solidarité au peuple japonais dans les terribles épreuves qu’il est train de traverser. Le tremblement de terre qui a secoué et continue de secouer le Japon a atteint une force inégalée. Les conséquences humaines et environnementales de ce nouveau cataclysme naturel sont dramatiques, et restent ce dimanche encore insoupçonnées.Le nombre de pertes humaines atteint sans doute plus de dix mille victimes, des blessés en plus grand nombre encore, des milliers de maisons, d’entreprises et d’infrastructures détruites, un train entier disparu, et une petite ville de 10 000 habitants dont on est pratiquement encore aujourd’hui sans nouvelles car inaccessible aux équipes de secours.
Face à un tel drame humain, l’heure est d’abord à la solidarité. Celle des communistes français s’exprime avec la plus vive détermination. Nous vivons heure par heure l’évolution et nous sommes admiratifs face à l’attitude courageuse et responsable de peuple japonais. Une des toutes premières urgences est de porter secours aux populations, sauver les vies humaines, les protéger et les soigner. Nous nous félicitons que la solidarité internationale s’organise et que la France y contribue avec ses équipes spécialisées. Pour ce qui nous concerne nous entrons en contact avec les organisations progressistes japonaises notamment le Parti communistes japonais.
Il est encore impossible de mesurer l’ampleur des destructions environnementales produites par le tremblement de terre puis le tsunami. La vague de plus de 6m de haut a ravagé toutes les installations industrielles provoquant des incendies dans les raffineries. On ne peut mesurer l’étendue de pollutions de toutes sortes sur les écosystèmes côtiers et à l’intérieur des terres. On apprend qu’un volcan éteint depuis des décennies vient de se réactiver sans connaître ses effets sur les populations situées à proximité.
Enfin les graves accidents nucléaires qui se déroulent actuellement dans les centrales de Fukuschima Daiichi, Fukushima Daini voire maintenant de Onagawa renforcent notre inquiétude et nous font craindre un accident nucléaire s’ajoutant au cataclysme naturel. Les autorités japonaises comme internationales (AIEA) estiment la situation très grave et craignent une catastrophe possible de très grande ampleur.
Le Parti Communiste Français prend très au sérieux cette situation et reste attentif aux différentes informations de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) et de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) sur la situation des centrales nucléaires japonaises dont la technologie BWR utilisée est différente de la technologie française. Les autorités japonaises doivent en tout état de cause faire preuve de toute la transparence utile et nécessaire quant à l’évolution de la situation dans ses centrales.
Le PCF mesure l’inquiétude qui s’exprime au sein de la population française relative au nucléaire. C’est pourquoi nous demandons qu’un important dispositif d’information au public soit mis en place. Avec nos parlementaires, nous demandons l’audition publique et immédiate par les commissions ad hoc du Parlement de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) et de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) sur la situation. Dans la foulée pourrait être créée une commission d’information ou d’enquête parlementaire afin d’évaluer en lien avec tous les organismes chargés de la sureté nucléaire compétents les risques éventuels que pourraient présenter les installations françaises. Leurs conclusions devront être rendues publiques afin qu’un véritable débat puisse se développer à partir d’informations précises. En effet bien des prises de positions actuelles nous semblent pour le moins prématurées.
Le PCF réaffirme l’importance qu’il attache aux études de sûreté nucléaire et au contrôle stricte de celle-ci, en France et dans le monde. L’acceptabilité sociale de la filière nucléaire nécessite que celle-ci reste plus que jamais dans le domaine public qui doit garantir la transparence, l’indépendance de l’expertise, la qualité de réalisation des installations et de leur exploitation. Les salariés qui travaillent dans le domaine y compris les sous traitants doivent avoir des garanties sociales de haut niveau.
La France et son industrie nucléaire devront tenir compte des conclusions produites notamment par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) qui précisera les causes de ses accidents. Ils devront en retirer les enseignements susceptibles d’éclairer les conditions d’exploitation de la filière nucléaire dans notre pays.
Paris, le 13 mars 2011.

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